INTRODUCTION⚓
Rédiger, c’est utiliser le langage écrit pour communiquer avec d’autres. La rédaction est, alors, l’action d’écrire. Elle suppose une pensée préalable et comporte une difficulté, celle d’exprimer, par écrit, cette pensée.
Rédiger n’est donc pas facile, parce que, même pour une personne douée, il n’est pas évident de parvenir, du premier coup, à une rédaction satisfaisante. Une première lecture d’un brouillon peut, en effet, montrer que telle expression a été mal choisie, telle tournure a été lourde, ou que le plan adopté est peu logique ; après corrections, une seconde lecture peut encore faire découvrir quelques fautes, vite redressées. On croira, alors, être parvenu à une version qui n’appelle plus ni critique, ni remarque.
Erreur ! Car cette version que l’on considère comme définitive peut, encore, contenir quelques imperfections que le lecteur averti décèlera presqu’immédiatement.
Bien rédiger, par conséquent, c’est exprimer, par écrit, une idée en peu de mots; c’est, en d’autres termes, arriver à dire juste ce qu’il faut, et pas plus, avec rigueur et concision, en évitant de tourner autour du pot.
Pascal disait: « Quand vous voulez dire il pleut, dites il pleut! » On le voit, la condition première de la rédaction, quel que soit ce que l’on écrit, c’est d’avoir quelque chose à dire et la seconde condition, c’est de savoir le dire avec la manière.
Boileau ne disait-il pas, d’ailleurs, que: « Ce que l’on conçoit bien, s’énonce clairement et les mots, pour le dire, arrivent aisément. »?
La rédaction administrative, elle, pourrait être considérée comme un exercice quotidien au cours duquel on ajuste, plus ou moins heureusement, son vocabulaire spontané et sa syntaxe habituelle, à la manière particulière, pour l’Administration, d’exprimer et d’écrire sa pensée.
Elle ne diffère de la rédaction en général que par l’emploi de certaines expressions, de certaines formules, de certaines règles de présentation.
Pour prétende être un bon rédacteur, dans l’Administration, il faut donc :
avoir une bonne connaissance de la langue dans laquelle on s’exprime, c’est à dire, une correcte maîtrise de son orthographe et de sa syntaxe ;
avoir un bon style, c’est-à-dire, la meilleure manière d’exprimer une idée avec clarté et élégance.
Ces connaissances et techniques s’acquièrent et s’améliorent par l’exercice et la lecture. Leur approfondissement relève d’un effort personnel.
On ne s’improvise donc pas rédacteur. C’est avec le temps et la pratique que, peu à peu, l’effort sera récompensé, que la plume deviendra alerte, plus légère, que le style gagnera en fluidité et en élégance.
N’aspirons pas, alors, à la perfection qui, d’ailleurs, n’est pas de ce monde.
Ce qui importe, en définitive, c’est d’être bien compris et pour l’obtenir, de bien rédiger. C’est pourquoi les développements qui suivent, tenteront, d’abord, de rappeler un certain nombre de notions indispensables à une bonne rédaction, avant de se pencher, ensuite, sur le style administratif et les documents administratifs.
I. RAPPEL DE REGLES SYNTAXIQUES ET DE REGLES ORTHOGRAPHIQUES⚓
1) LES REGLES SYNTAXIQUES⚓
La syntaxe est la partie de la grammaire qui traite de la fonction et de la disposition des mots et des propositions dans la phrase. Autrement dit, c’est l’ensemble des règles qui régissent l’arrangement des mots et la construction des propositions. Elle est donc la manière de joindre ensemble les mots d’une phrase et les phrases entre elles.
Elle peut être source de nombreuses fautes qu’il convient d’éviter de commettre, autant que possible, pour bien rédiger. Ces fautes sont parfois d’une telle gravité que celui qui les commet se range immédiatement dans la catégorie des gens incultes. C’est le cas, par exemple, de : que disez-vous ? à la place de : que dites vous ?, ou encore de : ce qu’elle a besoin, au lieu de : ce dont elle a besoin.
D’autres fautes sont plus subtiles et passent inaperçues du grand public, mais que des gens cultivés remarqueront aussitôt, comme faire un périple au Sahara, alors que dans périple il y’a l’idée de navigation autour…
De telles fautes, selon Jacques GANDOUIN, ne sauraient se justifier par le fait qu’elles sont commises par le plus grand nombre, car, une tournure ne perd pas son caractère fautif du seul fait qu’elle est fréquemment employée ; et il y a du mérite à s’y soustraire.
Le présent chapitre n’a pas la prétention d’analyser toutes les erreurs qu’il est possible de faire en écrivant, il se bornera à rappeler les principales fautes que l’on commet le plus souvent en les classant en plusieurs catégories : les néologismes, les barbarismes, les contresens, les pléonasmes, les solécismes, les mauvais emplois des formes grammaticales.
1. LES NEOLOGISMES⚓
Le néologisme est un mot nouveau ou une acception nouvelle d’un mot déjà existant dans la langue. Autrement dit, c’est un mot nouvellement créé ou un mot en usage, mais employé dans un sens nouveau. Actuellement, un nombre important de néologismes sont introduits et circulent dans la langue française du fait de la mondialisation des échanges née du développement des relations internationales et des progrès scientifiques et techniques.
Certains néologismes dérivent du français et d’autres sont d’origine étrangère. Face à cet envahissement de la langue française, le bon rédacteur, soucieux de garder au langage sa pureté, devra user de bon sens et proscrire les néologismes chaque fois qu’il existe un mot correspondant à l’idée que l’on veut exprimer.
Ainsi, on évitera de dire ou d’écrire :
exhaustif, pour complet ;
émotionné, pour ému ;
confusionné, pour confus ;
solutionner, pour résoudre ;
parution, pour publication ;
ovationner, pour acclamer ;
businessman, pour homme d’affaires ;
boom, pour saut, etc.
Cependant, l’on ne saurait se passer, sans inconvénient, des mots nouveaux que le progrès impose et qui répondent à un besoin réel : défi, opérationnel, jogging, média, départementaliser, municipaliser, unidimensionnel, management, informatique, automatisation, etc.
2. LES BARBARISMES⚓
Le barbarisme est une faute qui consiste à employer dans le langage des mots inexistants ou déformés. Il est donc fortement déconseillé d’utiliser dans la rédaction, particulièrement, des mots forgés ou altérés.
Voici quelques barbarismes qu’il faut éviter :
On ne dira ou n’écrira pas :
Que faisez-vous ?
Que disez-vous ?
Il a amené son dîner.
Il nous rabat les oreilles.
Au point de vue pécunier.
Réajuster, réapprendre, réouvrir.
Il s’en est suivi une dispute.
Cela ressort de sa compétence.
Partis pris, prendre partie.
Travailler à l’envie.
Réclamer à corps et à cris.
Mais on dira ou écrira :
Que faites- vous ?
Que dites-vous ?
Il a apporté son dîner.
Il nous rebat les oreilles.
Au point de vue pécuniaire.
Rajuster, rapprendre, rouvrir.
Une dispute s’ensuivit.
Cela ressortit à sa compétence
Parti pris, prendre parti.
Travailler à l’envi.
Réclamer à cor et à cri.
On le voit, le recours fréquent à un bon dictionnaire est fort utile pour savoir comment les mots s’écrivent et pour connaître leur sens exact. Il ne faut donc pas s’en priver si l’on veut bien rédiger.
3. LES CONTRESENS⚓
Le contresens est le fait de donner à un mot une interprétation erronée, c’est-à-dire l’employer avec une signification inexacte, ou lui donner un sens contraire au sens naturel, comme par exemple :
Achalandé dans le sens de « approvisionné» ou qui regorge de marchandises, alors que le sens réel est « avoir beaucoup de clients » (le mot client étant dérivé de chaland qui, dans l’ancien français, désignait l’acheteur habituel).
Instruire dans le sens de donner des instructions, des directives ou des injonctions, alors que les sens réels sont :
Transmettre un savoir, donner des leçons;
Constituer un dossier, étudier, enquêter,
(S’instruire) Se former, se perfectionner, se cultiver. Un quatrième sens que l’on retrouve dans certains dictionnaires, mais que l’Académie ne semble pas encore avoir intégré, est d’un emploi courant et donne ceci :
« Présenter aux acteurs concernés, des informations ou des directives relatives à une opération avant le début de celle-ci »
En attendant que ce sens nouveau soit consacré par l’usage, il est fortement recommandé de préférer recourir à des expressions telles que : « Donner des consignes » « Donner des instructions »
Ingambe dans le sens de « invalide », alors que le sens réel c’est « être bien en jambes ». Un vieillard encore ingambe est un vieil homme qui a encore les jambes lestes.
Parler du fond de l’abîme alors que l’abîme est par définition sans fond.
Avoir la portion congrue dans le sens d’avoir la plus petite part comme on le croit souvent alors que cela veut dire avoir le juste nécessaire, pas plus, à peine suffisant.
Faire un périple à l’intérieur du Sénégal alors que le périple est une navigation, un voyage autour de la mer ou autour des côtes d’un pays.
Un appartement somptuaire dans le sens de luxueux. Ne pas confondre avec somptueux (d’une grande richesse), synonyme de éclatant, magnifique. Somptuaire veut dire qui a rapport à la dépense avec une idée de restriction. (Lois somptuaires : lois qui réduisent le luxe et la dépense).
Il est installé depuis une décade dans le sens d’une période de dix ans, sens blâmé par certains qui lui préfèrent décennie (terme que l’Académie n’a pas encore adopté). Le sens réel de décade est plutôt une période de dix jours dans le calendrier grec : le mois grec étant divisé en trois décades.
Naguère ne doit pas être utilisé dans le sens de jadis. Naguère veut en effet dire « il y a peu de temps », « tout récemment », ou « il n’y a pas longtemps », alors que jadis signifie « autrefois », « il y a très longtemps ».
Il conduit une rutilante voiture dans le sens de « qui brille d’un vif éclat » (sens que certains grammairiens déconseillent), alors que rutilante signifie qui brille d’un rouge éclatant ou ardent.
Les réjouissances d’antan dans le sens de l’année d’avant, l’année dernière (désuet) alors que d’antan veut dire autrefois, anciennement, dans le temps.
Voici quelques contresens que l’on rencontre souvent :
On ne dira ou n’écrira pas :
Entrer de plein- pied.
Il n’arrête pas de parler.
Votre voiture est pareille à la mienne.
Vous n’êtes pas sans ignorer.
Hésiter entre deux alternatives.
Jouir d’une mauvaise santé.
Il risque de gagner.
Réduire au maximum.
Etre ruiné grâce au jeu.
Mais on dira ou écrira :
Entrer de plain – pied.
Il ne cesse de parler.
Votre voiture est semblable à la mienne.
Vous n’êtes pas sans savoir.
Hésiter entre les deux termes d’une alternative.
Avoir une mauvaise santé.
Il a des chances de gagner.
Réduire au minimum.
Etre ruiné à cause du jeu (ou par le jeu).
4. LES PLEONASMES⚓
Le pléonasme est une faute qui consiste à répéter, inconsciemment ou volontairement, des mots ayant le même sens alors qu’un seul suffit. Quand la faute est commise inconsciemment, cela procède le plus souvent du fait que le sens du mot principal ou son étymologie échappe à celui qui l’emploi.
Exemples :
Une secousse sismique : Le mot sismique renvoie au tremblement de terre et contient l’idée de secousse. Il faut plutôt dire secousse tellurique ou phénomène sismique.
Sortir les bagages dehors : Dans sortir il y’a l’idée de passer du dedans au dehors. Le mot « dehors » est donc superflu.
Une panacée universelle : Panacée est par définition un remède prétendu universel contre les maux. Dans ce cas le mot « universelle » devient inutile.
Le chat est monté en haut : Ici, « monté » exprime l’action d’atteindre un niveau plus élevé, donc plus haut. Le mot « haut » est alors superflu.
Mais, parfois, le pléonasme peut être une figure de style, un procédé littéraire, lorsqu’il est employé volontairement pour renforcer l’idée que l’on veut exprimer. C’est ce qui explique que certains pléonasmes soient passés dans l’usage.
Exemples :
Je l’ai entendu de mes propres oreilles.
Je l’ai vu de mes yeux.
Il faut applaudir des deux mains.
Saupoudrer de sel un repas.
Etc.
Cependant, certains pléonasmes considérés comme vicieux, par ce qu’ils n’ajoutent rien à la force du discours, sont à éviter. Il en va ainsi des expressions suivantes :
Achever complètement
Abolir totalement
Collaborer ensemble
S’entraider mutuellement
Prévoir d’avance
Rentrer à nouveau
Pleurer avec les yeux, etc
5. LES SOLECISMES⚓
Le solécisme est une faute grammaticale qui porte sur la construction de la phrase et non sur un seul mot. Plusieurs solécismes laissent planer une certaine ambiguïté, une certaine équivoque sur le sens des phrases qui, bien que grammaticalement correctes, présentent une construction qui laisse à désirer. On s’efforcera d’éviter des constructions de phrases de cette nature.
On ne dira ou n’écrira pas :
Le professeur expliqua longuement à l’élève ce qu’il devait faire.
Le gendarme a frappé le voleur avec une telle violence qu’il en est mort.
Chaque fois que Balla retrouve Ali, il feint d’oublier l’argent qu’il lui a prêté.
On dira ou écrira plutôt :
Le professeur expliqua longuement à l’élève ce que ce dernier devait faire.
Le gendarme a frappé le voleur avec une telle violence que celui-ci en est mort.
Chaque fois que Balla retrouve Ali, il feint d’oublier l’argent que celui-ci lui doit.
D’autres solécismes procèdent d’erreurs sur la construction des verbes.
a) La faute peut résulter d’un mauvais emploi des auxiliaires être et avoir.
On ne dira ou n’écrira pas :
Nous avons convenu de nous rencontrer.
Il est disparu avec mon argent.
Mais on dira ou écrira :
Nous sommes convenus de nous rencontrer.
Il a disparu avec mon argent.
b) La faute peut procéder d’une erreur sur le caractère transitif ou intransitif du verbe.
On ne dira ou n’écrira pas :
Il convient de pallier à ces inconvénients.
Je m’en rappelle.
Une occasion à profiter.
Pardonner quelqu‘un.
Mais on dira ou écrira :
Il convient de pallier ces inconvénients.
Je me le rappelle.
Une occasion à saisir.
Pardonner à quelqu’un.
Nombre de solécismes proviennent d’origines diverses.
On ne dira ou n’écrira pas :
Il a demandé après vous.
Causer avec quelqu’un.
Partir à Saint-Louis.
Il m’a salué et souri.
Entrer ou sortir de la maison.
Je n’ai pas le temps matériel pour…
Ils s’amusent de trop.
Je partirai d’ici dimanche.
La clé est après la porte.
Il a quel âge ?
Aller au docteur, au dentiste.
Ce n’est pas de sa faute.
C’est là où je vais.
C’est là d’où je viens.
Mais on dira ou écrira :
Il vous a demandé.
Causer à quelqu’un.
Partir pour Saint-Louis.
Il m’a salué et m’a souri.
Entrer dans la maison ou en sortir.
Je n’ai pas le temps de…
Ils s’amusent trop.
Je partirai d’ici à dimanche.
La clé est sur la porte.
Quel âge a-t’il ?
Aller chez le docteur, chez le dentiste.
Ce n’est pas sa faute.
C’est là que je vais.
