
Programme pilote de sensibilisation et d’éducation des collégiens
SOURCES⚓
Fiche 1, pages 4-5
Acné
Epidemiology of acne vulgaris, K. Bhate et H.C.Williams, British Journal of Dermatology, 2013, 168, pp 474-485 (review article).
A global perspective on the epidemiology of acne, J.K.L.Tan et K. Bhate, British Journal of Dermatology, 2015, 172 (suppl. 1), pp 3-12 (review article).
Produits nocifs
Kane A. et coll., Epidemiologic, clinical, and therapeutic features of acne in Dakar, Senegal, International Journal of Dermatology, 2007, 46, suppl. 1, pp 36-38
Taylor S.C. et coll., acne vulgaris in skin of color, J Am Acad Dermatol., 2002, Feb ; 46, pp 98-106
Faye O. et coll., Side effects of depigmenting products in Bamako, Mali, International Journal of Dermatology, 2005, 44, suppl. 1, pp 35-36 Mécanismes de l’acné et idées fausses http://www.therapeutique-dermatologique.org/
Fiche 2, page 6
Davis E.C et cole, Postinflammatory Hyperpigmentation, The Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, juillet 2010, vol. 3, n° 7, pp 20-31
Davis E.C. et coll.,A Review of Acne in Ethnic Skin, The Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, avril 2010, vol. 3, n° 4, pp 24-38
Fiche 3, page 7
Dermatologie, cas cliniques pour la FMC : http://dermatologie.free.fr/cas171re.html
Piérard-Franchimont C. et Pierard G.E., Pseudofolliculites et affections apparentées chez les sujets à peau noire, Rev Med Liège, 2011 ; 66 :3, pp 140-3
Winter H. et coll.An Unusual ALa12Thr Polymorphism in the 1A a-Helical Segment of the Hair Disorder Pseudofolliculitis Barbae, J Invest Dermatol, 122 :652-7, 2004
Gray J. et McMichael A.J., Pseudofolliculitis barbae : understanding the condition and the role of facial grooming, International Journal of Cosmetic Science, 2016, 38 (suppl. 1), 24-7
Fiche 4, page 8
Mahé A. et coll., La dépigmentation cosmétique à Dakar (Sénégal) : facteurs socio-économiques et motivations individuelles, Sciences Sociales et Santé, vol. 22, n°2, 2004, pp. 5-33.
Dlova N.C., Skin lightening practices : an epidemiological study of South African women of African and Indian ancestries, British Journal of Dermatology, 2015, 173, suppl. 2, pp. 2-9.
Traore A. et coll., Use of cutaneous depigmenting products by women in two towns in Burkina Faso: epidemiologic data, motivations, products and side effects, International Journal of Dermatology, 2005, 44, suppl. 1, pp 30-32.
Pitché P. et coll., Cosmetic use of skin-bleaching products and associated complications, International Journal of Dermatology, 2005, 44, suppl. 1, pp 39-40.
Dlova N.C. et coll., Skin-lightening creams used in Durban, South Africa, International Journal of Dermatology, 2012, 51, suppl. 1, pp 51-3.
Dépigmentation cutanée cosmétique des femmes noires : résultats d’une enquête CAP à Abidjan (Côte d’Ivoire).
Sarah Kourouma, Ildevert Patrice Gbery, Mamadou Kaloga, Elidjé Joseph Ecra,Abdoulaye Sangaré, Isidore Yao Kouassi, Komenan Kassi, Alexandre Kouamé Kouassi, Pauline Yao Yoboué.
Pan African Medical Journal. 2016; 24:159
Remerciements à la S.O.S.E.D.E.V (Société Sénégalaise de Dermatologie-Vénéréologie) et à l’association Aïd
PRÉSENTATION⚓
Nous vous proposons un ensemble d’outils pour sensibiliser les collégiens aux soins de leur visage, à l’acné et aux conséquences de l’utilisation de produits nocifs. Les séances appuyées sur ce matériel peuvent trouver leur place en 4ème et en 3ème.
Cet ensemble comporte :
Le cahier du formateur (informations complémentaires sur chaque fiche) : 1 exemplaire par enseignant.
