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SUITES ARITHMETIQUES


Introduction⚓

Les suites numériques sont des séquences ordonnées de nombres qui suivent un certain schéma ou une certaine règle. Elles ont été étudiées depuis l'Antiquité par des mathématiciens tels que Euclide, Pythagore et Archimède.

Au Moyen Âge, les mathématiciens arabes comme Al-Khwarizmi et Al-Kindi ont également contribué à l'étude des suites numériques. Cependant, c'est au 17ème siècle que le mathématicien français Blaise Pascal a introduit les premières notions de suites numériques dans son ouvrage "Traité du triangle arithmétique".

Au 19ème siècle, le mathématicien allemand Carl Friedrich Gauss a développé des méthodes pour étudier les propriétés des suites numériques, notamment en introduisant la notion de convergence.

Cette notion a été approfondie par d'autres mathématiciens comme Bernhard Riemann et Karl Weierstrass.

Au 20ème siècle, les suites numériques ont continué à être étudiées en profondeur, notamment dans le domaine de l'analyse mathématique. Les mathématiciens ont développé des théories plus avancées sur la convergence, la divergence et les propriétés des suites numériques.

Aujourd'hui, les suites numériques sont largement utilisées dans de nombreux domaines des mathématiques, de la physique, de l'informatique et d'autres sciences. Elles jouent un rôle crucial dans la modélisation et la résolution de problèmes complexes.

La notion de suite est présente dès qu'apparaissent des procédés illimités de calcul. On en trouve, par exemple, chez Archimède, spécialiste des procédés illimités d'approximation (séries géométriques de raison 1/4) pour des calculs d'aires et de volumes, ou en Égypte vers 1700 av. J.-C. et plus récemment au Ier siècle apr. J.-C. dans le procédé d'extraction d'une racine carrée par la méthode de Héron d'Alexandrie.

Pour extraire la racine carrée de \(A\), choisir une expression arbitraire \(a\) et prendre la moyenne entre \(a\) et \(\frac{A}a\) et recommencer le processus précédent aussi loin que l’on veut.

En notation moderne, ce processus se traduit par la suite numérique (\(U_n\) ) définie par \(U_0=a\) et pour tout entier naturel \(n\), \(U_(n+1)=\frac12 (U_n+\frac{A}U_n )\).

Compétences exigibles⚓

  • restituer la définition d'une suite arithmétique

  • montrer qu'une suite est arithmétique

  • déterminer la somme des p premiers termes d'une suite arithmétique

  • résoudre des problèmes en utilisant les suites arithmétiques.

Matériel⚓

Pour l'élève

Cahiers, calculatrice, stylos, crayon, gomme, matériel géométrique

Pour le professeur

Fiche pédagogique, craies, tableau, éponge, matériel géométrique, matériel multimédia

Rappel / prérequis⚓

Remarque :

Tu as besoin de revoir le cours sur calcul dans IR.

I-Activité⚓

Question⚓

  1. On considère la liste des nombres impairs ci-dessous rangés par ordre croissant :

    1 ; 3 ; 5 ; 7 ; 9 ; 11 ; 13 ; . . .

    On note \(U_1\) le premier terme de la liste, \(U_2\) le second, \(U_3\) le troisième, . . . et \(U_n\) le n-ième terme.

    a) Donner les valeurs \(U_8\), \(U_{9}\), \(U_{10}\)

    b) Donner l'expression de \(U_n\) en fonction de \(n\).

    c) Calculer \(U_{n+1}-U_n\) en déduire une relation entre \(U_n\) et \(U_{n+1}\)

  2. a) Calculer les sommes \(S_2=U_1+U_2\), \(S_3=U_1+U_2+U_3\), \(S_4=U_1+U_2+U_3+U_4\) et \(S_5=U_1+U_2+U_3+U_4+U_5\)

    b) Conjecturer une expression de \(S_n=U_1+U_2+U_3+U_4+ . . . +U_n\)  en fonction de \(n\).

  3. Comparer \(S_n\) et la valeur numérique de \(\frac n2(U_1+U_n )\).

Solution⚓

  1. a) Les valeurs sont :

    \(U_8=15\), \(U_{9}=17\), \(U_{10}=19\)

    b) Les nombres entiers naturels impairs sont de la forme \(2n-1\) ou \(2n+1\).