C’est de là que je viens
2) LE MAUVAIS EMPLOI DES FORMES GRAMMATICALES⚓
L’emploi de certaines formes grammaticales donne souvent lieu à de nombreuses erreurs qui ne pourront, toutes, être relevées ici. Ne seront donc examinées que celles qui sont fréquemment commises.
1. L’emploi des participes⚓
Le participe est la forme adjective du verbe et comme son nom l’indique, il ‘‘participe’’ de la nature du verbe et de celle de l’adjectif.
C’est-à-dire qu’il peut être vu tantôt comme forme verbale, tantôt comme pur adjectif. Comme verbe, il admet les compléments d’objet et les compléments circonstanciels.
Comme adjectif, il peut servir d’épithète ou d’attribut et, dans ce cas, il subit les variations en genre et en nombre.
Il existe deux sortes de participes.
A. Le participe présent⚓
Comme forme verbale, le participe présent exprime, généralement, une action simultanée par rapport à l’action marquée par le verbe qu’il accompagne. Sous cette forme, il se termine par ‘ant’ et reste invariable, comme par exemple: ‘‘Je contemplais ces dames dansant la rumba’’.
Le participe présent peut aussi indiquer un temps présent, passé ou futur, suivant que le verbe auquel il se rattache est au présent, au passé ou au futur.
Exemples :
Je le vois lisant un livre (= qui lit un livre).
Je l’ai vu lisant un livre (= qui lisait un livre).
Je le verrai lisant un livre (= qui lira un livre).
Comme forme adjective, le participe présent a la valeur d’un simple qualificatif. Il s’appelle alors adjectif verbal et s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte, soit comme épithète, soit comme attribut.
Exemple : ‘‘Il était onze heures tapantes quand j’entrais en salle’’.
B. Le participe passé⚓
L’emploi du participe passé cache, parfois, des pièges que seule la consultation d’un bon livre de grammaire permet d’éviter. Il est la source, d’environ 80% des fautes commises par les utilisateurs du Français.
QUELQUES NOTIONS DE BASE
Pour éviter ces fautes, il convient alors de maîtriser les notions de base de l’emploi du participe passé
Qu’est-ce qu’un participe passé ?
Qu’est-ce qu’un complément d’objet direct ?
Qu’est-ce qu’un verbe auxiliaire ?
Qu’est-ce qu’un verbe pronominal ?
1° Qu’est qu’un participe passé ?
Le participe passé est une forme verbale, il est le temps du verbe utilisé pour former les temps composés de la forme active ou passive. Son étude consiste à savoir dans quels cas il s’accorde et dans quels cas il reste invariable.
Les fautes d’accord de participes passés sont les fautes de grammaire les plus fréquentes ; elles se rencontrent beaucoup dans l’écrit administratif. Elles parsèment, en effet, les textes et posent constamment des problèmes.
2° Qu’est-ce qu’un complément d’objet direct ou COD ?
Le COD se rattache ordinairement au verbe, directement, sans préposition, et exprime, soit l’objet même de l’action, soit le résultat de cette action, soit, parfois, le contenu, comme :
Je promène mon chien.
Il enterre le butin.
Enseigner la Rédaction administrative.
Pour identifier le COD, il faut noter qu’il répond à l’une des questions suivantes : ‘‘qui ?’’ ou ‘‘quoi ?’’ posée après le verbe.
Quand le COD est un infinitif, il est parfois introduit par une des prépositions suivantes: ‘‘ à ’’ ou ‘‘de’’, comme :
Il aime à jouer .
Vous essayez de fuir.
3° Qu’est- ce qu’un verbe auxiliaire ?
Un verbe auxiliaire est celui qui, dépouillé de son sens propre, sert de simple élément formateur d’un système verbal. Il sert, donc, à former les temps composés des verbes. Les verbes auxiliaires par excellence sont : ‘‘avoir’’ et ‘‘être’’.
Comme forme verbale, le participe passé se trouve dans tous les temps composés, combiné soit avec l’auxiliaire avoir, soit avec l’auxiliaire être.
4° Qu’est-ce qu’un verbe pronominal ?
Un verbe pronominal est celui qui est accompagné d’un des pronoms personnels ‘‘me’’ -‘‘te’’- ’’se’’- ’’nous’’- ‘‘vos’’, représentant le même être ou la même chose que le sujet.
Exemples :
Je me cache. – Tu t’habiles. – Elle s’évanouit. – Les ouvriers s’activent.
Tous les verbes pronominaux se conjuguent avec l’auxiliaire être.
LES RÈGLES DE L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ
Il y a quatre règles principales à retenir
Règle n°1 : Le participe passé utilisé avec le verbe avoir
Règle n°2 : Le participe passé utilisé seul, sans auxiliaire
Règle n°3 : Le participe passé utilisé avec l’auxiliaire être
Règle n°4 : Le participe passé avec les verbes pronominaux
REGLE N° 1 - Le participe passé utilisé avec l’auxiliaire ‘‘avoir’’
(La règle comprend une règle de base et trois exceptions)
La règle de base
Le participe passé utilisé avec l’auxiliaire ‘avoir’ s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct (COD) placé avant. (Rechercher le COD en répondant aux questions Qui? ou Quoi?)
Exemples :
Ces filles, je les ai vues. (Ici le pronom personnel ‘‘les’’ est COD)
Les filles que j’ai vues. (Ici le pronom relatif ‘‘que’’ est COD)
Les efforts que nous avons faits. (Ici le pronom relatif ‘‘que’’ est COD)
L’exception n°1 :
Elle concerne le pronom ‘en’. Lorsque le pronom ‘en’ est COD, l’accord s’annule.
Exemples :
(Dans ces exemples le pronom ‘en’ est COD).
Les photos, il en a pris.
Des chansons, elle en a murmuré.
Des cerises, nous en avons mangé.
L’exception n°2 :
Elle concerne le pronom impersonnel ‘ il’.
Dans une phrase impersonnelle où se trouve le pronom impersonnel ‘ il,’ l’accord s’annule par ce qu’on ne sent pas le rapport entre le complément et le participe.
Ici, il s’agit du ‘il ’ qui ne représente rien, comme dans ‘ il y a ’, ‘ il pleut ’, et non du ‘il’ pronom personnel représentant un homme.
Exemples : (Ici il n’y a pas d’accord car ‘il’ ne représente rien)
Les inondations qu ’i l y a eu cette année.
La chaleur qu’il a fait, hier, était suffocante.
Les trois jours qu’il a plu le mois dernier.
L’exception n°3 :
Elle concerne le participe passé suivi d’un infinitif qui reste invariable dans trois (03) cas :
Lorsque le COD antéposé subit l’action exprimée par l’infinitif.
Lorsque l’infinitif est sous-entendu.
Lorsque le verbe ‘‘faire’’ est immédiatement suivi d’un infinitif
1er cas :
Le participe passé suivi d’un infinitif reste invariable lorsque le COD antéposé subit l’action exprimée par l’infinitif.
Exemples :
Les poésies que j’ai entendu réciter.
Les chansons que vous avez entendu murmurer.
Les personnes que nous avions envoyé chercher
2e cas :
Le participe passé suivi d’un infinitif reste invariable, aussi, lorsque l’infinitif est sous entendu.
Exemples :
Je l’ai laissé cueillir toutes les mangues qu’il a préféré …
Il m’a demandé de rappeler les promesses que j’ai voulu …
Vous m’avez laissé faire toutes les bêtises que j’ai voulu …
3e cas :
Le participe passé du verbe ‘‘faire’’ immédiatement suivi d’un infinitif est toujours invariable, parce qu’il fait corps avec l’infinitif et constitue avec lui une périphrase factitive.
Exemples :
Il les a fait arrêter après enquête.
Cette femme s’est fait prendre dans son jeu.
Vous les avez fait convier à la fête.
Remarque
Toutefois le participe passé suivi d’un infinitif s’accorde avec le COD antéposé si, et seulement si, ce COD fait l’action exprimée par l’infinitif.
Exemples :
Les poètes que j’ai entendus réciter.
Les chanteurs que vous avez entendus murmurer.
Les élèves que vous aviez envoyés chercher du bois.
REGLE N° 2 :
Le participe passé utilisé seul, sans auxiliaire
En général, le participe passé utilisé seul, sans auxiliaire avoir ni auxiliaire être a un sens passif. Il s’accorde toujours avec le sujet.
(Donc il faut toujours rechercher le sujet : Qui?)
Exemples :
Fatiguée, elle s’endort les poings fermés.
Un jeune homme rangé se présente à moi.
Des esclaves maltraités se révoltent.
REGLE N° 3 : Le participe passé utilisé avec l’auxiliaire ‘‘être’’
(Il s’agit de l’auxiliaire ‘‘ être actif’’, c’est-à-dire non pronominal) Le participe passé utilisé avec l’auxiliaire ‘être’ s’accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe. (Donc il faut toujours rechercher le sujet : Qui?)
Exemples :
Vos observations seront acceptées.
L’affaire a été portée devant les tribunaux.
Mes voisins sont arrivés hier.
REGLE N° 4 : Le participe passé des verbes pronominaux
(Les verbes pronominaux sont toujours utilisés avec l’auxiliaire ‘‘être’’) Il existe deux familles de verbes pronominaux : - Les verbes pronominaux essentiels - Les verbes pronominaux accidentels
A. Les verbes pronominaux essentiels
Les verbes essentiellement pronominaux sont des verbes qu’on ne peut utiliser sans le pronom personnel réfléchi ‘‘se’’, comme :
S’abstenir - Se repentir - S’envoler - S’évanouir - Se réfugier - Se suicider - S’exclamer - Se méfier.
Autrement dit, ces verbes ne s’emploient jamais à la forme active, c’est-à-dire, qu’ils ne se conjuguent qu’à la forme pronominale.
Exemples :
Ils se sont suicidés.
Nous nous sommes abstenus.
Je me suis absenté.
Le participe passé des verbes pronominaux essentiels s’accordent en genre et en nombre avec le sujet. (C’est la même règle que pour le participe passé utilisé avec l’auxiliaire être). Donc toujours rechercher le sujet.
Exemples :
Certains élèves se sont absentés du cours.
Elles se sont évanouies en respirant le gaz.
Le chat s’est réfugié sous le canapé.
B. Les verbes pronominaux accidentels
Les verbes accidentellement pronominaux sont des verbes pour lesquels on peut retirer le pronom personnel réfléchi ‘‘se’’ et les utiliser à la forme active, comme : - Se regarder - Se couper - Se lever - Se mordre -S’ennuyer - S’endormir - S’occuper - S’acheter
Autrement dit, ces verbes peuvent être utilisés sous deux formes (pronominale ou active).
Exemples : On peut donc dire :
Se laver le matin ou Laver sa voiture.
Se couper le doigt ou Couper un fruit.
Se regarder dans le miroir ou Regarder son ami.
Le participe passé des verbes pronominaux accidentels s’accordent en genre et en nombre avec le COD antéposé, c’est-à-dire placé devant le verbe. (C’est la même règle que pour le participe passé utilisé avec l’auxiliaire avoir.) Donc toujours rechercher le COD.
Exemples :
Les filles se sont observées.
Le petit garçon s’est coupé.
Les ouvriers se sont présentés.
RÈGLES PARTICULIERES DE L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ
L’accord du participe passé est finalement une affaire de bon sens. Très souvent, il suffit seulement d’appliquer, avec discernement, les règles générales énoncées plus haut.
Cependant, il est bon de passer en revue les cas particuliers où le participe passé reste invariable. Pour cela l’accent sera mis sur les cas suivants :
Le participe passé du verbe s’arroger
Le participe passé de certains verbes intransitifs
Les participes passés attendu, compris (non compris)
Les participes passés joint, inclus, annexé
Le participe passé de certains verbes pronominaux
1° Le participe passé du verbe ‘‘ s’arroger ’’
Le participe passé du verbe ‘‘ s’arroger ’’ reste invariable si le complément d’objet direct est placé après.
Exemples :
Ces maires se sont arrogé des pouvoirs exceptionnels.
Nos supérieurs s’étaient arrogé de gros privilèges.
Ils se sont arrogé des honneurs non mérités
2° Le participe passé de certains ‘‘verbes intransitifs’’
Certains ‘‘verbes intransitifs’’ comme coûter, valoir, peser, mesurer, marcher, courir, vivre, dormir, régner, durer, reposer, etc. peuvent être accompagnés d’un complément circonstanciel de prix, de valeur, de poids, de durée, de distance, etc. qu’il faut se garder de prendre pour un complément d’objet direct. Dans ces cas, le participe passé de ces verbes reste invariable parce qu’il est employé au sens propre.
Exemples :
La somme que la chemise m’a coûté est élevée.
Cet immeuble ne vaut plus la somme qu’il a valu autrefois.
Les trente minutes que j’ai marché, ou couru, ou dormi.
REMARQUE :
Employé au sens figuré le participe passé de ces verbes s’accorde.
Exemple :
Les souffrances que j’ai vécues.
3° Les participes passés attendu, compris, (non compris, y compris)
Les participes passés attendu, compris (non compris, y compris), entendu, excepté, vu, ôté, ouï, passé, supposé, lu, approuvé, payé, certifié, reçu, accepté, placés devant le nom ou le pronom auquel ils se rapportent, ou utilisés seuls, restent invariables, parce qu’ils s’emploient comme prépositions.
Exemples :
VU la loi n°72-02 du 1er février 1972 …
Tout le monde marchait, y compris les femmes.
Lu et approuvé.
Certifié conforme la présente facture
4° Les participes passés joint, inclus, annexé
L’usage est constant de donner aux participes passés joint, inclus, annexé, dans les expressions, - Ci-joint - Ci-inclus - Ci-annexé, une valeur adverbiale et une invariabilité dans deux cas.
1er cas : Quand l’expression commence la phrase.
L’expression est invariable quand elle commence une phrase.
Exemples :
Ci-joint l’expédition du jugement.
Ci-inclus la copie de la lettre du plaignant.
Ci-annexé les documents réclamés.
2e cas : Quand l’expression est dans une phrase
Quand, dans le corps de la phrase, l’expression précède un nom sans article ni déterminatif démonstratif ou possessif, elle reste invariable.
Exemples :
Je vous fais parvenir, ci-joint, copie de la lettre de M. FALL.
Vous trouverez, ci-inclus, quittance délivrée après paiement.
Je vous transmets, ci-annexé, photocopie du jugement rendu.
5° Le participe passé de certains verbes pronominaux
Le participe passé de certains verbes pronominaux est toujours invariable, parce que ces verbes ne peuvent jamais avoir d’objet direct :
Ces verbes sont les suivants :
Se convenir, se mentir, se nuire, s’entre-nuire, se parler, se déplaire, se complaire, se ressembler, se rire, se sourire, se succéder, se suffire, se survivre, s’en vouloir.
Exemples :
Ils se sont suffi à eux- mêmes.
Les rois qui se sont succédé sur le trône.
Ils se sont plu l’un à l’autre.
2. L’emploi de l’article dans une énumération⚓
L’article doit être répété devant chaque nom d’une énumération.
Les anciens et les nouveaux élèves de l’établissement.
Les bons et les mauvais amis du Roi.
Les hommes et les femmes d’une même tribu.
Les grands et les petits ne peuvent pas aller ensemble.
Etc..