4 fiches pour les élèves : 1 exemplaire par élèves. Proposition de contrôle : 1 par élève.
Vous pouvez, bien entendu, choisir de n’utiliser qu’une partie de ces documents.
Afin d'évaluer la pertinence de ces outils et de les améliorer si besoin avant d'envisager de les distribuer dans tous les établissements, nous vous serons reconnaissants de faire remplir par vos élèves les deux questionnaires :
Questionnaire « Evaluation des connaissances » : à faire remplir en classe avant la première séance utilisant ces outils, puis quelques semaines plus tard
FICHE 1 : Qu’est-ce que l’Acné ?⚓
Principaux thèmes suggérés :
« L’acné est la conséquence d’un processus biologique bien connu. »
« Ne pas croire aux idées fausses. »
« Se méfier des produits qu'on utilise. »
L’enquête socio-anthropologique a montré que les adolescents ont de très nombreuses idées fausses sur les causes de l’acné.
Des facteurs biologiques exacts sont mentionnés (puberté, hérédité, hormones) ainsi que l’utilisation de produits éclaircissants, mais la majorité des causes évoquées sont totalement erronées :
« mauvaise hygiène du corps [très souvent mentionnée], mauvaise qualité sanguine, usage d’eau polluée pour le bain, usage de l’éponge du corps sur le visage, consommation de boissons sucrées, ne pas boire assez d’eau… »
Il existe peu d'études scientifiques sur l'épidémiologie de l'acné en Afrique sub-saharienne. Divers auteurs mentionnent que 80 % des individus ont de l’acné à une période de leur vie. L’acné apparaît plus jeune chez les filles, puis elle est plus fréquente et plus sévère chez les garçons.
On estime que l’acné touche 9,4 % de la population mondiale, ce qui en fait la huitième maladie la plus courante dans le monde.
Des facteurs génétiques ont été associés à l’acné sévère des adolescents.
Des études comparant les éruptions d’acné chez des jumeaux homozygotes et hétérozygotes ont mis en évidence cette susceptibilité génétique : dans l’une de ces études 98 % des monozygotes étaient identiques en ce qui concerne l’acné, contre 55 % des hétérozygotes.
Par ailleurs, des études ont montré des variations de la bactérie Cutibacterium acnés qui intervient dans l’acné. Certaines souches sont davantage susceptibles d’entraîner une acné.
L’acné du nourrisson est provoquée par les hormones maternelles transmises via le placenta, hormones qui disparaissent naturellement.
Des produits nocifs
Selon une étude menée dans un service de dermatologie de Dakar, 66,7 % des patients avaient utilisé des produits cosmétiques. Pour 38,7 % de l’ensemble des patients les produits cosmétiques utilisés étaient destinés à la dépigmentation. Selon une autre étude, 80 % des patientes noires d’un service de dermatologie new-yorkais présentant de l’acné avaient utilisé un produit dépigmentant. A Bamako, les femmes qui utilisent des produits pour éclaircir leur peau ont trois fois plus de risques de présenter de l’acné.
Vous pouvez préférer garder ces informations sur les produits nocifs pour la fiche 4.
L’acné survient en 3 étapes :
1 - Elle se déclenche au moment de la puberté, sous l’action de l’augmentation des hormones androgènes (les hormones masculines), qui existent chez l’homme et en moindre quantité chez la femme. Elle vient le plus souvent du fait que les glandes sébacées sont trop sensibles à l'action des androgènes et, sous l'influence de ces androgènes, sécrètent trop de sébum : c’est la séborrhée.
2 - Puis surviennent des comédons (points noirs) et des microkystes (granulations blanches), dus à la rétention du sébum par une obstruction du follicule.
Cette obstruction se situant au-dessous de la surface de la peau, la personne ne peut pas l’enlever elle-même, sous peine de le faire éclater dans le derme et d’engendrer de nouvelles papulo-pustules (gros boutons douloureux et parfois purulents).
