ACTIVITE : DECOUVERTE DES INTERFERENCES LUMINEUSES
OBJECTIFS⚓
Préciser les conditions d’interférences.
Interpréter le phénomène d’interférences lumineuses.
Citer quelques applications du phénomène d’interférences lumineuses liées à la géomatique.
MATERIEL⚓
Vidéo projecteur
Smartphone
VERIFICATION PREREQUIS⚓
Vérification des prérequis
DEROULEMENT⚓
I. INTRODUCTION⚓
Mise en situation

Consigne
Ci-dessus se trouvent deux photos d'un même papillon prises sous deux angles de vue différents
Constate que la couleur du papillon n'est pas la même.
Trouve dans ton environnement des exemples similaires.
Explique pourquoi ce changement de couleur.
Nota Bene :
Nous précisons que ce changement de couleur n'est pas une caractéristique des papillons.
A l'issue de cette activité nous partagerons les réponses.
II. MISE EN EVIDENCE DU PHENOMENE D'INTERFERENCES⚓
Consigne
Visionne la vidéo et réponds aux questions posées. Un espace est réservé ci-dessous pour écrire les réponses
Lorsqu'on pointe un faisceau laser sur un doublet de fentes (Fentes d’Young), quels sont les deux phénomènes observés ?
Quelle est la nature de la lumière mise en évidence par ces deux phénomènes ?
A quelles conditions observe-t-on ces deux phénomènes ?
Explique pourquoi on observe successivement des franges sombres et des franges brillantes.
III. INTERPRETATION DES INTERFERENCES LUMINEUSES⚓
Lorsqu'on pointe un faisceau laser sur un doublet de fentes (Fentes d’Young), on observe en plus du phénomène de diffraction le phénomène d’interférences. Celui-ci se traduit par l’apparition, au sein des tâches de diffraction, d’une alternance de franges sombres et de franges lumineuses.

Phénomène de diffraction
La diffraction est un phénomène physique affectant une onde qui rencontre un obstacle ou une fente de dimension \(\textcolor{BrickRed}{a}\) comparable à sa longueur d'onde \(\textcolor{BrickRed}{\lambda}\). Elle est caractérisée par un élargissement du faisceau.
Pour une onde de longueur d’onde \(\lambda\) (en m) diffractée par une fente fine de largeur \(a\) (en m), l’écart angulaire \(\theta\) (en radians), encore appelé demi-angle de diffraction est donné par : \(\textcolor{BrickRed}{\theta = \frac{\lambda}{a}}\). L'écart angulaire caractérise le phénomène de diffraction.
L'écart angulaire peut aussi s'exprimer autrement avec la trigonométrie : \(\textcolor{BrickRed}{tan\theta = \frac{L}{2D}}\) . l'angle \(\theta\) étant petit on peut faire l'approximation \(tan\theta \approx \theta\) d'où \(\textcolor{BrickRed}{\theta = \frac{L}{2D} = \frac{\lambda}{a}}\). Ainsi, on peut déterminer :
3.1 La taille d'un obstacle ou d'une ouverture \(\textcolor{BrickRed}{a = \frac{2D\times\lambda}{L}}\). Exemple : la taille d'un cheveu ;
3.2 Le diamètre de la tâche centrale \(\textcolor{BrickRed}{L = \frac{2D\times\lambda}{a}}\). On constate que :
pour \(\lambda\) et D donnés, si la taille \(\textcolor{BrickRed}{a}\) de l'obstacle diminue, le diamètre \(\textcolor{BrickRed}{L}\) de la tâche centrale augmente ;
pour a et D donnés, si la longueur d'onde \(\textcolor{BrickRed}{\lambda}\) diminue, le diamètre \(\textcolor{BrickRed}{L}\) de la tâche centrale diminue. Conséquence : pour une lumière polychromatique on obtient une superposition des figures de diffraction donc une décomposition de la lumière.
Phénomène d'interférences
La zone commune aux deux faisceaux lumineux issus de \(S_1\) et \(S_2\) est appelée champ d'interférences : dans cette zone, il y a interférences lumineuses c'est-à-dire une alternance de franges brillantes et sombres.
La distance qui sépare les milieux de deux franges consécutives de même nature est constante. Cette distance est appelée interfrange i.
III.1. Nature ondulatoire de la lumière
La diffraction et les interférences lumineuses traduisent le caractère ondulatoire de la lumière.
Nota Bene :
Une lumière monochromatique est caractérisée par sa célérité c (en \(m.s^{-1}\)) et sa double périodicité :
la période spatiale ou longueur d’onde \(\lambda\)(en m) à laquelle est associée une couleur ;
la période temporelle T (en s).
La relation entre ces grandeurs caractéristiques est : \(\lambda = c\times T\)
III.2. Conditions de diffraction et d'interférences lumineuses
Une onde ne subit de diffraction que lorsque l'obstacle ou l'ouverture rencontré(e) de dimension \(\textcolor{BrickRed}{a}\) soit du même ordre de grandeur que la longueur d'onde \(\textcolor{BrickRed}{\lambda}\).
Pour qu'il y ait interférences, il faut que les deux ondes qui se superposent :
soient issues de deux sources identiques c'est-à-dire que les ondes aient la même fréquence ou longueur d'onde (synchrones) ;
suivent des chemins différents c'est-à-dire qu'elles aient une différence de phase constant (cohérentes)
Nota Bene :
Pour obtenir deux sources de lumières cohérentes et synchrones, il faut utiliser des sources secondaires créées à partir d’une source unique. Exemple : les fentes d’Young.
III.3.Frange claire – Frange sombre
Une onde lumineuse monochromatique peut être modélisée par une succession de crêtes (amplitude maximale) et de creux (amplitude minimale),c’est à dire une fonction sinusoïdale.
Frange brillante
Les ondes monochromatiques issues de \(S_1\) et \(S_2\) ont leurs amplitudes maximale et minimale qui coïncident (les ondes sont en phase temporelle et spatiale) et conduisent au point M à une onde d'amplitude double de celle de chaque onde. Ainsi, au centre d'une frange brillante on a une interférence constructive.
Frange sombre
L'amplitude maximale des ondes monochromatiques issues de \(S_1\) coïncide avec avec l'amplitude minimale des ondes monochromatiques issues de\(S_2\) (les ondes sont en opposition de phase). Ces ondes conduisent au point M à une onde d'amplitude nulle. Ainsi, au centre d'une frange sombre on a une interférence destructive.