Font cependant exception à cette règle, un certain nombre d’expressions consacrées par l’usage et dont les éléments forment un tout et pour lesquelles l’article n’est pas répété, comme :
Exemples :
les us et coutumes, les Ponts et Chaussées, les frères et sœurs, les officiers, sous officiers et soldats, les allées et venues, les faits et gestes, les bons et loyaux services, etc.
L’article n’est pas répété, non plus, devant deux qualificatifs se rapportant à la même personne, comme le juste et pieux Louis IX ; le fidèle et discret Magamou ; le bon et honnête Saloli.
3. L’emploi incorrect de l’adjectif comme adverbe ou pronom indéfini⚓
On ne peut dire ou écrire :
Les élèves de l’école sont habillés pareil.
Il a fait pareil que vous.
Ces crayons coûtent 10 francs chaque.
Mais on dira ou écrira :
Les élèves de l’école sont habillés pareillement.
Il a fait comme vous.
Ces crayons coûtent 10 francs chacun.
4. L’emploi des comparatifs et des superlatifs⚓
Le comparatif est un degré de signification, de comparaison des adjectifs et des adverbes de manière, exprimant une idée d’évaluation par rapport à un point de comparaison, ou une idée de supériorité indépendante de toute comparaison. Il indique une qualité égale, supérieure ou inférieure.
On distingue le comparatif d’égalité, le comparatif de supériorité et le comparatif d’infériorité : Saliou est aussi savant que Paul, plus savant que Moussa et moins savant que Louis.
Le comparatif s’exprime donc au moyen des adverbes aussi, plus, moins, placés devant l’adjectif.
S’agissant des comparatifs, il faut faire attention à l’utilisation de PIRE qui signifie plus mauvais et PIS qui veut dire plus mal.
En effet :
PIRE est un comparatif alors que MAUVAIS est un adjectif.
PIS est un comparatif tandis que MAL est un adverbe.
5. L’emploi de la négation⚓
La négation est l’action de nier. Elle s’exprime le plus souvent par un adverbe de négation qui sert à nier, comme NON, forme accentuée et NE, forme atone.
Dans les réponses, particulièrement, NON a la valeur d’une proposition représentant de façon négative une idée, exemple :
- Vendez - vous ? - Non !
Mais un mot ou un groupe de mots souvent nié par NON s’oppose à un autre mot ou groupe de mots de même fonction que le premier mot ou groupe de mots, exemple :
- Choisissez l’honneur et NON le succès.
La négation ordinaire NE, se trouve, elle, généralement accompagnée d’un des mots PAS, POINT, AUCUN, JAMAIS, GUERE, NUL, RIEN, PERSONNE,
Exemples :
Il ne marche pas.
Tu ne tueras point
Je ne bois jamais
etc.
Mais, ces mots ou expressions qui, primitivement avaient un sens positif, ont pu, par contagion, se charger d’un sens négatif et devenir aptes à exprimer eux mêmes une idée négative.
Dans le langage du XVII siècle, ces mots ont pris une telle valeur de négation qu’on a pu les employer sans la particule « NE ».
Exemple :
« Fit- il pas mieux que de se plaindre ? » (La Fontaine)
De nos jours, on les emploie encore ainsi dans certaines expressions :
Pas question qu’ils viennent.
Pas de doute que l’inculpé soit coupable.
Pas de danger qu’ils reviennent à la charge.
Mais d’une manière générale, ces mots ou expressions doivent obligatoirement s’employer avec la négation NE. On remarquera, d’ailleurs, que l’emploi de la négation donne lieu à des fautes si fréquentes qu’il convient de lui porter une attention toute particulière, notamment dans le langage écrit.
Les expressions populaires et fautives suivantes sont à éviter :
C’est pas rien - Des interventions pas très louables - Il viendra pas.
Il faut plutôt dire :
Ce n’est pas rien - Des interventions qui ne sont pas très louables - Il ne viendra pas.
On évitera aussi de dire :
Je n’ai pas dit que cela - Il ne pense pas qu’à lui - Nous n’avons pas que des ennemis.
Mais on dira plutôt :
Je n’ai pas dit seulement cela - Il ne pense pas seulement à lui - Nous n’avons pas uniquement des ennemis.
On ne dira pas non plus :
Il faut les alimenter pour ne pas qu’ils maigrissent.
Il a été copieusement corrigé pour ne pas qu’il récidive.
Mais on dira :
Il faut les alimenter pour qu’ils ne maigrissent pas.
Il a été copieusement corrigé pour qu’il ne récidive pas.
Remarque : Il faut se garder, en écrivant, d’omettre « n’» après « on » dans des phrases telles que
On a fait plusieurs promesses, mais on n’en a tenu aucune.
On n’a rien sans peine.
Il faut aussi noter que deux négations équivalent à une affirmation,
Exemple :
Vous n’êtes pas sans savoir. (Expression voulant dire : vous savez).
6. L’emploi de la majuscule⚓
La majuscule est une lettre capitale un peu plus grande que les autres et de forme différente. Son emploi est délicat dans un grand nombre de cas et ne met toujours pas d’accord tous les auteurs.
Par exemple, Maurice GREVISSE fait remarquer que l’Académie française écrit « moyen âge » avec des minuscules et sans trait d’union, mais que plus d’un auteur écrit : Moyen - Âge ou Moyen Âge ou encore moyen - âge.
Faut-il alors suivre l’Académie ? En tout cas elle n’est pas toujours conséquente avec elle-même parce qu’elle écrit tantôt « la semaine sainte », tantôt « la Semaine Sainte ».
Au Sénégal, l’emploi des majuscules dans les textes administratifs de toute nature est réglementé par le décret n°75-1027 du 10 octobre 1975, modifié par le décret n°80-770 du 24 juillet 1980, et dont les dispositions sont rappelées ou expliquées par diverses circulaires, notes et lettres de la Présidence de la République et de la Primature.
On retiendra de ces différents textes quelques indications qu’il convient de mentionner, ici, mais qui ne reflètent pas, toutefois, tous les problèmes que posent les majuscules.
A. En ce qui concerne l’adjectif⚓
L’adjectif prend la majuscule quand il est joint intimement au nom propre et fait corps avec lui, comme dans : les Etats-Unis, le Cap-Vert, la Cap-de-Bonne-Espérance.
L’adjectif prend seul la majuscule quand il qualifie un terme géographique auquel il n’est pas rattaché par un trait d’union : la mer Méditerranée, l’océan Atlantique, le mont Blanc, le golfe Persique, le lac Majeur.
Dans les autres cas, l’adjectif prend la minuscule : l’Assemblée nationale, la Cour suprême, le Lycée technique André Peytavin, la Direction des Pêches maritimes, l’Ecole nationale d’Administration. En tout état de cause, la majuscule à l’adjectif est à proscrire.
B. En ce qui concerne les institutions et autres administrations⚓
Lorsque l’institution désignée est unique, la première lettre des substantifs prend la majuscule ainsi que la première lettre du premier mot quelle que soit la nature de celui-ci.
Exemples
La Présidence de la République.
Le Ministère de l’Economie et des Finances.
Le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
La Gouvernance de Dakar.
La Préfecture de Dagana.
La Haute Cour de Justice.
Le Conseil des Ministres.
La Région de Tambacounda.
Le Département de Rufisque.
L’Arrondissement de Ogo
Exemples :
Les ministères, les directions et services sénégalais.
Les gouvernances, préfectures et sous-préfectures du Sénégal.
Les commissariats de police de Dakar.
Les départements et arrondissements du Sénégal.
Il faut remarquer que l’Académie française écrit « gouvernement » sans majuscule, qu’il soit ou non caractérisé : « gouvernement français ». Au Sénégal, on écrit : « Gouvernement du Sénégal » avec une majuscule à gouvernement parce qu’il est unique au Sénégal.
1. En ce qui concerne les débuts des phrases et des alinéas⚓
La majuscule est portée :
au premier mot de toute phrase, de tout vers, de tout discours direct, de toute phrase citée : Un homme dit : « Je passerai la mer… » (La Bruyère) ;
après le point, et après les points d’interrogation, d’exclamation ou de suspension, quand ils terminent une phrase : « Ah ! mon Dieu, miséricorde ! Qu’est-ce que c’est donc que cela ? » Ici, il n’y a pas de majuscule après le premier point d’exclamation puisqu’il ne termine pas une phrase, mais la majuscule est de rigueur après le second point d’exclamation qui, lui, termine la phrase.
2. En ce qui concerne les noms propres, en général⚓
Il existe plusieurs sortes de noms propres qui s’écrivent avec la majuscule à la première lettre, mais seuls quelques exemples seront cités ici.
a) Les noms qui désignent les rues, édifices, monuments, musées, navires, avions, etc., s’écrivent avec la majuscule à la première lettre : la corniche Ouest, la rue Sandiniéry, la route de Rufisque, le monument de l’Indépendance, la statue Faidherbe, la pointe Sarène, (7) le Panthéon, le bateau le Joola, la stèle Mermoz, le musée du Louvre, etc..
b) Les noms de fêtes, aussi, prennent une majuscule à la première lettre : Noël, la Toussaint, Quatre Avril, Premier Mai, Journée du Mawloud, Journée de la Korité, Journée de la Tabaski, Pâques, Pentecôte, Lundi de Pâques, Jeudi de l’Ascension, Lundi de Pentecôte, Journée du 15 Aout, Vingt-cinq Décembre, Journée de la Tamkharite.
Sauf pour ces fêtes légales, les mois et les jours de la semaine ne prennent pas de majuscule : lundi, mardi, mercredi, février, juin, août etc. Mais lorsqu’une date indique un événement historique, le nom du mois prend une majuscule : le 18 Brumaire, l’appel du 18 Juin, le 04 Avril
c) Les titres, les fonctions, les personnalités, prennent également la majuscule quand on s’adresse à la personne même : Son Excellence, Sa Majesté, Monsieur le Président, Monsieur le Gouverneur, Madame le Préfet, Monsieur l’Inspecteur, Monsieur le Directeur, El-Hadji Abdoul Aziz Sy, Cheikh Abdoul Ahad Mbacké, etc.
Lorsqu’il s’agit de caractériser une fonction unique d’un rang élevé dans la hiérarchie, la majuscule s’impose :
le Premier Ministre ;
le Ministre de l’Education nationale ;
le Président du Tribunal de Grande Instance de … ;
le Ministre de l’Intérieur ;
le Président de l’Assemblée nationale ;
le Président-Directeur général de la Société Z ;
le Gouverneur de la Région de Kolda ;
le Préfet du Département de Ranérou Ferlo.
Par contre on écrit :
les ministres et les secrétaires d’Etat de la République ;
les présidents-directeurs généraux de sociétés ;
les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets du Sénégal ;
la charge du président de tribunal est lourde ;
les directeurs d’administration centrale.
Les grades prennent la minuscule :
le général de Gaulle ;
le colonel de Gendarmerie X ;
le lieutenant Y ;
le commissaire de Police Z ;
Les diplômes aussi s’écrivent avec des minuscules : le brevet de fin d’études moyennes (B.F.E.M), le baccalauréat, le diplôme de l’Ecole nationale d’Economie appliquée, le certificat d’aptitude professionnelle (C.A.P.), la maîtrise des sciences juridiques, le brevet de l’Ecole nationale d’Administration, etc.
d) Le nom qui entre dans le libellé d’un parti politique, d’un syndicat ou d’une association aux statuts déposés prend une majuscule : la Ligue démocratique, le Parti socialiste, le Parti démocratique sénégalais, la Confédération nationale des Travailleurs du Sénégal, l’Amicale des Administrateurs civils, l’Union culturelle musulmane.
e) Au Sénégal, les prénoms s’écrivent en minuscules après la première lettre qui prend la majuscule. Les noms, eux, s’écrivent entièrement en majuscules, uniquement dans les listes, dans un tableau, dans un schéma, dans un organigramme, dans les registres et actes de l’état civil.
Donc, dans les autres cas, seule la première lettre des prénoms et des noms prend la majuscule.
Exemple : Abdoul Aziz Diagne, Babacar Badiane, Malamine Goumbala.
Dans les actes officiels : décrets, arrêtés, décisions, et d’une manière générale, dans tous les documents administratifs et autres correspondances, lorsque les prénoms et nom des personnes qui y sont mentionnés sont juxtaposés, les prénoms doivent obligatoirement figurer en lettres minuscules (première lettre exceptée), avant le nom lui-même entièrement en majuscules.
Pour l’orthographe des noms propres commençant par les lettres M et N suivies d’une consonne, il a été supprimé, au Sénégal, l’apostrophe qui séparait ces lettres de la consonne suivante et dont l’usage avait été introduit par les français pendant la colonisation.
Donc, les noms propres tels que Ndiaye, Mbengue, Nguer, Ngom, Ndour, Mbaye, Mbacké, Ndoffane, Ndindy, Mbour, Mbadakhoune, Nguéniène, Mboss, Ndoulo, etc. s’écrivent, désormais, sans l’apostrophe.
f) Dans une énumération, la majuscule est obligatoire après les adverbes numériques abrégés : 1°, 2°, 3°, 4°. Ces adverbes, il faut le noter, ne sont pas suivis d’un tiret.
Exemples
1° En ce qui concerne …
2° Pour ma part …
3° En conséquence …
Remarques
L’inflation des majuscules dans la rédaction des textes administratifs semble être une des caractéristiques des temps actuels. On en met partout. Or, la majuscule est un signe orthographique qui a son importance dans l’intelligence d’un texte. C’est pourquoi il ne faut pas négliger de l’employer lorsque c’est nécessaire, mais il ne faut pas, non plus, en abuser en en mettant partout.
On le voit, les développements qui précèdent n’ont pas permis de faire le tour de la question. Loin s’en faut ! Mais ils ont, cependant, mis l’accent sur quelques règles générales communément admises pour un bon emploi de la majuscule dans les domaines où les fautes sont les plus fréquentes.
En tout état de cause, rien ne peut remplacer la consultation d’un bon manuel de grammaire pour contourner les difficultés généralement rencontrées.
7. Les signes de ponctuation⚓
« La ponctuation est l’art d’indiquer dans le discours écrit, par le moyen de signes conventionnels, soit les pauses à faire dans la lecture, soit certaines modifications mélodiques du débit, soit certains changements de registre dans la voix». Son importance dans la rédaction est primordiale, car, c’est par elle, en effet, que l’on structure les phases et qu’on leur donne tout leur sens. Cette évidence est mise en valeur par les exemples suivants et dans lesquels la position des signes de ponctuation donne des sens différents aux phrases.
Premier exemple :
L’élève, dit le maître, est stupide. (Ici, c’est l’élève qui est stupide).
L’élève dit : le maître est stupide. (Là, c’est le maître qui est stupide).
Deuxième exemple :
Je vous recevrai volontiers si nécessaire ; préciser la date. (Ici, nécessaire est lié à l’audience qui n’est pas ferme). - Je vous recevrai volontiers ; si nécessaire préciser la date. (Là, nécessaire est lié à la date).
Troisième exemple :
Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! (Ici, c’est une singulière et dangereuse courtoisie).
Messieurs ! les Anglais ! tirez les premiers ! (Là, c’est un ordre prudent et sage).
Quatrième exemple :
Pendez pas, gracié. (là, le prisonnier n’est pas pendu, donc sauvé).
Pendez, pas gracié. (Ici, le prisonnier est pendu, donc exécuté).
La ponctuation est donc un élément de clarté qui permet de saisir l’ordre, la liaison, les rapports des idées. Il ne faut pas la négliger, car, elle est la respiration de la phrase.