    Comme \(U_1=1\), donc \(Un=2n-1\) est la forme qui convient.

    c) Calculons \(U_{n+1}-U_n\)

    On a : \(U_{n+1}-U_n=2(n+1)-1-(2n-1)=2n+1-2n+1=2\). On en déduit que \(U_{n+1}=U_n+2\) .

    (On dira que la suite \(U\) est une suite arithmétique). Le réel constant \(r=2\) est appelé raison de la suite arithmétique \(U\).

  2. a) Calculons les sommes \(S_2=U_1+U_2\), \(S_3=U_1+U_2+U_3\), \(S_4=U_1+U_2+U_3+U_4\) et \(S_5=U_1+U_2+U_3+U_4+U_5\)

    On a :

    \(S_2=U_1+U_2=4=2^2\),

    \(S_3=U_1+U_2+U_3=9=3^2\),

    \(S_4=U_1+U_2+U_3+U_4=16=4^2\)

    \(S_5=U_1+U_2+U_3+U_4+U_5=25=5^2\)

    b) D'aprés 2a), on peut conjecturer que :

    \(S_n= U_1+U_2+U_3+U_4+ . . . +U_n=1+3+5+7+ . . . + 2n-1=n^2\)

    D'où \(S_n=n^2\)

  3. Comparons la valeur numérique de \(\frac n2(U_1+U_n )\) et \(S_n\).

    On a : \(\frac n2(U_1+U_n )=\frac n2(1+2n-1 )=\frac n2(2n )=n^2\)

    Donc \(S_n=U_1+U_2+U_3+U_4+ . . . +U_n=\frac n2(U_1+U_n )\)

II-Institutionnalisation⚓

II.1- TRACE ECRITE⚓

Définition : Suite arithmétique

Une suite \((U_n)_{n\geq p}\) est dite arithmétique s'il existe un réel constant \(r\) tel que \(\forall {n\geq p}\), \(U_{n+1}=U_n+r\).

Le réel constant \(r\) est appelé raison de la suite arithmétique et \(U_{p}\) est le premier terme de la suite.

Exemples :

Les suites \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) et les suites \((V_n)_{n\in \mathbb{N}}\) telles que \(U_{n+1}-U_n=4\) ; \(V_{n+1}=V_n-\pi\) sont des suites arithmétiques.

Les suites \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) ont pour raison \(4\) et les suites \((V_n)_{n\in \mathbb{N}}\) ont pour raison \(-\pi\).

Remarque :

Pour montrer que \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) est une suite arithmétique, on montre que la différence \(U_{n+1}-U_n\) est indépendante de \(n\). Le cas échéant cette différence est la raison de la suite.

Exercice d'application :

  1. Montrer que la suite \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) définie par \(U_n=4n-1\) est arithmétique.

  2. Préciser son premier terme et exprimer \(U_{n+1}\)  en fonction de \(U_{n}\).

Solution :

  1. \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) est définie par \(U_n=4n-1\). On a : \(U_{n+1}=4(n+1)-1=4n+4-1=4n+3\) .

    \(U_{n+1}-U_n=4n+3-(4n-1)=4n+3-4n+1=4\). On obtient : \(\forall n\in \mathbb{N}, U_{n+1}-U_n=4\). Donc \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) est une suite arithmétique

  2. Sa raison est \(4\) et son premier terme est \(U_0=-1\)

Propriétés

  • Propriété (Formule explicite)

Soit \((U_n)_{n\geq p}\) une suite arithmétique de raison \(r\) et de premier terme \(U_{p}\).

Pour tout \(n\geq p\) , \(U_{n}=U_{p}+(n-p)r\)

Exemple :

Si \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) est une suite arithmétique de raison \(-2\) et tel que \(U_{5}=\frac{3}{4}\)

alors \(\forall n\in \mathbb{N}\), \(U_n=U_{5}+(n-5)(-2)\).

Donc \(\forall n\in \mathbb{N}\), \(U_n=\frac{3}{4}-2n+10\).

D'où \(\forall n\in \mathbb{N}\), \(U_n=-2n+\frac{43}{4}\).

  • Propriété (Somme de termes consécutifs)

Soit \((U_n)_{n\geq p}\) une suite arithmétique de premier terme \(U_{p}\).