III.4. Différence de marche- Interfrange
Consigne
Visionne la vidéo ci-dessus et prend notes.
Différence de marche
La différence de marche \(\textcolor{BrickRed}{\delta}\) en M des deux rayons issus de S1 et S2 est la différence entre les distances parcourues par les deux ondes : \(\textcolor{BrickRed}{\delta = S_{2}M - S_{1}M = d_2 - d_1 = S_{2}H}\)
Selon la valeur de la différence de marche \(\textcolor{BrickRed}{\delta}\), il y a deux configurations particulières :
Si la différence de marche est un multiple entier de la longueur d'onde, les ondes sont en phase, les interférences sont constructives : franges brillantes.
\(\textcolor{BrickRed}{\delta = k\lambda}\) ; \(k\in\mathbb{Z}\)
Si la différence de marche est un multiple demi entier impair de la longueur d'onde, les ondes sont en opposition de phase, les interférences sont destructives : franges sombres. \(\textcolor{BrickRed}{\delta = (2k + 1)\frac{\lambda}{2}}\) ; \(k\in\mathbb{Z}\)
Différence de marche et position du centre d'une frange.
Considérons la figure ci-contre :
dans le triangle \(S_{1}S_{2}H\) , \(sin\theta = \frac{S_{2}H}{S_{1}S_{2}} = \frac{\delta}{a}\) ;
dans le triangle POM , \(tan\theta = \frac{OM}{OP} = \frac{x}{D}\)
\(a\lt\lt D\) \(\Longrightarrow\) \(\theta\) très faible et \(sin\theta \approx tan\theta \approx \theta\) , d'où \(\textcolor{BrickRed}{\delta = \frac{ax}{D}}\)
Position des centres des franges brillantes
\(\delta = k\lambda = \frac{ax}{D}\) \(\Longrightarrow\) \(\textcolor{BrickRed}{x = \frac{k\lambda D}{a}}\)
k = 0 \(\Longrightarrow\) \(x = 0\) (position du centre de la frange centrale qui est toujours brillante).
k = 1 \(\Longrightarrow\) \(x = \frac{\lambda D}{a}\) (position du centre de la première frange brillante)
\(\textcolor{BrickRed}{k = n}\) \(\Longrightarrow\) \(x = \frac{n\lambda D}{a}\) (position de la \(n^{ième} \)frange brillante)
Position des centres des franges sombres
\(\delta = (2k + 1)\frac{\lambda}{2} = \frac{ax}{D}\) \(\Longrightarrow\) \(\textcolor{BrickRed}{x = \frac{(2k+1)\lambda D}{2a}}\)
k = 0 \(\Longrightarrow\) \(x = \frac{\lambda D}{2a}\) (position du centre de la première frange obscure)
k = 1 \(\Longrightarrow\) \(x = \frac{3\lambda D}{2a}\) (position du centre de la deuxième frange obscure)
\(\textcolor{BrickRed}{k = n}\) \(\Longrightarrow\) \(x = \frac{(2n+1)\lambda D}{2a}\) (position de la \((n+1)^{ième}\) frange obscure)
Ordre d'interférence (p)
Si M est un point de l’écran où la différence de marche est \(\ delta\); l’ordre d’interférence au point M est donné par la relation : \(\textcolor{BrickRed}{p = \frac{\delta}{\lambda}}\).
Si \(p = \frac{\delta}{\lambda} = k\) alors le point M est au centre d’une frange claire.
Les centres des franges claires ont un ordre d’interférence entier (\(p= … ;-3 ;-2 ; -1 ; 0 ; 1 ; 2 ; 3 ; …\))
Si \(p = \frac{\delta}{\lambda} = \frac{2k+1}{2}\) alors le point M est au centre d’une frange sombre.
Les centres des franges sombres ont un ordre d’interférence demi-entier impair (\(\textcolor{Blue}{p = ... ; \frac{-5}{2} ; \frac{-3}{2} ; \frac{-1}{2} ;\frac{1}{2} ; \frac{3}{2} ;\frac{3}{2}...}\))