Les signes de ponctuation ou signes syntaxiques sont : le point, le point d’interrogation, le point d’exclamation, la virgule, le point-virgule, les deux points, les points de suspension, les parenthèses, les crochets, les guillemets, le tiret.
A. Le point (.)
Le point marque la fin d’une phrase qui correspond à l’achèvement du développement d’une idée. Il indique également un repos relativement long de la voix. Il se place aussi après un mot écrit en abrégé : M. (pour Monsieur) - MM. (pour Messieurs) - Etc. (pour Et cetera) - Chap.II (pour chapitre II) - P.95 (pour page 95).
B. Le point d’interrogation (?)
Comme son nom l’indique, le point d’interrogation termine les phrases ou les membres de phrases exprimant une interrogation directe.
Savez-vous lire le français ?
N’y suis-je point encore ?
Est-ce assez ?
Quand une phrase interrogative est suivie d’une incise (dit-il, répondit-il, demande-til, etc.) le point d’interrogation se place immédiatement après la phrase interrogative.
Vous iriez voir mon fils ? dit-il d’une voix presque inaudible. Combien de temps ? me demande-t-il, pour aller de Dakar à Thiès.
Il faut noter que l’interrogation indirecte n’est jamais suivie du point d’interrogation,
Exemples :
Nous ne savons pas de quoi demain sera fait.
Pilate demandait ce qu’était la vértié.
C. Le point d’exclamation (!)
Le point d’exclamation termine les phrases exclamatives et se place après les interjections qui peuvent être :
Une simple interjection : Hélas !, Holà !, Ô !, Ah !, Oh !, etc.
J’ai souffert, hélas ! tous ces maux. - Oh ! la canaille.
Holà ! doucement donc. - Hélas ! on travaille demain.
Dans ces phrases, le complément circonstanciel a été placé avant les compléments d’objet, et non à la fin. Dans le premier exemple, il est suivi d’une virgule et dans le deuxième il est mis entre deux virgules.
Deuxième règle : Lorsque des mots ou groupes de mots qui remplissent la même fonction sont juxtaposés, ils sont séparés par une ou des virgules.
Exemple :
« Paul a donné une mangue à Soukeyna hier soir, à 18 heures ».
Dans cette phrase, les groupes de mots « hier soir » et « à 18 heures » remplissent tous deux la même fonction, celle de complément circonstanciel de temps. Ils doivent, de ce fait, être séparés par une virgule. Il existe aussi plusieurs autres possibilités d’employer la virgule.
Dans une proposition, la virgule s’emploie :
1° En général, pour séparer les éléments semblables (sujets, compléments, épithètes, attributs) non unis par une conjonction de coordination :
Les honneurs, les richesses, les plaisirs nous rendent-ils pleinement heureux ?
Il avait appris seul à nager, à plonger, à lancer le trident.
La charité est douce, patiente, bienfaisante.
On aime la compagnie d’un homme bon, juste, affable.
2° Pour isoler les mots qui forment pléonasme ou répétition :
Rompez, rompez tout pacte avec les méchants.
Je vous assure, moi, que cela est vrai.
3° Pour isoler les mots mis en apostrophe :
C’est à vous, mon frère, que ce discours s’adresse.
Dans un groupe de propositions, la virgule s’emploie :
1° En général, pour séparer plusieurs propositions de même nature non unies par une conjonction de coordination :
Une locution interjective : Eh bien ! Juste ciel ! Eh quoi ! - Eh bien ! j’ai glissé. - Juste ciel ! voila le patron. Eh quoi ! Que faut-il ?
Une proposition :
Mais alors, on perd nos heures supplémentaires ! - Vous oseriez renier votre parole !
D. La virgule (,)
La virgule marque une pause de peu de durée, plus courte que celle marquée par le point et le point-virgule. En ce qui concerne son emploi, il convient de rappeler, ici, deux règles essentielles.
1° Quand l’ordre des mots n’est pas respecté dans la phrase, on met entre virgules les groupes de mots qui ne sont pas à leur place normale, étant entendu que l’ordre des mots, déterminé par leur fonction, est normalement le suivant : sujet, verbe, complément d’objet direct, complément d’objet indirect, complément circonstanciel.
Exemple :
« Paul a donné une mangue à Soukeyna hier soir ».
Dans cette phrase, l’ordre des mots est respecté : sujet (Paul), verbe (a donné), complément d’objet direct (une mangue), complément d’objet indirect (à Soukeyna), complément circonstanciel (hier soir). Aucune virgule n’est donc nécessaire.
Mais si les mots (et les fonctions qu’ils occupent) ne sont pas à leur place habituelle, alors là, il en va autrement
Exemples :
« Hier soir, Paul a donné une mangue à Soukeyna ».
« Paul, hier soir, a donné une mangue à Soukeyna ».
On monte, on descend, on débarque les marchandises.
Il y a des gens qui cachent leurs passions, qui entendent leurs intérêts, qui y sacrifient beaucoup de choses, qui s’appliquent à grossir leur fortune.
2° Avant les propositions introduites par les conjonctions de coordination autres que ou, ni, et : - Il est fort honnête homme, mais il est un peu brutal. - Je pense, donc je suis. - Il ne faut pas faire telle chose, car Dieu le défend.
3° Avant les propositions circonstancielles ayant une valeur simplement explicative - Je le veux bien, puisque vous le voulez.
4° Pour marquer l’ellipse d’un verbe ou d’un mot énoncé dans une proposition précédente : - Les grands yeux étaient éteints et mornes, les paupières, striées de rides, les commissures des narines, marquées de plis profonds.
Remarque :
La liste des possibilités d’emploi de la virgule est loin d’être complète. L’essentiel est de retenir que la virgule est nécessaire si une pause rend la phrase plus claire et qu’elle est déconseillée si aucune équivoque n’est à craindre et si aucune pause n’est indispensable.
E. Le point-virgule (;)
Le point-virgule marque une pause de moyenne durée.
Il s’emploie : Pour séparer, dans une phrase, les parties dont une au moins est déjà subdivisée par la virgule :
« Le devoir du chef est de commander ; celui du subordonné, d’obéir. »
Pour séparer des propositions de même nature qui ont une certaine étendue :
« Ce que nous savons, c’est une goutte d’eau ; ce que nous ignorons, c’est l’océan. »
D’une manière générale, le point-virgule n’est pas à recommander, mais il peut être utile, même indispensable, pour séparer les éléments des phrases narratives ou descriptives ou les accumulations successives d’une période oratoire se rapportant à une même idée .
F. Les deux points (:)
Les deux points marquent la fin d’une phrase suivie d’une autre phrase qui doit l’expliquer ou la compléter. Ils s’emploient donc :
1° Pour annoncer une énumération, une citation, une sentence, une maxime, un discours direct, ou parfois indirect :
Le seau de lait tombe : adieu, veau, vache, cochon, couvée.
Elle lui dit : « Je passerai la mer ».
2° Pour annoncer l’analyse, l’explication, la cause, la conséquence, la synthèse de ce qui précède :
Je finis cependant par découvrir trois documents : deux imprimés, un manuscrit.
Ce ne sont pas des idées que je leur demande : leurs idées sont le plus souvent fumeuses.
Les deux points peuvent aussi servir à économiser des mots comme parce que, car, puisque. Ils sont commodes pour couper une phrase longue.
Exemple : -
« Je n’irai pas chez vous demain : je pars ce soir pour Kolda ».
La phrase initiale était :
« Je n’irai pas chez vous demain, parce que je pars ce soir pour Kolda ».
G. Les points de suspension (…)
Les points de suspension indiquent que la phrase pourrait se poursuivre ; ils marquent également une suspension volontaire ou une lacune dans le texte. Ils peuvent indiquer que l’expression de la pensée reste incomplète pour quelque raison d’ordre affectif ou autre :
Il est follement heureux chez vous…
Il me parle de votre mère…
Tenez, il faut que vous lisiez…
Ils peuvent aussi marquer une pause destinée à mettre en valeur le caractère de ce qu’on ajoute :
L’abbé Martin était curé… de Ngazobil.
Cette publication mensuelle paraissait… quelque fois.
Les livres recommandés par… les autres, sont rarement à votre goût.
Parfois, les points de suspension indiquent simplement le prolongement inexprimé de la pensée :
C’est à partir de Bakel que je voudrais remonter le fleuve Sénégal… -
Toi et moi, dit-elle, c’est de l’histoire ancienne. Je n’arrive plus à y croire. Et pourtant…
H. Les parenthèses ( ) et les crochets [ ]
Les parenthèses servent à isoler une explication, une référence, une digression qu’on ne veut pas mélanger au texte principal. Elles s’emploient pour intercaler dans la phrase quelque indication, quelque réflexion non indispensable au sens, et dont on ne juge pas opportun de faire une phrase distincte :
« Il y a de Balzac (brochure de H. Fabre, p. 124) une lettre sur la jeunesse qui ne respecte rien, ne coupe pas les têtes, mais les ravale. »
Les crochets servent au même usage que les parenthèses, mais sont moins usités. Ils sont surtout employés pour isoler une indication qui contient déjà des parenthèses : « Chateaubriand s’est fait l’apologiste du christianisme [cf. génie du christianisme (1802)]. »
I. Les guillemets (« »)
Les guillemets s’emploient au commencement et à la fin d’une citation, d’un discours direct, d’une locution étrangère au vocabulaire ou sur laquelle on veut attirer l’attention : -
Pour Musset, comme pour la plupart des romantiques, la souffrance est une valeur formative : « L’homme est un apprenti, la douleur est son maître et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert ».
Les guillemets servent également à souligner un mot ou une expression que l’auteur estime impropre ou vulgaire, technique, etc.
Les périodes dites « vacances » n’étaient pas pour moi vacances.
L’accusé déclara qu’il « travaillait » le plus souvent dans le cambriolage et dans le vol à main armée.
Dans le passage guillemeté, on se contente ordinairement de placer les guillemets au commencement de chaque alinéa et à la fin du dernier ; parfois, on met les guillemets au commencement de chaque ligne ou de chaque vers (1) . Si le passage guillemeté, considéré isolément, demande après lui, un signe de ponctuation, celui-ci se place avant les derniers guillemets :
Il demanda : « Que faites-vous ici ? » Je répondis : « J’attends le départ.»
Quand les voleurs avaient disparu sans laisser de traces, il opinait : « On les aura ! ».
Sinon, la ponctuation se place après les derniers guillemets :
Ne s’est-il pas moqué de la « boutique romantique » ?
Quel homme que ce « Père la Victoire » !
Remarque :
Dans le langage parlé, quand on s’adresse à un auditoire ou au public, par exemple, si l’on vient à citer un texte, on marque le début par je cite, formule remplaçant les guillemets ouvrants, et on le clôt par fin de citation, remplaçant les guillemets fermants.
J. Le tiret (-)
Le tiret est un petit trait horizontal qui, dans un dialogue, indique les changements d’interlocuteur :
Qu’est-ce que c’est, dit-il ?
Rien, Monsieur !
Quoi rien ?
Peu de chose, Monsieur.
Le tiret se met aussi, de la même manière que les parenthèses, avant et après une proposition, un membre de phrase, une expression ou un mot, qu’on veut séparer du contexte pour les mettre en valeur
Il me fallut plusieurs jours de travail - et de travail soigné, utile - pour me faire une raison.
Il ne pouvait être question de sanctionner négativement ces élèves - irréprochables - qui n’ont commis aucune faute.
Parfois, le tiret se place après une virgule pour marquer plus fortement la séparation, comme si l’on estimait que cette virgule indiquait trop faiblement cette séparation.
Exemple :
Nous savons aussi qu’une grande nation est, d’abord, - oh ! ne nous lassons pas de le répéter, - une nation capable de produire de grands hommes. (G. DUHAMEL, Tribulations de l’espérance).
II. LES CARACTERES SPECIFIQUES DE L’ECRIT ADMINISTRATIF⚓
L’Administration qui représente l’Etat a le devoir de s’exprimer correctement. Son langage doit donc être accessible à tous. Georges POMPIDOU disait : « Une administration qui ne se fait pas comprendre immédiatement et sans interprète, ne remplit pas sa mission ».
C’est pourquoi le langage administratif doit être correct à quadruple point de vue :
correct du point de vue grammatical par la maitrise des règles d’orthographe et de syntaxe ;
correct du point de vue de la clarté parce qu’il doit être compris de tous ;
correct du point de vue de la précision pour éviter le doute ou l’équivoque ;
correct du point de vue de la courtoisie pour ne pas heurter les interlocuteurs de l’Administration.
La rédaction administrative se caractérise par l’emploi d’un style particulier avec un ton, des tournures et des formules qui lui sont propres.
Les principales caractéristiques de l’écrit administratif sont les suivantes : Dignité – Respect de la hiérarchie - Sens de la responsabilité - Objectivité - Courtoisie - Prudence - Précision - Efficacité - Concision.
1. LA DIGNITE⚓
Elle traduit la fonction éminente de l’Administration, la charge considérable dont elle est investie. Le souci de dignité de l’Administration doit se manifester par l’élégance du style, la retenue et la gravité du ton. Il exclut alors l’usage du langage familier ou populaire, la vulgarité, la négligence, le laisser-aller et l’à-peu-près.
Bref, le souci de dignité exclut tout terme non consacré par l’usage officiel, toute expression, toute tournure dont l’orthodoxie grammaticale ou syntaxique est douteuse. Le langage administratif doit, donc, être irréprochable dans son expression et académique au noble sens du terme.S’il vous arrive de devoir employer un terme vulgaire, il faut alors mettre ce terme entre guillemets, par souci de respecter la lettre d’un témoignage.
2. LE RESPECT DE LA HIERARCHIE⚓
L’Administration se présente, à certains égards, comme une vaste structure pyramidale organisée hiérarchiquement. De la base au sommet, les agents sont reliés entre eux par un ensemble complexe de rapports hiérarchiques et de subordination.
Il y a donc au sein de l’Administration :
une autorité hiérarchique s’exerçant du haut vers le bas ;
une subordination hiérarchique du bas vers le haut.
Le respect de la hiérarchie crée une discipline sans laquelle le fonctionnement de l’appareil administratif ne serait pas harmonieux.
Ce respect des positions hiérarchiques se traduit constamment dans les écrits de l’Administration par des tournures et des nuances dans la formulation des idées. Autrement dit, l’expression est fonction de la position des correspondants, les uns par rapport aux autres.
Ainsi, certaines expressions ou formules ne sont utilisées que de supérieur à subordonné et d’autres sont réservées au subordonné qui s’adresse à son supérieur.
Nota Bene :
Voici quelques exemples de tournures ou d’expressions :
b) De subordonné à supérieur :

En outre :
Le subordonné saurait gré à son supérieur de bien vouloir
Le subordonné propose (d’où l’emploi fréquent du conditionnel qui réserve à l’autorité supérieure la faculté de décision).
c) Entre égaux ou avec les tiers :

3. LE SENS DES RESPONSABILITES⚓
Etant bien structurée, l’Administration pour fonctionner se fonde sur le principe de la responsabilité. Ses écrits l’engagent aux yeux du public. C’est pourquoi l’autorité signataire d’un document endosse la responsabilité de son contenu, même si elle n’en est pas l’auteur. Ce souci de la responsabilité se manifeste par le refus de l’anonymat qui impose que l’identité des signataires des actes et autres documents administratifs soit parfaitement connue.