Pour tout \(n\geq p\) , \(S=U_{p}+U_{p+1}+U_{p+2}+ \cdots +U_{n-1}+U_n=(n-p+1)\times \frac{U_p+U_n}{2}\)

Remarque :

  • \((n-p+1)\) est le nombre de termes de la sommation.

  • La somme ci-dessus est donc égale au produit du nombre de termes par la demi-somme des termes extrêmes.

  • Si \(p=0\) alors \(S=U_{0}+U_{1}+U_{2}+ \cdots +U_{n-1}+U_n=(n+1)\times \frac{U_0+U_n}{2}\)

Exemple :

Calculons la somme des \(n\) premiers entiers naturels impairs.

Un entier naturel impair s'écrit \(2n+1\), \(n\in \mathbb N\).

Posons \(\forall n\in \mathbb{N}\), \(U_n=2n+1\).

Le premier entier naturel impair est : \(U_0=1\) ;

Le deuxième entier naturel impair est : \(U_1=3\) ;

Le troisième entier naturel impair est : \(U_2=5\) ;

\(\vdots\)

Le nième entier naturel impair est : \(U_{n-1}=2n-1\).

Ainsi \(S=U_{0}+U_{1}+U_{2}+ \cdots +U_{n-1}=n\times \frac{1+2n-1}{2}=n\times \frac{2n}{2}=n^2\)

On trouve \(S=n^2\). (Ce résultat est obtenu lors de l'activité)

  • Propriété (Sens de variations)

Soit \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) une suite arithmétique de raison \(r\).

On a \(\forall n\in \mathbb{N}\), \(U_{n+1}-U_n=r\).

Par conséquent :

a) Si \(r>0\) alors la suite \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) est strictement croissante.

b) Si \(r<0\) alors la suite \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) est strictement décroissante.

c) Si \(r=0\) alors la suite \((U_n)_{n\in \mathbb{N}}\) est constante ou stationnaire.

Exercicce d'application

Question⚓

Soient \(a\) et \(b\) deux réels et U la suite définie pour tout \(n\in \mathbb{N}\) par \(U_n=(1-a)n+b\).

  1. Montrer que U est une suite arithmétique dont on donnera la raison.

  2. Discuter suivant les valeurs de \(a\) la monotonie de la suite U

Solution⚓

Soient \(a\) et \(b\) deux réels et U la suite définie pour tout \(n\in \mathbb{N}\) par \(U_n=(1-a)n+b\).

  1. On a : \(U_{n+1}-U_n=(1-a)(n+1)+b-((1-a)n+b)=(1-a)n+(1-a)+b-(1-a)n-b=1-a\)

    \(U\) est une suite arithmétique de raison \(1-a\).

  2. Discutons suivant les valeurs de \(a\) la monotonie de la suite \(U\)

    • Si \(1-a>0\) c'est à dire \(a<1\) alors la suite \(U\) est strictement croissante.

    • Si \(1-a<0\) c'est à dire \(a>1\) alors la suite \(U\) est strictement décroissante.

    • Si \(1-a=0\) c'est à dire \(a=1\) alors la suite \(U\) est stationnaire ou constante.

II.2- TESTS⚓

Exercice n°1 :

Question⚓

\((U_n)_{n\in \mathbb{N^\star}}\) est une suite arithmétique de raison \(r\).

Dans chacun des cas suivants, calculer \(U_2 ; U_3 ; U_n\).

  1. \(U_1 = -4 ; r = 3 ; n = 10\)

  2. \(U_1 = 5 ; r = -2 ; n = 25\)

  3. \(U_1 = -2 ; r =\frac{1}{2} ; n = 31\)

Solution⚓

Dans chacun des cas suivants, calculons \(U_2 ; U_3 ; U_n\).