3 - Enfin se forment des pustules, qui ne résultent pas d'une infection mais de l'inflammation autour des comédons et des microkystes. Une bactérie anaérobie, Propionibacterium Acnés, qui existe même chez les non acnéiques, prolifère dans le follicule et sécrète des substances provoquant l'inflammation. Son rôle est donc avant tout inflammatoire plutôt qu'infectieux bien qu'il s'agisse d’un microbe. L’acné n’est pas une maladie infectieuse. Ces papulo-pustules ne doivent pas être manipulées, car cela risque de provoquer des croûtes inesthétiques, des rougeurs, des taches noires et même de véritables cicatrices.
Idées fausses
• Sur les régimes. Ce n’est pas la peine de se priver de chocolat, de charcuterie, de sucreries, de repas au fastfood, d'alcool, car l'acné est très peu influencée par le régime. Le lait et ses dérivés ont été récemment accusés de favoriser l'acné, mais les preuves sont pour l'instant insuffisantes.
• Sur l’hygiène. Non, ce n’est pas parce que leur ado, surtout garçon, ne se lave pas assez au goût de ses parents qu’il a de l’acné.
• Et le maquillage ? La plupart des produits de marques reconnues sont testés non comédogènes et peuvent être utilisés dans l'acné, permettant de camoufler les boutons très visibles. Il n'y a dons pas de raison d’interdire le maquillage, précédé de l’application d’une crème hydratante, mais il ne faut pas oublier de se démaquiller. Par ailleurs, les produits de maquillage doivent être achetés en pharmacie ou magasin spécialisé.
• Le tabac aggrave-t-il l’acné ? Probablement pas chez l’adolescent, mais sûrement chez la femme adulte, avec des acnés comédoniennes et microkystiques.
FICHE 2 : Comment limiter et traiter l’acné ?⚓
Principaux thèmes suggérés :
« Il est important d’avoir les bonnes attitudes. »
« Se faire conseiller par un professionnel de santé. »
L'enquête anthropologique a mis en évidence que vu, la difficulté à vivre socialement une acné très voyante, les personnes qui en sont atteintes multiplient les tentatives pour la soigner. Il ressort également de l’enquête le coût de ces tentatives. Un adulte atteint d’acné a déclaré avoir dépensé pour 100 000 CFA de traitements.
L’acné entraîne une automédication particulièrement répandue, même si cette habitude est un fléau fréquent en Afrique. Il est donc important de conseiller aux élèves d'éviter les produits vendus en dehors des circuits des professionnels de santé et de consulter un dermatologue s’ils désirent un traitement.
L’enquête a révélé de très nombreuses idées fausses sur les mesures préventives, comme sur les traitements. Parmi les produits cités pour le traitement de l’acné, les anthropologues ont relevé : « la plante d’aloès, l’argile verte, le sucre, le noyau d’avocat, l’urine, le savon noir, la bave d’escargot, le citron, les œufs mélangés à l’huile d’olive, le beurre de karité, le kaolin, la pâte dentifrice, le miel, la cendre, etc.»
L’hyperpigmentation (apparition de taches noires sur la peau) consécutive à une réaction inflammatoire cutanée est une spécificité des peaux de couleur. Selon une étude menée en 2002 aux États-Unis, 65,3 % des afro-américains, 52,7 % des hispaniques et 47,4 % des asiatiques ont développé une hyperpigmentation consécutive à l’acné.
La nécessité d’utiliser une crème solaire pour protéger les boutons d’acné contre le soleil est contre- intuitive car la majorité des Africains pensent qu’une peau noire n’a pas besoin de protection solaire. Les rayons solaires sont un facteur majeur d’évolution des boutons et cicatrices vers des taches noires.
FICHE 3 : Comment limiter et traiter les boutons de rasage ?⚓
Principaux thèmes suggérés :
« Les boutons de rasage ne sont pas une fatalité. »
« Adopter les bons comportements. »
Les boutons de rasage sont aussi appelés « poils incarnés » dans le langage courant. Quelques mesures simples permettent de limiter leur apparition et la sensibilisation des adolescents est, ici, particulièrement importante.
La forme frisée des poils des personnes de peau noire augmente considérablement le risque. Une étude réalisée chez 234 militaires afro-américains a montré que 80 % d’entre eux présentaient des boutons de rasage. Une autre étude estime que 45 % à 83 % des hommes africains ou d’origine africaine ont des boutons de rasage.