La conséquence qui en découle est que le pronom indéfini « on » n’a pas sa place dans la rédaction administrative. L’emploi de la première personne du singulier « Je » y est de rigueur.
Les signataires des documents administratifs assument alors personnellement la responsabilité de leurs actes. Le « Je » marque donc la responsabilité de celui qui s’exprime.
Exemple :
Je vous informe - J’ai l’honneur - J’ai décidé, etc.
Le « Nous » est habituellement employé dans la correspondance privée, celle des sociétés commerciales, notamment, qui sont constituées de plusieurs associés. Il n’est pas d’usage dans l’Administration.
On le trouve cependant, quelquefois, dans certains textes réglementaires ou dans des procès-verbaux. Dans ce cas on parlera de pluriel de majesté réservé à des actes d’une exceptionnelle importance auxquels il convient de donner une solennité particulière.
Exemple :
Nous, Maire de … Officier de l’Ordre national du Lion décidons... Nous, Sous-préfet de … Chevalier de l’Ordre du Mérite arrêtons…
La troisième personne du singulier est employée dans les actes règlementaires (décrets, arrêtés, décisions).
Exemple :
Le Maire de la Commune arrête… Le Délégué général de la Promotion des Pôles urbains et du Lac Rose décide…
Remarque : Le sens des responsabilités implique toutefois la prudence, car, en s’engageant lui-même, le signataire d’un document engage aussi l’administration tout entière.
C’est ce qui justifie l’utilisation du conditionnel.
Exemple :
Il m’a été indiqué que des incidents se seraient produits.
J’ai appris que vous auriez refusé de libérer le bureau.
C’est ce qui explique aussi qu’on ne mentionne pas l’identité d’un tiers quand ses déclarations sont rapportées pour lui éviter des désagréments.
Exemple :
Il m’a été rendu compte …
Mon attention a été appelée sur …
Il me revient que …
J’ai été saisi de …
Ainsi, pour affirmer la responsabilité, les formules directes s’imposent dans la rédaction des documents administratifs.
On n’écrira pas :
On dit que …
On m’a signalé que …
Nous avons bien reçu votre lettre relative à …
Nous estimons que cette situation doit être revue.
J’ai appris par M. Diop que vous vous êtes rendu coupable de malversation.
M. Fall m’a signalé le cas d’un dossier que vous n’avez pas traité dans les délais convenus.
Mais on écrira :
Il me revient que …
Il m’a été signalé que …
J’ai bien reçu votre lettre relative à …
J’estime que cette situation doit être revue.
J’ai appris que vous seriez coupable de
Mon attention a été appelée sur le dossier de… que vous n’auriez pas traité.
4. L’OBJECTIVITE⚓
L’objectivité est la caractéristique profonde du style administratif. En effet, l’Administration est au service de tous et représente l’intérêt général et non des intérêts particuliers.
Elle se doit donc d’être objective, c’est-à-dire sans passion, sereine, impartiale.
Les considérations et réactions subjectives n’ont guère de place dans les documents officiels. En d’autres termes, les sentiments personnels ou affectifs de l’agent public ne doivent pas être traduits dans les actes administratifs.
Cette objectivité a pour conséquence de rejeter de la rédaction administrative tous les termes, toutes les expressions qui ont un caractère subjectif, arbitraire, émotionnel et cela pour trois raisons :
la première est que le rédacteur d’un document administratif n’en est pas, le plus souvent, le signataire et qu’il écrit au nom et pour le compte d’un supérieur hiérarchique, responsable du service ou d’un agent bénéficiant d’une délégation de signature ;
la deuxième est que les signataires ne décident jamais en leur nom personnel mais uniquement au nom du service, en raison de la fonction dont ils sont investis ;
la troisième est que cette fonction elle-même est naturellement indépendante de la personnalité qui l’exerce parce qu’elle est antérieure et sera aussi postérieure à celle-ci.
Cette continuité de l’Administration explique qu’en dépit de la succession des décideurs ou signataires des documents administratifs, le style administratif reste toujours impersonnel, assez froid, neutre et prudent.
En résumé, le rédacteur s’abstiendra, dans ses écrits, de manifester des sentiments qui ne sont pas forcément éprouvés par le signataire. En effet, le texte signé doit pouvoir être accepté par n’importe quel autre agent investi des mêmes fonctions.
Il évitera donc les expressions présentant un caractère personnel, sentimental, telles que les souhaits, l’espoir, l’admiration, la joie, la tristesse, l’impatience, la bonne ou mauvaise humeur.
C’est pourquoi :
On n’écrira pas :
Je vous annonce que …
Dans l’espoir d’une suite favorable, Veuillez agréer…
Souhaitant recevoir rapidement votre réponse je vous assure de mon indéfectible attachement.
Je vous serais très reconnaissant si vous pouviez me renvoyez ce dossier avant le…
Je serais heureux que vous preniez ma requête en considération.
Je suis vraiment désolé de ne pouvoir
Mais on écrira :
Je vous fais connaître que …
Je vous prie de…
Je vous saurais gré de me faire parvenir votre réponse dans les meilleurs délais et je vous prie d’agréer…
Je vous serai(s) obligé de me renvoyer ce dossier avant le… ou je vous saurai (s) gré de…
Je vous serais très obligé de bien vouloir prendre ma requête en considération.
J’ai le regret de vous faire connaître qu’il ne m’est pas possible de prendre … ou Je suis au regret de ne pouvoir…
Nota Bene :
« J’ai le plaisir de » peut être employé dans la correspondance à forme personnelle pour annoncer à un interlocuteur connu du signataire un événement agréable, une décision favorable (promotion, décoration, succès à un concours).
5. LA COURTOISIE (Politesse)⚓
La courtoisie est la politesse du style, un facteur d’assouplissement des relations sociales. C’est l’art de présenter les choses avec civilité, c’est-à-dire avec l’observation des convenances et des bonnes manières en société.
L’Administration étant au service des administrés qu’elle a le devoir de satisfaire, les agents qui s’expriment en son nom doivent avoir cette qualité fondamentale qu’est la courtoisie. La façon dont les choses sont dites aide souvent à les faire accepter. C’est la raison pour laquelle les termes ou qualificatifs désagréables, péjoratifs, injurieux ainsi que les formules sèches, désobligeantes n’ont aucune place dans les textes administratifs.
On n’y trouvera pas les termes tels que : absurde, idiot, insensé, stupide, etc.
Mais on y trouvera des formules telles que :
Il me paraît regrettable…
Il me semble inopportun…
Je déplore que…
Il me semble préférable…
L’Administration est souvent contrainte d’opposer un refus à certaines demandes, même légitimes ou se trouve dans l’impossibilité de les satisfaire immédiatement. Dans ce cas, il faut entourer la réponse d’un voile pudique pour limiter les pertes d’espoir et les déceptions des correspondants.
Ainsi, on utilise fréquemment les expressions suivantes :
Il m’a été impossible, pour le moment, de…
Il m’a été impossible, dans les circonstances actuelles, de…
J’ai pris bonne note de votre requête…
Je ne manquerai pas, le moment venu, de …
Je ne manquerai pas, dès que les circonstances le permettront, de…
On se gardera donc des refus brutaux qui rendraient choquantes les réponses négatives ou de donner des ordres trop secs. Dans le même esprit, il conviendrait d’atténuer la brutalité de certains termes par l’utilisation d’euphémismes.
Ainsi :
Il faut préférer dire :
Egarer un dossier
Les contributions
Le marché parallèle
Les auxiliaires familiales
Les économiquement faibles
Les personnes déplacées
Les files d’attente
Les techniciens de surface
Au lieu de :
Perdre un dossier
Les impôts
Le marché noir
Les femmes de ménage
Les pauvres
Les refugiés
Les queues
Les balayeurs de rue ou les éboueurs
Toutes ces recommandations sont valables aussi bien pour l’expression orale que pour la correspondance écrite.
Les exemples suivants sont à retenir :
On n’écrira pas :
Votre rapport est un tissu de sottises.
Comment avez-vous pu présenter une requête aussi stupide ?
Votre demande est ridicule.
Je refuse votre demande.
Je rejette catégoriquement votre dossier
je ne peux pas vous répondre maintenant, veuillez reformuler votre demande plus tard
Tâchez d’apporter plus de soin aux affaires qui vous sont confiées.
Mais on écrira :
Votre rapport manque de réalisme.
Je ne comprends pas comment vous avez pu présenter une telle requête.
Votre demande me paraît peu fondée.
Il ne m’est pas possible de donner une suite favorable à votre demande.
J’ai le regret de vous faire connaître qu’il ne m’a pas été possible de retenir votre dossier.
J’ai pris bonne note de votre demande qui est à l’étude dans mes services. Je ne manquerai pas de vous faire connaître ma réponse dans les meilleurs délais
J’attacherai du prix à ce que vous apportiez beaucoup plus de soin…
6. LA PRUDENCE (Réserve)⚓
La prudence caractérise la rédaction administrative. Elle est la conséquence de l’éminente dignité de l’Administration, de son souci de la responsabilité, de l’obligation d’une extrême courtoisie qui interdit l’erreur. Elle est aussi une conduite raisonnable, une attitude mesurée, la réserve de celui qui a une claire conscience que les documents administratifs qu’il rédige ou signe engagent l’administration et ne doivent, par conséquent, comporter ni faute, ni erreur, ni négligence susceptibles de causer des dommages ou porter préjudice à l’institution qu’il incarne.
C’est pourquoi les appréciations, les affirmations et les souhaits doivent être nuancés et le plus souvent exprimés au conditionnel sauf si le rédacteur est personnellement témoin de ce qu’il affirme. Ainsi, les jugements énoncés ne doivent pas avoir, sauf exception, un caractère absolu et universel. Les faits rapportés, aussi, le seront le plus souvent sous réserve de confirmation. Plutôt que de se livrer à des déclarations péremptoires, il faudra préférer les formules ou expressions suivantes :
A mon avis, …
Sous réserve que, …
En tout état de cause, …
En ce qui me concerne, …
Notamment, …
Pour ma part, …
Cependant, …
Il me semble, ...
Toutefois, …
D’une manière générale, …
Enfin, il est parfois nécessaire de ne pas trop engager l’avenir et de se ménager la possibilité de revoir les décisions ou les prises de position en fonction de données nouvelles.
C’est pourquoi :
On n’écrira pas :
Je rejette définitivement votre demande.
Il faut réviser à tout prix cette position.
Vous n’êtes pas sans savoir les dispositions de la loi n°…
Il faut que nous présentions immédiatement une contreproposition.
Je n’ai pas encore vu votre dossier, mais je vous donnerai ma réponse après demain, sans faute.
D’après mes informations, la situation s’est améliorée mais elle n’est pas encore fameuse.
Mais on écrira :
Il ne m’est pas possible de donner une suite favorable à votre demande.
J’estime qu’il conviendrait de réviser votre position.
Vous n’ignorez pas les dispositions de la loi n°…
Il me semble qu’il conviendrait que nous présentions une contreproposition dans les meilleurs délais.
Votre dossier est à l’étude et une réponse vous parviendra dans les meilleurs délais.
Il semblerait que la situation se soit améliorée mais je pense, pour ma part, qu’il reste encore beaucoup à faire.
7. LA PRECISION (Clarté)⚓
L’Administration, dans ses écrits, n’a pas pour objet de s’adresser à une élite intellectuelle ni de disserter au plan théorique ou spéculatif. Elle prépare ou prend des décisions qui doivent s’exprimer avec netteté et simplicité en direction de citoyens isolés ou de groupes de citoyens.
Les interventions administratives doivent donc être suffisamment claires pour être comprises par ceux qu’elles concernent, notamment par les agents publics eux-mêmes et les élus municipaux chargés de les appliquer ou de les commenter aux autres. La précision est une qualité du style et elle est de rigueur dans la rédaction administrative. En effet, quand on écrit, tout ce qui est certain et vérifié doit être indiqué en termes précis, sans équivoque.
Contrairement à l’usage dans la correspondance d’affaires, dans la rédaction administrative,
On ne dira pas :
Votre lettre du mois dernier
Mais on dira :
Votre lettre du 25 mai 2025
Les écrits de l’Administration doivent éviter alors toute difficulté d’interprétation, car un texte imprécis peut être source de confusions et, par conséquent, entrainer un fonctionnement défectueux du service public ou provoquer des lenteurs dans l’exécution des décisions.
Un texte sera clair s’il est précis et exact. Il le sera d’autant plus qu’on utilisera le mot juste, bien à sa place, en évitant les tournures lourdes et inutiles, les phrases, formules et expressions complexes. Le document administratif étant souvent un instrument de travail, il devra pouvoir être identifié et classé de la même manière par ses différents utilisateurs.
C’est pourquoi :
Sa compréhension doit être rapide et identique pour tous les utilisateurs.
Son identification et son classement doivent être faciles.
Il faut faire figurer toutes les mentions d’identification : date, n° d’enregistrement, objet, références, identité du signataire et du destinataire.
Il faut exclure les dates abrégées ou approximatives, les références incomplètes ou imprécises, les abréviations, les sigles non explicités d’abord par l’appellation complète
8. L’EFFICACITE⚓
L’efficacité est la qualité qui produit l’effet attendu. Un rédacteur efficace est celui qui met en œuvre tous ses moyens, toutes ses capacités pour éviter les pertes de temps, aussi bien pour les administrés que pour l’Administration. Elle découle des autres caractéristiques évoquées ci-dessus et met à contribution la disponibilité, la compétence et la conscience des agents de l’Administration dans l’application ou l’exécution diligente des décisions administratives.
En d’autres termes, l’efficacité qui résulte de la bonne pratique des autres qualités de l’Administration doit faire avancer les problèmes traités, dans les documents administratifs, vers les solutions les meilleures ou permettre d’atteindre ces solutions dans les meilleurs délais.
Exemples :
Si un correspondant de l’Administration se trompe de service, un rédacteur efficace transmettra cette lettre directement et rapidement au service compétent tout en prévenant le correspondant de ce transfert.
Si l’on doit donner des explications ou des renseignements à un correspondant, on le fera de manière claire et complète
9. LA CONCISION (Esprit de synthèse)⚓
La concision est la qualité qui permet au rédacteur d’exprimer beaucoup de choses en peu de mots. Elle permet d’être bref, court, dense, précis, succinct. Le souci de concision doit conduire le rédacteur à ne dire que le nécessaire, en utilisant la formule qui exprime exactement la pensée ou les faits tout en écartant le superflu ou l’accessoire.
La concision s’impose donc en rédaction administrative parce que l’écrit administratif est un instrument de travail et que le lecteur ne doit pas perdre de temps à sa lecture, mais doit y trouver rapidement tous les éléments qui lui sont utiles. La difficulté réside alors dans le fait d’évoquer un problème en peu de mots sans nuire à la clarté de l’exposition, tout en gardant un style élégant.
On n’insistera jamais assez sur la nécessité, pour les rédacteurs, à quelque service qu’ils appartiennent et quelle que soit leur position dans l’organigramme, de retenir que chacune des caractéristiques de l’écrit administratif a une justification précise. Ces caractéristiques sont nées des nécessités du service et se sont affirmées par une longue pratique. Elles deviennent donc des normes de rédaction qui s’imposent à tout rédacteur administratif.