  1. Données \(U_1 = -4 ; r = 3 ; n = 10\)

    \(U_2 = U_1+r \Rightarrow U_2 =-1\)

    \(U_3 = U_2+r \Rightarrow U_3 =2\)

    \(U_{10} = U_1+9r \Rightarrow U_{10} =23\)

  2. Données \(U_1 = 5 ; r = -2 ; n = 25\)

    \(U_2 = U_1+r \Rightarrow U_2 =3\)

    \(U_3 = U_2+r \Rightarrow U_3 =1\)

    \(U_{25} = U_1+24r \Rightarrow U_{25} =-43\)

  3. Données \(U_1 = -2 ; r =\frac{1}{2} ; n = 31\)

    \(U_2 = U_1+r \Rightarrow U_2 =\frac{-3}{2}\)

    \(U_3 = U_2+r \Rightarrow U_3 =-1\)

    \(U_{31} = U_1+30r \Rightarrow U_{31} =13\)

Exercice n°2 :

Question⚓

Une suite arithmétique \((U_n)_{n\in \mathbb{N^\star}}\) de raison \(r\) est telle que \(U_3=10\) et \(U_5=42\). Calculer \(r\) et \(U_1\).

Solution⚓

Calcul de \(r\)

\(U_5=U_3+2r \Leftrightarrow 2r+10=42 \Leftrightarrow 2r=32 \Leftrightarrow r=16\)

Calcul de \(U_1\).

\(U_1+2r=U_3 \Leftrightarrow U_1+32=10 \Leftrightarrow U_1=-22\)

Exercice n°3 :

Question⚓

Une suite arithmétique \((U_n)_{n\in \mathbb{N^\star}}\) de raison \(r\) est telle que \(U_1=5 , r=3\).

Déterminer \(n\) sachant que :\(U_n=35\).

Solution⚓

Calcul de \(n\)

\(U_1+(n-1)r=U_n \Leftrightarrow 5+3(n-1)=35 \Leftrightarrow 3n+2=35 \Leftrightarrow 3n=33 \Leftrightarrow n=11\)

Exercice n°4 :

Question⚓

En \(2010\), une commune d'un pays comptait \(30000\) familles sinistrées. Le gouvernement de ce pays décide de les déplacer toutes dans des logements sociaux en raison de \(2000\) familles par an. On désigne par \(U_0\) le nombre de familles sinistrées en \(2010\) et par \(U_n\) le nombres de familles sinistrées que compte la commune en \(2010+n\).

1) Calculer \(U_1\) , \(U_2\) et \(U_3\).

2) a) Exprimer \(U_{n+1}\) en fonction de \(U_n\).

b) En déduire la nature de la suite \((U_n)\).

2) En quelle année toutes les familles seront-elles déplacées ?

Solution⚓

1) Calcul de \(U_1\) , \(U_2\) et \(U_3\).

\(U_1=U_0-2000=30000-2000=28000\)

\(U_2=U_1-2000=28000-2000=26000\)

\(U_3=U_2-2000=26000-2000=24000\)

2) a) Exprimons \(U_{n+1}\) en fonction de \(U_n\).

\(U_{n+1}=U_n-2000\)

b) On en déduit que \(U_n)\) est une suite arithmétique de raison \(2000\)

2) Année où toutes les familles seront-elles déplacées.

\(U_n=U_0+nr \Leftrightarrow U_n=30000-2000n\)

Déterminer le rang \(n\) pour lequel \(U_n=0\)

\(U_n=0 \Leftrightarrow 30000-2000n=0 \Leftrightarrow n=15\)

Donc c'est en 2025 que les familles sinistrées seront déplacées.

Exercice n°5 :

Question⚓

Les mesures des côtés d’un triangle rectangle forment une suite arithmétique de raison \(r\).

On note ces mesures \(a – r, a, a + r\) ; (\(a>r\)).

1. Sachant que le périmètre du triangle est \(36\), calculer \(a\).

2. Calculer les mesures des deux autres côtés.

Solution⚓

1. Sachant que le périmètre du triangle est \(36\), calculons \(a\).

On a : \(P=a – r+a+a + r=3a\).

Donc \(3a=36 \Leftrightarrow a=12\)

2. Calculons les mesures des deux autres côtés.

L'hypoténuse est de longuer \(a+r\) car c'est le coté le plus long.

D'après le théorème de Pythagore, on a :

\((a-r)^2+a^2=(a+r)^2 \Leftrightarrow a^2-2ar+r^2+a^2=a^2+2ar+r^2\)

\(\Leftrightarrow a^2=4ar \Leftrightarrow a=4r \Leftrightarrow r=\frac{a}{4}=3\)

Les mesures des deux autres cotés sont donc \(12-3=9\) et \(12+3=15\).

Donc les cotés du triangle rectangle mesurent \(9, 12\) et \(15\)


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