Interfrange
Consigne
Visionne la vidéo ci-dessous et prend notes.
Expression de l'interfrange i
Considérons deux franges brillantes consécutives d'abscisse \(x_{k}\) et \(x_{k+1}\):
\(i = x_{k+1} - x_k\) \(\Longrightarrow\) \(i = \frac{(k+1)\lambda D}{a} - \frac{k \lambda D}{a}\) \(\Longrightarrow\) \(\textcolor{BrickRed}{i = \frac{\lambda D}{a}}\)
Pour D et a donnés, si \(\textcolor{BrickRed}{\lambda}\) augmente \(\textcolor{BrickRed}{i}\) augmente.
Relation entre l'interfrange i, l'abscisse x et l'ordre d'interférence p
\(p = \frac{\delta}{\lambda}\) \(\Longrightarrow\) \(p = \frac{a x}{D \lambda}\) \(\Longrightarrow\) \(\textcolor{BrickRed}{p = \frac{x}{i}}\)
La position x des franges dépend de la longueur d'onde \(\lambda\) sauf au centre


III.5. Interférences en lumière blanche
La lumière blanche est constituée d’une infinité de radiations dans le domaine du continu et renfermant toutes les radiations du visible allant du violet (\(\textcolor{BrickRed}{\lambda = 400 nm}\)) au rouge (\(\textcolor{BrickRed}{\lambda = 800 nm}\)). Chaque radiation émet un système d’interférences.
Sur l’écran, apparait une superposition de ces systèmes d’interférences de couleurs différentes et d’interfranges différentes : on observe une frange centrale très brillante et de couleur blanche entourée de part et d’autre de deux à trois franges noires et de franges claires irisées (mélange de couleurs) de bleu vers l’intérieur et de rouge vers l’extérieur. Au-delà de ces franges, on obtient une coloration homogène dite « blanc d'ordre supérieur ».
III.6. Retour sur les questions posées dans l'introduction
L'origine du changement de couleur des ailes du papillon
Les interférences lumineuses sont à l'origine du changement des couleurs des ailes du papillon observé sous des angles de vue différents. A ces différentes couleurs((observées sur un objet vu sous des angles différents), on attribue le terme « iridescence ». L'iridescence peut être également observée lorsque l'intensité de éclairage de l'objet varie.
Explication : les ondes lumineuses (1) et (2) (figure ci-contre) sont issues des phénomènes de réflexion et de réfraction de l'onde émise par la source S traversant les ailes fines et transparentes du papillon. Ces ondes ((1) et (2)) cohérentes et synchrones engendrent des interférences qui justifient le changement des couleurs observées selon l'angle de vue.
Il convient de préciser que la différence de marche \(\textcolor{BrickRed}{\delta}\) est liée à l'épaisseur \(\textcolor{BrickRed}{e}\) des ailes. La mesure de la différence marche \(\delta\)permet de déterminer l'épaisseur \(e\) des ailes.
L'iridescence est un phénomène qui peut s'observer dans la nature.
Autres exemples : l'iridescence s'observe à travers une bulle de savon (mince film d'eau savonneuse emprisonnant de l'air), un hologramme sur les billets de banques, une flaque d'essence sur la route ou sur l'eau...
Il convient également de préciser que l'observation sur des lames épaisses nécessite une source lumineuse très monochromatique comme le laser.
Conclusion : l'étude des interférences permet, avec précision, de mesurer des différences de marche et de déterminer l'épaisseur d'un objet ou d'une substance. Elle permet également d'identifier un objet.