III. LES MENTIONS D’IDENTIFICATION DES DOCUMENTS⚓
1. LES MENTIONS OBLIGATOIRES D’IDENTIFICATION⚓
A. Mentions obligatoires d’identification spécifiques.⚓
Elles renforcent le caractère officiel de la lettre. Ce sont : l’en-tête, la suscription, le sous-couvert et la signature.
a1. L’en-tête :
Il est généralement imprimé et figure au Sénégal, en haut et à gauche de la 1 re page ; il comprend deux parties : l’appellation de l’Etat et le timbre.
L’appellation de l’Etat : Elle figure sur une seule ligne et s’écrit en majuscules. Elle est souvent suivie de la devise nationale placée en dessous comme c’est le cas au Sénégal. Elle figure sur la plupart des documents administratifs, notamment sur les lettres émanant des autorités administratives. Son absence n’enlève pas à la lettre sa qualité. Ce qui est rare au Sénégal.
Le timbre : Il constitue l’essentiel de l’en-tête imprimé et permet l’identification du service émetteur du document. Il doit indiquer avec précision, l’origine du document, en respectant la hiérarchie des services. Il sera donc plus ou moins long selon la position, dans la hiérarchie, du service émetteur.



1. Lorsque l’autorité signataire est déjà désignée dans le timbre ou dans la suscription, il est inutile de la répéter au niveau de la signature. Dans ce cas, la signature manuscrite sera simplement suivie des prénoms et nom du signataire.
2. Dans l’Administration, le pouvoir de signer n’appartient qu’aux autorités supérieures, responsables au plus haut niveau.
Cependant, dans le souci de rapprocher l’Administration des administrés et d’en accélérer le fonctionnement, il peut être utilisé au sein d’un service administratif, le procédé de la délégation de signature.
La délégation de signature consiste, pour une autorité qui dispose de certains pouvoirs (donc d’une certaine compétence) à autoriser un fonctionnaire, qui est généralement un collaborateur direct, à signer certaines décisions en ses nom, lieu et place, sous son contrôle et sous sa responsabilité. Le délégataire n’agit donc que comme « fondé de pouvoir ».
La délégation de signature a un caractère réglementaire et doit faire l’objet d’un texte officiel qui en fixe le cadre et les limites. De ce fait, elle doit être décidée par l’autorité ayant pouvoir réglementaire, c’est-à-dire, celle même dont la signature est déléguée. Elle ne peut donc être subdéléguée.
Elle est partielle, c’est-à-dire que, sauf texte contraire, une autorité ne peut déléguer sa signature pour la totalité de ses attributions. Elle est permanente et personnelle et ne dessaisit pas le délégant qui reste responsable, c’est-à-dire, qu’il ne perd rien de sa compétence normale.
En raison de son caractère personnel, la délégation de signature ne dure qu’autant que l’autorité délégante et le fonctionnaire délégataire restent les mêmes. Un nouveau texte de délégation est toujours nécessaire en cas de changement du délégant ou du délégataire.
La délégation de signature doit être, dans la pratique, matérialisée par l’utilisation d’une attache.
L’absence de cachet n’entache pas la validité d’un document administratif ; mais si toutefois il doit être apposé, il faut alors le mettre à gauche de la signature et non sur la signature elle-même.
Dans certains cas et en l’absence de toute délégation, des documents peuvent être signés par ordre (P.O.) par un collaborateur à la place de l’autorité responsable. Cette possibilité ne peut être offerte que pour des correspondances courantes, lorsque le titulaire est momentanément empêché et en vertu d’instructions écrites ou verbales de celui-ci. Elle est alors normalement limitée à un objet précis et à un temps très court.
B. Les mentions obligatoires d’individualisation du document⚓
Ce sont les mentions qui servent à individualiser le document pour le distinguer des autres documents de même origine, afin d’en faciliter le contrôle, le classement et la recherche ultérieure. Leur utilité vaut aussi bien pour le service émetteur qui en conserve les doubles, que pour le service destinataire qui classe l’original. Elles sont au nombre de quatre (04) : le numéro d’enregistrement, l’origine et la date, les initiales du rédacteur et de la secrétaire et l’objet.
Cette mention rendue obligatoire doit être exigée de ses collaborateurs, par tout supérieur, pour les lettres entre services. Elle ne figurera pas, toutefois, sur les lettres à forme personnelle lorsqu’on veut, par courtoisie ou par élégance, éviter de montrer que ces dernières n’ont pas été rédigées par le signataire lui-même ou lorsqu’il les a effectivement rédigées.
2. LES MENTIONS OCCASIONNELLES D’IDENTIFICATION⚓
Elles se rencontrent moins souvent que celles qui sont obligatoires. Mais si elles se justifient, il est indispensable qu’elles figurent sur les lettres. Elles peuvent être regroupées en mentions occasionnelles circonstancielles et en mentions occasionnelles exceptionnelles.
A. Les mentions occasionnelles circonstancielles⚓
Elles deviennent très utiles lorsque se présente le cas particulier auquel chacune d’elles correspond.
a1. La référence
Si la mention de la référence se justifie, elle s'impose alors. Son utilité est de rappeler le document, l’entretien ou l’événement antérieur auquel se réfère la lettre. Elle permet de relier la lettre à ses antécédents et en facilite les recherches.
On peut alors dire que si la lettre que l’on envoie constitue une initiative nouvelle, sans antécédent particulier, il n’y aura donc pas à citer de référence. La référence se place immédiatement en dessous de l’objet et comporte, selon le cas, les informations suivantes :
Le numéro et la date de la correspondance ;
La date de la conversation ou de la communication ;
Le numéro du dossier cité ;
Le numéro et la date du texte législatif ou réglementaire cité.
a2. Les pièces jointes
Elles constituent une mention qui attire l’attention du destinataire sur les documents annexés à la lettre. La place habituelle de la mention est en bas et à gauche de la page si cette place n’est pas déjà occupée par les ampliations.
Si c’est le cas, elle est déplacée en haut, à gauche, sous la référence. Elle comporte soit le nombre de pièces soit leur désignation succincte. Sa formulation en toutes lettres est plus courtoise et plus correcte que l’abréviation par les initiales PJ ; sa place normale, s’il n’y a pas ‘’Ampliation’’ en bas comme est indiquée comme ci-dessous
a3. Les ampliations
Le terme « ampliation » renvoie à une mention classée parmi les mentions d’identification occasionnelles circonstancielles des documents administratifs. En rédaction administrative, la mention « ampliation » se justifie lorsque des copies conformes à l’original sont signées et adressées à un ou à d’autres services ou à une ou à d’autres personnes que le destinataire principal du document.
Dans ce cas, mention de ces destinataires particuliers ou « ampliataires » doit être faite sur la lettre elle-même, avec éventuellement, la justification de l’ampliation. Si le document comporte plusieurs pages, la mention figurera alors sur la dernière page. Elle peut revêtir la forme d’une liste indiquant les noms ou la qualité des différents « ampliataires ».
L’indication de la mention sert à informer le destinataire principal de la lettre que celle-ci est également communiquée à un ou à d’autres services ou à une ou à d’autres personnes pour une raison précise.
Une ‘’ampliation’’ n’est pas la photocopie d’une lettre déjà signée. Elle est plutôt une ou plusieurs copies conformes signées en même temps que l’original. C’est, en réalité, plusieurs originaux signés au même moment, dont l’un est adressé au destinataire principal et les autres aux destinataires secondaires.
Le terme ‘’Ampliation’’ peut désigner la mention elle-même ou la ou les copies conformes signées en même temps que l’original.
La mention “Ampliation” ne figure pas nécessairement sur toutes les lettres, car, elle est sans objet si aucune ampliation n’est réalisée. C’est le cas, notamment, de la plupart des lettres administratives à destinataire unique. Elle ne figure pas, en principe, sur une lettre personnelle.
La mention ‘’Ampliation’’ est souvent portée, par abus, par ignorance ou par erreur, pour désigner de simples destinataires d’un acte administratif, présentés sous forme de tableau, avec les sigles des services ou l’indication des personnes concernées, ainsi que le nombre d’exemplaires correspondant.
B. Les mentions occasionnelles exceptionnelles⚓
Elles sont utilisées sur certaines lettres en des occasions particulières et peuvent être classées en trois groupes.
b1. Les mentions pour attirer l’attention du destinataire
On peut en examiner quatre : deux sont portées en majuscules et deux en minuscules.
La mention « URGENT » est portée sous le timbre en majuscules soit dactylographiée, soit apposée au tampon. Elle signale au destinataire que l’affaire dont il s’agit doit être traitée sans retard. En conséquence, un document qui porte cette mention doit avoir un traitement diligent, différent de celui réservé aux autres documents.
La mention « RAPPEL» aussi est portée en lettres majuscules ou apposée au tampon sous le timbre. Elle rappelle au destinataire qu’il n’a pas encore fait suite à une précédente lettre relative à la même affaire
Face à certaines négligences des agents, il est parfois nécessaire de multiplier les rappels et dans ce cas la mention se transforme en « 2 e RAPPEL », « 3 e RAPPEL » ou « DERNIER RAPPEL ». Mais dans tous les cas la lettre de rappel est toujours préférable au simple envoi d’une copie de la lettre restée sans suite avec seulement l’apposition de la mention « RAPPEL ». La mention « A l’attention de … » est portée en lettres minuscules sous la suscription lorsque l’agent chargé du traitement de l’affaire est nominativement connu. Elle accélère la transmission du courrier à l’intérieur du service destinataire. Le procédé existe, comme indiqué ci-dessous, mais n’est pas courant dans l’Administration sénégalaise.
La mention « Vu et transmis le… » est, en principe, portée en lettres minuscules, soit dactylographiée, soit au tampon, soit manuscrite, dans la marge gauche de la lettre, en regard du corps de celle- ci. Elle est suivie de la signature ou du paraphe de l’autorité qui l’a portée et indique que cette dernière qui est concernée par la transmission hiérarchique a pris connaissance du document transitant sous son couvert.
L’autorité qui porte cette mention peut ajouter un avis, favorable ou défavorable, mais ne peut, en aucun cas, arrêter la correspondance
b2. Les mentions relatives à la protection du document
Toute correspondance administrative mérite discrétion et aucune indiscrétion ne doit être commise à son sujet ni par l’expéditeur ni par le destinataire. Certains documents administratifs doivent être protégés plus que d’autres en raison de la sensibilité des informations qu’ils contiennent. C’est pourquoi ils portent des mentions qui indiquent le degré de leur protection.
Ces mentions sont : CONFIDENTIEL, SECRET et TRES SECRET (20) . Le rédacteur d’un document administratif n’en est pas toujours le signataire et plusieurs personnes peuvent intervenir dans l’acheminement du courrier, tant au niveau du service expéditeur qu’à celui du service destinataire.
C’est ce qui justifie l’utilisation de ces mentions qui exigent une stricte discrétion de la part des agents entre les mains desquels passe le courrier. Ces mentions sont portées en majuscules ou au tampon sur le document et sur l’enveloppe et leur utilisation fait l’objet d’une réglementation stricte.
b3. Les mentions relatives à l’acheminement postal
On peut les retrouver aussi bien sur les lettres personnelles que sur les lettres entre services. Elles sont portées en majuscules sous le timbre et sur l’enveloppe. Elles sont au nombre de trois et sont destinées à attirer l’attention des services d’acheminement du courrier sur le soin particulier qu’il convient d’accorder au traitement des plis ou colis qui les portent.
La mention « RECOMMANDE »
Elle est utilisée si l’expéditeur veut que le pli soit remis au destinataire en main propre. Les formalités qu’entraine cette mention constituent un moyen de prouver qu’un courrier a été réellement expédié et bien reçu. Ces formalités sont :
payement d’une taxe à l’enregistrement ;
remise à l’expéditeur d’un récépissé portant le cachet de la poste et la date d’expédition (également apposés sur la lettre) et faisant foi de l’expédition ;
remise de la lettre au destinataire contre un émargement dans un registre spécial présenté par le livreur qui est la preuve de la livraison (réception). Cette mention est préférable chaque fois qu’il y a lieu d’éviter toute contestation pour la notification d’une mesure importante.
La mention « RECOMMANDE AVEC ACCUSE DE RECEPTION » Elle est utilisée lorsqu’on veut que le service des postes renvoie à l’expéditeur la carte d’accompagnement signée et datée par le destinataire à la réception. On a ainsi la preuve indéniable de la réception du courrier.
La mention « EXPRESS » Elle est utilisée lorsqu’il y a urgence avérée pour l’acheminement de la lettre. Un pli qui porte cette mention est remis au destinataire dès réception par le service postal du lieu d’arrivée, même en dehors des heures habituelles de distribution du courrier.
IV. LES DIFFERENTES FORMES DE LETTRES ADMINISTRATIVES⚓
La lettre administrative est le document le plus courant en matière de rédaction administrative. Elle est le moyen par lequel le signataire adresse une communication écrite à un destinataire déterminé. Son signataire s’exprime toujours à la première personne du singulier « je » et s’adresse directement au destinataire en le désignant à la deuxième personne du pluriel « vous ».
Les problèmes auxquels l’Administration doit faire face sont aussi nombreux que variés. Leur complexité toujours plus grande, ainsi que la multiplication des rapports qu’ils font naître entre l’Administration et ses usagers entraînent, forcément, un accroissement de la correspondance dont la lettre constitue un élément prépondérant.
Il y a deux sortes de lettres administratives.
Les unes sont rédigées sous une forme personnelle qui, bien que conservant leur caractère administratif, se rapprochent, dans leur forme, des lettres privées d’affaires. Les autres prennent, au contraire, une forme proprement administrative et sont appelées lettres entre services.
1. LA LETTRE ADMINISTRATIVE PERSONNELLE⚓
Communément appelée lettre personnelle, elle s’inspire, au plan de la forme et de la présentation, des règles qui régissent la lettre privée d’affaires. La lettre administrative personnelle est utilisée à trois occasions.
Première occasion : La lettre administrative est utilisée lorsque, dans un service administratif, un fonctionnaire ou agent subordonné s’adresse à un supérieur hiérarchique pour exposer un problème personnel et, inversement, lorsque le supérieur hiérarchique répond au subordonné ou lorsqu’il prend l’initiative de lui écrire à propos d’une affaire personnelle. Ici, le caractère purement personnel du motif de la lettre justifie l’emploi de la forme personnelle pour cette correspondance échangée entre un agent et son supérieur hiérarchique et qui sort, donc, de l’activité ordinaire du service. Deuxième occasion : La lettre administrative personnelle est aussi utilisée quand l’Administration s’adresse à une personne privée ou à un représentant d’organisme privé et inversement. Ici, l’Administration se voit obligée de s’exprimer avec les mêmes règles de courtoisie et de politesse auxquelles ses correspondants sont habitués dans leur propre manière de communiquer. Ceux-ci ne comprendraient pas, en effet, que l’Administration puisse s’adresser à eux avec sécheresse et de façon impersonnelle.
Troisième occasion : La lettre administrative personnelle est également utilisée quand l’Administration échange des correspondances avec les administrations étrangères ou internationales. Là aussi, la sensation d’anonymat et de froideur trop souvent ressentie à l’intérieur de l’Administration, entre services, ne saurait être de mise dans ce type de correspondances.
La lettre administrative personnelle comporte, dans sa forme la plus simple, en dehors des mentions d’identification du signataire et du destinataire, une formule d’appel et une formule de politesse ou de courtoisie.