Un facteur génétique de susceptibilité est clairement établi. Une étude menée chez 200 soldats, dont 82 % afro-américains, a montré qu’une mutation dans un gène de la kératine multiplie par six le risque de boutons de rasage. 50 % d’hommes et de femmes noirs ayant des boutons de rasage disent que c’est également le cas de leur père ou leur frère.
FICHE 4 : Dépigmentation volontaire ou khessel : attention Danger !⚓
Principaux thèmes suggérés :
« Se méfier des comportements erronés pour les soins de la peau»
« Les complications de la dépigmentation sur la peau. »
Nous avons évoqué précédemment le fait que des produits dépigmentant provoquent l’acné. Vous pouvez préférer mentionner cette information lors de l'utilisation de cette fiche. Nous reprenons ci-dessous les éléments la concernant.
Selon une étude menée dans un service de dermatologie de Dakar, 66,7 % des patients avaient utilisé des produits cosmétiques. Pour 38,7 % de l’ensemble des patients les produits cosmétiques utilisés étaient destinés à la dépigmentation. Selon une autre étude, 80 % des patientes noires d’un service de dermatologie new-yorkais présentant de l’acné avaient utilisé un produit dépigmentant. A Bamako, les femmes qui utilisent des produits pour éclaircir leur peau ont trois fois plus de risques de présenter de l’acné.
Il est difficile de savoir quand la pratique de le dépigmentation a commencé. Une étude mentionne qu’elle est connue à Dakar depuis « au moins le début des années 1970 ». Elle est extrêmement répandue. Ce même travail cite une enquête selon laquelle 65 % des femmes d’un quartier populaire de la ville pratiquent la dépigmentation et une autre indiquant que c’est le cas du quart des femmes adultes de Bamako. Des auteurs estiment que dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne 25 à 67 % des femmes utilisent la dépigmentation.
Les produits employés sont très variés. Citons les laits, crèmes ou gels à base d’hydroquinone, de corticoïdes puissants, de produits caustiques (savons liquides non rincés, shampooings, etc.) et de savons contenant du mercure. Une analyse pratiquée sur les dix produits éclaircissants les plus vendus à Durban (Afrique du Sud) a montré que neuf sur dix contenaient un composant interdit et près de la moitié du mercure, très toxique et interdit dans les produits cosmétiques.
Il est nécessaire d’insister sur les dangers de l’automédication. Selon une étude menée au Burkina Faso, sur 447 femmes utilisant la dépigmentation interrogées 390 s’étaient procurées les produits sur un marché, contre 29 seulement dans un institut de beauté et 28 en pharmacie. 55,5 % de ces 447 femmes avaient eu au moins une complication dermatologique. Selon une autre étude 69,2 % des femmes avaient eu des complications. Des fœtus ont été intoxiqués par les produits dépigmentant que la femme enceinte s’était appliquée pour avoir un teint clair à la naissance.
L’enquête anthropologique a montré que la grande majorité des personnes interrogées, adolescents comme adultes, connaissent les dangers de la dépigmentation. C’est ce qui ressort également d’études publiées : 85 % des femmes d’une étude réalisée dans un service de dermatologie savent que cette pratique représente un « danger pour la santé », selon un autre article 76 % des utilisatrices et non-utilisatrices connaissent les risques. La majorité des femmes qui utilisent la dépigmentation le font donc en connaissant les risques, même si elles ignorent peut-être leur ampleur.
Dans certains pays, les autorités sanitaires ont prononcé des interdictions. Au Sénégal, la dépigmentation est interdite aux élèves des établissements élémentaires, moyens et secondaires, sous peine d’exclusion. En Gambie, elle est interdite à tous et punie d’une amende. En Afrique du Sud la publicité est interdite pour les produits dépigmentant ainsi que tout message contenant les mots
« bleach », « lighten » et « whiten ».
De façon politique, des mouvements ont fait de la peau noire un emblème, comme les militants américains de la cause noire des années soixante avec le slogan « Black is beautiful » ou encore les militants sud-africains contre l’apartheid qui dénonçaient les produits dépigmentant, dont le marché était