IV. APPLICATIONS PRATIQUES⚓
Le phénomène d'interférences se rencontre dans de très nombreux domaines : ondes sonores, ondes radio, ondes à la surface de l’eau, ondes lumineuses. Ce phénomène permet, entre autres, à travers un dispositif approprié, de fournir beaucoup d'informations sur les objets et surfaces notamment l'eau, le sol, les végétaux, l'atmosphère... Ces informations permettent de surveiller, d'agir sur l'environnement mais également d'anticiper sur d'éventuels événements environnementaux.
Dans le dispositif, on peut citer le radar, le laser, le télescope, le drone, l'avion, le satellite, le capteur d'images, l'antenne relai...
Ce dispositif et l'optique ou la théorie ondulatoire de la lumière, entre autres, sont des outils de la télédétection, de la géomatique.
En effet le phénomène d'interférences lumineuses traduisant le caractère ondulatoire de la lumière, permet, entre autres :
d'observer et mesurer avec précision de faibles épaisseurs ou distances ou de faibles variations d'épaisseur ou de distance.
d'identifier et distinguer des objets et des surfaces.
IV.1. Observation et mesure de faibles épaisseurs ou de faibles variations d'épaisseur
Mesure très précise de l’épaisseur d’une lame à faces parallèles, de faibles variations d’épaisseur (rayures/défauts) ou de l'épaisseur d'un dépôt mince sur un substrat. Le laser est souvent utilisé
Observation de très petites variations de distance (déplacement par rapport à un point supposé fixe)
On peut peut par exemple visualiser en temps réel les déformations d'un objet en observant l'évolution dans le temps de la figure d'interférences qu'il produit.


IV.2. Identification et distinction des objets et des surfaces
L'identification et la distinction des objets et des surfaces s'appuient, entre autres, sur l'émission de radiations par ces objets ou surfaces. Elles s'appuient également sur la réflexion et la réfraction de radiations par les objets ou surfaces éclairés. Chaque radiation est caractérisée par sa longueur d'onde ou sa fréquence. Le Télescope est utilisé, entre autres, pour identifier une étoile.
L'identification, la distinction et même la sécurisation des objets peuvent se faire en visualisant de très petites variations de déformation d'un objet par rapport à sa forme de référence à travers une figure d'interférences qu'il produit.
Dans le domaine de la météorologie, le radar utilise les ondes électromagnétiques, entre autres, pour détecter et déterminer la position ainsi que la vitesse de orages. Les ondes envoyées par l'émetteur sont réfléchies par la cible, et les signaux de retour sont captés et analysés par le récepteur, souvent situé au même endroit que l'émetteur.


TESTS⚓
TEST 1
TEST 2
TEST 3
TEST 4
TEST 5
TEST 6
TEST 7
TEST 8
TEST 9
Test 10
TEST 11
TEST 12
POUR ALLER PLUS LOIN⚓
Interférences dans la nature⚓
Consigne
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Signature spectrale - Les étoiles⚓
Consigne
Visionne la vidéo ci-dessus et prend notes
Radar - Télescope - Drone⚓
Le radar
Consigne
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Le télescope
Consigne
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Le drone
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Consigne
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