A. La formule d’appel⚓
C’est la manière dont le destinataire est interpelé ou traité au début de la lettre. Lorsque celui-ci est un simple particulier ou un subordonné, on dira, selon le cas :
Monsieur
Madame
Mademoiselle
Mais pour les personnes privées, les particuliers, comme pour l’Administration, notamment pour les autorités, il est d’usage de donner aux correspondants leur titre ou leur fonction comme suit :
Madame le Ministre
Monsieur le Président
Monsieur le Secrétaire général
Madame la Députée
Madame le Préfet
Maître
Monsieur le Cardinal
Etc.
Lorsqu’il s’agit d’un égal ou lorsqu’il existe des liens d’amitié, d’affecction ou de confraternité professionnelle on dira :
Mon cher ami
Ma chère Fatima
Chère madame et collègue
Monsieur le Préfet et cher collègue
Madame la Directrice générale et chère amie
La formule d’appel se place, généralement, un peu au-dessus de la moitié de la feuille, un peu décalée, par rapport à la marge gauche, vers la droite. Elle commence la lettre.
B. Le traitement⚓
Le traitement est une autre manière de traiter, dans le corps d'une lettre ou dans un discours, la personne à qui l'on s'adresse. Il ne faut pas confondre la formule d'appel et le traitement et les utiliser indifféremment. La règle est que le traitement ne doit être employé que dans le corps de la lettre ou du discours et non en formule d'appel.
S'agissant de très hautes personnalités comme les chefs d'Etat, les ministres, les ambassadeurs, les chefs religieux, les formules de traitement les plus usuelles sont les suivantes, étant entendu que chaque pays a ses habitudes :
Votre Majesté : pour un souverain.
Votre Altesse : pour un prince.
Votre Sainteté : pour le Pape, [un Khalife général (discutable)].
Votre Eminence : pour un cardinal, [un Khalife ordinaire, un imam (discutable aussi)].
Votre Excellence : pour un chef d'Etat, un ministre et un ambassadeur étrangers, un évêque, un marabout (discutable).
C. La formule de politesse (ou de courtoisie)⚓
La formule de politesse qui reprend exactement, d’ailleurs, la même formule d’appel, termine la lettre administrative personnelle. Elle traduit les sentiments du signataire à l’égard du destinataire et qui peuvent être de l’affection, de l’amitié, de la considération, du dévouement, de la déférence ou du respect. Elle est souvent nuancée selon les circonstances, l’âge, l’intimité ou les rapports hiérarchiques des correspondants. Il existe une multitude de formules de politesse et la formule la plus appropriée est fonction de plusieurs facteurs et de certaines règles à respecter.
Généralement la formule de politesse commence par les locutions suivantes :
Veuillez agréer, ou croire, ou recevoir (plus courtois)
Je vous prie d’agréer, ou de croire, ou de recevoir (plus élégant)
Je vous prie de bien vouloir agréer, croire ou recevoir (plus déférent)
Ensuite on aura le choix, selon la qualité du destinataire, entre les termes « expression » et « assurance » pour traduire ses sentiments. Il est, bien entendu, difficile d’établir une hiérarchie stricte entre les nombreuses formules de politesse qui s’offrent au rédacteur. Tout est finalement question de mesure et d’appréciation permettant d’éviter la flatterie et la bassesse. Il ne faut avoir recours, donc, qu’aux formules les plus simples.
Le terme ‘’ expression ‘’ est préférable lorsqu’on s’adresse à une personne d’un rang supérieur pour qui la considération, le respect, le dévouement, la déférence doivent être tenus pour acquis. Dans ce cas, il n’est pas besoin de l’assurer de ses sentiments.
Le terme ‘’ assurance ’’ ne doit être employé qu’à l’égard des personnes d’un rang égal ou inférieur à celui du signataire de la lettre.
1. Les salutations et les hommages « s’expriment », on n’en donnepas « l’assurance ».
2. On « n’assure » pas un camarade ou un collègue de sa considération ou de son respect ; de même, on ne doit pas « assurer » une personne, de rang moindre que le sien, de ses sentiments respectueux.
3. Les formules de politesse les plus répandues, les plus passe partout sont les suivantes :
Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de ma considération distinguée.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.
Voici quelques formules de politesse pour s’adresser à de très hautes personnalités :
A un Président de la République
« Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute et respectueuse considération ». (Si on appartient à l’Administration on complète la formule par) «ainsi que de mon entier dévouement».
A un Premier Ministre
« Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération et de mes sentiments respectueux ».
A un Ministre
« Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mon profond respect ».
2. LA LETTRE ADMINISTRATIVE ENTRE SERVICES⚓
En règle générale, la lettre administrative entre services, traite d’une question de service et circule d’un service à un autre sans sortir de l’Administration. C’est-à-dire qu’elle est toujours échangée entre des services publics nationaux, régionaux, départementaux ou locaux. Elle suppose, en outre, que son signataire et son destinataire n’appartiennent pas au même service. A l’intérieur d’un même service, on n’échange pas, en effet, de lettres, mais plutôt de simples notes, dont la forme ne sera pas examinée ici.
A quelques différences près (refus de certaines formules familières, par exemple) qui découlent des qualités supplémentaires requises par la rédaction administrative, les lettres entre services présentent de nombreuses analogies avec les lettres personnelles. Il n’est pas nécessaire d’y revenir.
Il faut se limiter aux caractères propres à la lettre en services qui ne comporte ni formule d’appel ni formule de politesse parce qu’elle est, avant tout, un instrument objectif de traitement des affaires administratives ; ce qui la dispense de ce formalisme propre à la lettre administrative personnelle.
C’est, d’ailleurs, l’une des différences essentielles entre ces deux types de lettres.
Il y a cependant quelques exceptions à retenir. En effet, dans la lettre entre services, les nuances de courtoisie, de déférence, etc. se marqueront par la formule : « J’ai l’honneur de … », qui sera employée, pas plus d’une fois, soit au début, soit dans le corps de la lettre (tout au moins dans les lettres échangées d’égal à égal ou de subordonné à supérieur)
Exceptions :
Dans le sens descendant.
1. Du Président de la République à un Premier Ministre
Formule d’appel : Monsieur le Premier Ministre
Formule finale : Néant.
2. Du Président de la République à un ministre
Formule d’appel : Mon cher Ministre (si le contenu le permet) ou Monsieur le Ministre
Formule finale : Néant.
3. Du Secrétaire général de la Présidence de la République à un Premier Ministre
Formule d’appel : Monsieur le Premier Ministre
Formule finale : Je vous prie d’agréer …
4. Du Secrétaire général de la Présidence de la République à un ministre
Formule d’appel : Monsieur le Ministre
Formule finale : Néant
5. D’un Premier Ministre à un ministre
Formule d’appel : Monsieur le Ministre
Formule finale : Néant
Dans le sens montant.
Seules les lettres adressées au Président de la République et à un Premier Ministre comportent une formule d’appel et une formule de politesse.
Toutes les autres lettres, en règle générale, n’en comportent pas.
La présentation de la lettre administrative entre services doit être irréprochable, d’où sera exclue toute fantaisie. Cette présentation comporte des mentions d’identification spécifiques qui sont obligatoires et des mentions d’identification occasionnelles ou circonstancielles (voir plus haut).
Il est possible d’établir une sorte de typologie des lettres administratives entre services en fonction de leur objectif et des circonstances qui les ont motivées. Mais il ne sera abordé ici que six (06) d’entre elles dont l’usage commande qu’on les explique brièvement.
A. La lettre d’accusé de réception⚓
Il n’est pas dans la tradition administrative, pour des raisons d’économie de temps et d’argent, d’envoyer des lettres d’accusé de réception pour la correspondance entre services.
Le même résultat peut être obtenu, en effet, par l’usage d’un cahier ou registre de transmission si le courrier est acheminé directement d’un service à un autre.
La signature du service destinataire sur le cahier ou le registre vaut décharge et accusé de réception pour l’expéditeur.
Il sera nécessaire et utile, toutefois, d’envoyer une lettre d’accusé de réception dans certains cas, notamment :
lorsque le correspondant en exprime le désir ;
lorsqu’une disposition légale ou règlementaire le prévoit ;
lorsque la réponse exige, au fond, des études, des recherches, des enquêtes ou des formalités qui imposent des délais assez longs ; l’accusé de réception, dans ce cas, fera patienter le correspondant avec le double avantage de constituer à la fois une réponse d’attente et une réponse provisoire à la question posée ou au problème soulevé.
Exemple de lettre d’accusé de réception
« J’accuse réception de votre lettre n°…du … relative à….. Elle a été enregistrée sous le n°… du … et bonne note a été prise de son objet. Je ne manquerai pas de vous informer, dans les meilleurs délais, de la suite qui sera donnée à cette affaire. »
Il faut remarquer que la formulation de l’objet d’une lettre d’accusé de réception reprendra l’objet de la lettre reçue et ne sera pas une simple indication de la mention « Accusé de réception ».
B. La lettre de transmission⚓
La lettre de transmission n’est généralement pas employée entre services. Le bordereau d’envoi qui est beaucoup plus expéditif lui est préférable. Mais si elle s’impose, elle aura alors pour objet d’accompagner des documents, en donnant, dans un style entièrement rédigé, les explications ou justifications nécessaires au correspondant.
On ne recourra à ce type de lettre que si l’importance des documents joints justifie qu’on attire, tout spécialement, l’attention du destinataire ou lorsqu’on adresse les documents à une haute autorité ou à une personne étrangère à l’Administration.
La lettre de transmission est préférable d’un subordonné à un supérieur, notamment, pour lui soumettre un projet de lettre ou tout autre document qu’on lui demandera de bien vouloir examiner et signer, éventuellement.
Ici, elle prend la forme d’une lettre de présentation ou d’accompagnement. Par souci de courtoisie, on préférera toujours la lettre de transmission au simple bordereau d’envoi et au soit transmis afin d’éviter la sécheresse et la brièveté des formules utilisées dans ces documents-là.
Exemple de contenu d’une lettre de transmission :
« Je vous prie de bien vouloir trouver, ci-joint, pour compte rendu, le rapport relatif à la mission d’inspection effectuée du… au…sur le fonctionnement du service de …
Je reste attentif à vos instructions si les propositions qu’il contient recueillent votre agrément ».
C. La lettre de présentation (ou d’accompagnement)⚓
La lettre de présentation est voisine de la lettre de transmission parce qu’elle a le même objectif, celui d’accompagner un document, une étude, un dossier volumineux ou complexe destiné à une haute autorité. Elle est généralement utilisée lorsqu’on attend de cette autorité un examen rapide de l’affaire qui lui est soumise ou s’il est indispensable de lui commenter, de lui expliquer les principaux aspects du dossier transmis afin de lui faciliter la lecture et la compréhension.
En raison du fait que la lettre de présentation est plus longue et plus détaillée que la lettre de transmission, il ne sera pas très utile de donner ici un modèle. Il sera seulement noté que la rédaction de ce type de lettre doit être particulièrement soignée et le contenu suffisamment pertinent pour éviter toute équivoque, surtout si l’on doit provoquer la décision de l’autorité destinataire
D. La lettre de rappel⚓
La lettre de rappel est une correspondance qui invite son destinataire à répondre à une lettre précédemment envoyée, lorsqu’il a omis de le faire dans un délai raisonnable. Ce délai dont l’appréciation est laissée à la discrétion du service expéditeur peut être fonction des circonstances locales (distances, accessibilité, mode d’acheminement ou autres).
Le ton de ce type de lettre doit être courtois mais ferme, sans aucun écart de langage, pour le premier rappel. Il sera plus pressant, plus impératif, tout en restant toujours courtois, lorsqu’il s’agira d’un deuxième ou d’un troisième rappel. La mention du rappel qui est destinée à attirer l’attention du destinataire doit être portée en lettres majuscules sous le timbre. La lettre de rappel dont le contenu reprendra l’essentiel des termes de la première lettre restée sans réponse est plus courtoise que le simple envoi d’une copie de ladite lettre avec seulement la mention « RAPPEL », « DEUXIEME RAPPEL » ou « DERNIER RAPPEL ». La lettre de rappel peut prendre, selon le cas, la forme d’une lettre administrative personnelle.
Ces quatre (04) types de lettres sont fort simples ; elles font partie de la routine administrative et participent de ce qu’il y a de plus ordinaire dans la marche des services. Il en va autrement des types les plus importants de lettres administratives : les lettres de réponse et les lettres de proposition qui peuvent soulever des questions complexes et emporter des décisions importantes.
E. La lettre de réponse⚓
La lettre de réponse donne suite à une lettre reçue. Elle fait non seulement référence à la correspondance antérieure, mais surtout, en fait une analyse sommaire et concise pour deux (02) raisons :
d’abord, il est indispensable de permettre au signataire, qui le plus souvent n’en est pas le rédacteur, de prendre rapidement connaissance de l’affaire et de savoir à qui répond exactement la lettre soumise à sa signature ;
ensuite, il est utile que le correspondant puisse voir immédiatement à quel objet s’applique la réponse et comment l’Administration a compris la question posée.
En revanche, lorsque la lettre de réponse s’inscrit dans le processus de règlement d’une affaire en cours ayant fait l’objet de plusieurs correspondances ou encore lorsque le rédacteur en est aussi le signataire, on pourra se passer de cette analyse évocatoire et entrer immédiatement dans le vif du sujet avec seulement l’indication de la référence ; celle-ci peut être, bien entendu, une communication téléphonique.
En principe, une lettre administrative ne traite que d’une seule affaire. Au cas où la lettre reçue soulève plusieurs points relatifs à une même affaire, mais intéressant plusieurs services d’une même entité administrative, il sera alors indispensable, pour éviter des confusions ou de multiples réponses, que ces services se concertent et que la rédaction de la lettre de réponse soit confiée au service principalement concerné, les autres ne lui fournissant que les éléments de réponse.
Si la réponse est positive, la rédaction de la lettre peut se faire de deux manières :
l’un des procédés consiste à exposer, d’abord, la réglementation, puis, parler du cas précis avant d’aboutir, enfin, à la conclusion positive ;
l’autre procédé est de répondre d’abord par l’affirmative avant de justifier, ensuite, la réponse.
Si au contraire la réponse est négative, c’est le premier procédé qu’il convient d’utiliser : exposer, d’abord, la réglementation pour amener, ensuite, progressivement, le correspondant à adhérer à l’argumentation et à accepter la décision négative.
F. La lettre de proposition⚓
La lettre de proposition n’appelle pas de remarques particulières. La seule différence qui la sépare de la lettre de réponse est qu’elle ne se réfère pas forcément à une lettre ou à une communication téléphonique antérieure du correspondant. Elle expose directement l’objet de la proposition et se termine souvent par une demande.
Exemples de formules d’exposition :
J’ai l’intention de ….
Mes services étudient la possibilité de …
Il m’est apparu que…
J’envisage de …
Exemples de formules de demande :
J’ai l’honneur de vous demander …
Je vous serais obligé de …
Je vous serais reconnaissant de…
Je voudrais vous demander…
L’important, pour ce type de lettre, est de veiller à la démarche logique de sa rédaction qui se décline comme suit :
une bonne présentation de l’affaire, de la question ou du problème à traiter, dans une introduction brève et claire ;
un examen rigoureux, logique de l’affaire, de la question ou du problème traité, dans une argumentation progressive qui s’appuie sur des textes législatifs et/ou règlementaires et qui respecte l’harmonie du développement ;
un aboutissement logique de l’exposition des faits et des arguments dans une conclusion précise et percutante.
.3. LA REDACTION DE LA LETTRE ADMINISTRATIVE⚓
La rédaction d’une lettre administrative, de même d’ailleurs que celle d’une note, d’une circulaire ou autre, doit être soignée au niveau du corps dont le contenu sera aussi aéré que possible avec des paragraphes et des alinéas distincts. Elle devra s’appuyer sur un plan cohérent comprenant une introduction, un développement et une conclusion.
L’introduction présentera ou rappellera obligatoirement, de manière brève mais suffisante, l’essentiel de l’affaire dont traite la correspondance, ainsi que les éléments qui l’ont précédée, s’ils sont utiles à sa compréhension.
Le développement ou partie centrale de la lettre obéira à une logique de construction qui ne laissera subsister la moindre ambiguïté dans l’esprit du correspondant. C’est pourquoi il devra respecter la règle des cinq (05) « C » : clair, concis, complet, courtois et convaincant, mais aussi et surtout la loi de l’intérêt croissant en présentant d’abord les faits ou arguments les moins importants pour terminer par ceux qui sont décisifs.
Il ne traitera que d’un seul problème ou d’une série de problèmes connexes ; ses différentes parties sont autant que possible équilibrées et séparées par des transitions qui permettent d’obtenir une certaine harmonie dans l’agencement des idées et la progression de l’argumentation. Il fournit donc des explications, expose les arguments ou la réglementation.
La conclusion est l’aboutissement normal de l’introduction et du développement. Elle doit donc tirer les conséquences de ce qui a été dit dans ces deux (02) parties, c’est-à-dire faire connaître, sans ambiguïté possible, la décision ou l’attente de l’Administration. Elle laisse la dernière impression sur le correspondant.
Quand le plan sera soigneusement élaboré, les idées et les faits correctement disposés, le reste doit aller tout seul avec un peu d’expérience ou de prudence. Le rédacteur doit se soucier d’écrire dans un style simple et clair en empruntant un vocabulaire précis en fonction de la qualité ou de la position du correspondant. On s’efforcera, autant que faire se peut, de choisir des mots simples en évitant l’emploi des termes trop techniques, les mots savants et le jargon de spécialiste.
L’Administration ayant pour rôle de préparer ou de prendre des décisions, son action devra donc s’exprimer avec clarté pour être comprise de tous. C’est dans le même ordre, d’ailleurs, que la signification d’un sigle sera donnée dès sa première utilisation dans un texte.
L’objectif visé dans un texte administratif est l’efficacité qui exige que l’on aille rapidement à l’essentiel, avec un ton qui n’est ni affectif ni péremptoire. Le rédacteur doit alors rester impersonnel, sans laisser de place à l’imagination, au talent littéraire ou à l’esprit créateur.
Le langage de l’Administration ne doit être ni personnel ni pittoresque ni spirituel, mais simplement correct, sans fantaisie, ne comportant d’autres originalités que celles qu’impose la spécialité du sujet. Les réactions personnelles n’ont, en effet, aucune place dans les documents officiels.
Qui plus est, tout rédacteur doit savoir qu’il écrit au nom de l’autorité publique et que l’emploi de « je » doit apparaître comme une marque de la responsabilité assumée plutôt que comme l’affirmation d’un « moi » ou la manifestation d’une quelconque personnalité. Il existe un vocabulaire administratif original qui se traduit par l’utilisation de formules et d’expressions particulières et bien adaptées à la manière singulière, pour l’Administration, d’exprimer sa pensée par écrit.
On remarquera, d’ailleurs, que «l’originalité du vocabulaire administratif est beaucoup moins constituée par l’existence d’une terminologie propre à l’Administration que par le goût de cette dernière pour un certain nombre de mots et de tournures qui se retrouvent dans la plupart de ses manifestations littéraires. Il y a donc un certain nombre de termes, de locutions qui, dans la langue courante, passent inaperçus mais que l’Administration, par l’usage constant et précis qu’elle en fait, transforme en autant d’idiotismes plus ou moins justifiés.»
Et puisque ce sont l’agencement des mots et la fréquence de leur emploi qui importent ici, il ne s’agira alors que de passer en revue quelques locutions, formules et autres expressions ou tournures d’usage courant dans la rédaction des documents administratifs.
On notera, toutefois, que les auteurs des ouvrages et manuels consultés n’ont pas toujours le même point de vue sur la place de ces formules ou locutions dans le corps du texte ou sur les circonstances et les modalités de leur emploi. Les exemples qui suivent ne sont alors fournis qu’à titre indicatif.
A. Formules ou locutions d’introduction⚓
Les formules ou locutions d’introduction s’emploient au début des correspondances et peuvent être classées en deux (02) groupes : celles qui font référence à un élément précédent et celles qui ne font pas référence à un élément précédent.
Les formules ou locutions faisant référence à un élément précédent :
Elles sont d’usage dans les correspondances qui traitent de questions déjà abordées dans une ou plusieurs lettres antérieures émanant de personnes ou de services auxquels lesdites correspondances sont adressées.
Elles peuvent être les suivantes :
Par la lettre du…, vous avez bien voulu… Vous avez bien voulu appeler mon attention sur…
Par votre communication téléphonique du… Comme suite à votre demande du…
En réponse à votre lettre n°… du… Par la lettre citée en référence, vous m’avez …
Etc.
Les formules ou locutions ne faisant pas référence à un élément précédent :
Elles sont utilisées, quant à elles, dans des correspondances qui abordent une question n’ayant pas fait l’objet d’une lettre antérieure provenant de personnes ou de services auxquels ces correspondances sont destinées.
Elles peuvent être les suivantes :
J’ai l’honneur d’appeler ou d’attirer votre attention sur…
J’ai l’honneur de vous informer de … ou de vous rendre compte de…
J’ai l’honneur de vous faire connaître que… J’ai été informé…
Je voudrais vous annoncer que…
Il m’a été donné de constater que… J’ai été saisi de…
Il m’a été demandé dans quelle mesure…
Il m’a été signalé que…
B. Formules ou locutions d’exposition⚓
Ces formules ou locutions d’un usage constant dans la rédaction administrative servent à exposer, à analyser, à marquer les points essentiels du développement. Il en existe un nombre important dont il est malaisé de dresser la liste ici ; elles comportent des nuances plus ou moins subjectives et ne s’emploient pas indifféremment l’une pour l’autre.
Quelques- unes d’entre elles sont amenées par des verbes qui, utilisés avec la première personne confèrent à la phrase une certaine autorité excluant toute idée d’interprétation. La plupart des directives, instructions ou circulaires y recourent souvent.
Elles peuvent être les suivantes :
Je constate… Je note… J’ajoute… Je confirme… Je considère… J’estime … J’observe… Je signale… Je prends acte… Je rappelle… Je précise… Je souligne... Je crois devoir attirer votre attention… Je serai conduit à… etc.
D’autres formules ou locutions permettent d’introduire une certaine souplesse, prudence ou courtoisie dans l’expression de la pensée pour l’adapter aux circonstances ou à la qualité du destinataire.
Elles peuvent être les suivantes :
Je ne doute pas que…
J’ai pris bonne note de…
Il est entendu que…
Je n’ignore pas que…
Il n’est pas exclu que…
Je ne sous-estime pas…
Je ne perds pas de vue…
Il ne saurait vous échapper…
etc.
D’autres encore sont plus générales et sont d’utilisation constante dans la rédaction administrative.
Elles peuvent être les suivantes :
J’attache du prix à…
Vous voudrez bien confirmer…
Vous apporterez du soin à…
J’attache de l’intérêt à…
Je vous serais obligé de…
J’apprécie le bien-fondé de…
Je vous serais reconnaissant de…
etc.
Certaines autres permettent d’assurer la liaison ou la transition d’une idée à l’autre ou d’un paragraphe à l’autre.
Elles peuvent être les suivantes :
D’une part…
d’autre part…
Non seulement …
mais…
Tout d’abord…
ensuite…
enfin…
Par ailleurs…
A mon avis…
En outre…
En ce qui me concerne…
Pour ma part…
A mon sens…
C. Formules ou locutions de conclusion⚓
Ces formules ou locutions expriment le désir, la volonté de celui qui écrit. Elles suggèrent des solutions, donnent des instructions ou des ordres qui manifestent le pouvoir décisoire de l’Administration. Elles constituent en quelque sorte l’élément déterminant des documents administratifs.
Quelques-unes d’entre elles prennent la forme impersonnelle et se justifient surtout lorsque l’on veut indiquer une marche à suivre. Elles sont aussi employées dans tous les cas où l’on ne désire pas recourir à la première personne.
Elles peuvent être les suivantes
Il convient de… Il vous appartient de… Il y a lieu de… Il est nécessaire de…, ou souhaitable de… ou opportun de… Il paraît préférable de… Il est indispensable de… Il importe de…
Lorsque l’Administration, au contraire, voudra donner un caractère impératif à ses décisions ou intentions, elle utilisera la première personne dans certaines formules ou locutions.
Elles peuvent être les suivantes :
J’ai décidé que… Je demande que… Je désire que… Je me réserve de… Je veillerai à… Je vous invite à… Je vous convie à… Je vous enjoins de… Je vous prie de… Je vous ordonne de… Je vous engage à…
D’autres formules ou locutions ont un caractère insistant et pour objet de rappeler au destinataire que l’Administration souhaite que ses recommandations ou ses ordres soient suivis d’une action efficace. Elles peuvent aussi servir à exprimer poliment un ordre ou alors demander sans pouvoir exiger (prière ou requête). L’emploi d’un conditionnel peut, ici, atténuer le ton en fonction du statut ou de la qualité du destinataire.
Elles peuvent être les suivantes :
J’attache un intérêt particulier à…
J’attacherai (s) du prix à…
Je vous prie de bien tenir la main à l’application correcte de…
Je vous prie de veiller à la suite qui sera réservée à…
Je vous serai (s) obligé de me donner votre accord…
Je vous serai (s) reconnaissant de bien vouloir…
Je vous saurai (s) gré de…
Pour clore cet examen de la rédaction de la lettre administrative, l’on retiendra que le choix des formules, locutions ou expressions utilisées ne saurait être considéré comme exclusif, complet ou définitif. Loin de là ! La démarche visait plutôt à fournir quelques exemples que l’usage administratif constant a consacrés depuis longtemps
V. LA NOTE ADMINISTRATIVE⚓
C’est le document administratif le plus usité, en dehors de la lettre. Généralement appelée ‘’NOTE’’ tout court, la note administrative remplace la lettre au sein d’une même entité administrative, à l’intérieur d’un même service.
Elle est utilisée pour le traitement des affaires courantes de service. Elle a pour objectif de transmettre des informations, de demander ou d’envoyer des avis, des renseignements, des instructions, des résultats de recherche ou d’étude, ou encore de faire la synthèse d’un dossier.
Elle permet de garder trace des échanges (ordres ou indications) effectués entre agents d’un même service.
La note s’emploie indifféremment entre collègues, de supérieur à subordonné ou de subordonné à supérieur, avec toutefois une petite nuance de forme, selon le cas. Le supérieur enverra à un subordonné une « Note à Monsieur un tel »
Le subordonné à un supérieur enverra une « Note à l’attention de Monsieur…. »
Entre collègues on échangera une « Note pour Monsieur … »
La note peut être nominative quand le nom de famille est précisé; « Note pour Monsieur Ndiaye »
Elle peut aussi être fonctionnelle quand c’est la fonction ou la qualité qui est mise en exergue;
« Note à l’attention de Monsieur le Ministre de l’Education nationale »
« Note pour Monsieur le Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement »
La note est un document utilitaire ; elle doit, en conséquence, être aussi concise et claire que possible.
Les notes entre agents de même niveau ou de niveau équivalant se présentent de façon simple sans aucune règle particulière quant à la forme, sauf la mention, «Note pour» et la signature du rédacteur.
Les notes adressées à un supérieur, surtout placé à un rang élevé dans la hiérarchie administrative sont plus astreintes au respect de certaines règles de présentation comme celles retenues pour les lettres administratives, titre mis à part : en-tête, lieu d’origine, date, numéro d’enregistrement, destinataire, objet, signature, etc.
La note présente, cependant, certaines caractéristiques qui lui sont propres ; en particulier elle ne comporte pas de formule d’appel, ni de formule de politesse et le mot « NOTE » figure dans le libellé.
Il est possible de distinguer, en fonction de leur but, plusieurs types de notes.
1. La note de service⚓
Elle est un document hiérarchique, impératif, à destination collective et à usage interne d’un service. C’est donc un document par lequel un supérieur adresse à ses subordonnés des informations ou des instructions à caractère permanent ou temporaire sur une question particulière relative aux activités du service ou à son fonctionnement (mouvement du personnel-attribution agent, etc.)
Exemples :
Note de service concernant les heures d’entrées et de sorties des bureaux.
Note de service pour l’organisation du travail dans le service à l’absence du directeur.
La note de service peut s’adresser à l’ensemble du personnel d’un service ou à une partie de celui-ci seulement.
Elle peut aussi être prise aux différents niveaux de la hiérarchie par chaque supérieur en direction de ses propres subordonnés.
Le style de la note de service doit être le plus impersonnel possible pour marquer la permanence des instructions données et exprimer plus nettement l’autorité du signataire.
2. Note d’information⚓
Elle peut être purement informative quand elle met seulement le ou les destinataires au courant d’un fait, d’un événement, d’une situation ou d’une affaire. Parfois on l’appelle fiche d’information.
Mais elle est généralement produite pour exposer à un ou plusieurs destinataires une question déterminée dont elle fait l’analyse et pour laquelle elle propose une ou plusieurs solutions possibles. Elle sert, dans ce cas, à demander un avis (à un collaborateur ou à un collègue) ou à demander des instructions (à un supérieur).
La note d’information est brève ou longue selon l’importance ou la complexité de la question présentée.
Elle peut ne s’adresser à aucun destinataire particulier quand elle est établie, sous forme personnelle, sur une question déterminée et quand elle constitue un élément d’information ou un document technique accompagnant d’autres pièces ou un dossier.
Exemples :
Note sur le programme de restauration ou de réhabilitation des bâtiments administratifs.
Note sur les conditions d’organisation et de déroulement des concours d’entrée à l’ENA.
3. La note d’instruction⚓
Elle est le document par lequel un supérieur donne à un ou des subordonnés, les directives nécessaires au traitement d’une affaire ou répond simplement à une demande d’instruction. Elle est voisine de la note d’information ou de la note de service.
4. La note de présentation⚓
Elle accompagne un projet de lettre, un dossier, un rapport, pour donner au destinataire les précisions et les explications justificatives de la mesure proposée, de l’étude effectuée ou des dispositions envisagées.
Elle est indispensable :
quand elle éclaire le destinataire sur les raisons qui justifient sa signature s’il s’agit d’une lettre ;
quand elle facilite la compréhension du dossier complexe ou de l’étude qu’elle accompagne.
Elle doit être brève et concise pour ne pas ressembler à un rapport de présentation d’une ordonnance ou d’un décret, d’un exposé des motifs d’une loi.
5. La note de synthèse⚓
La note de synthèse est un document qui se présente sous forme d’exposé réunissant les divers éléments d’un ensemble.
Elle sert à présenter à un supérieur et à sa demande, sous une forme condensée, synthétique, une affaire complexe, une situation juridique donnée ou bien à résumer un ensemble de textes ou un dossier afin d’en relever la quintessence.
La rédaction d’une note de synthèse est une épreuve difficile qui fait appel, d’abord, aux capacités d’analyse et de discernement du rédacteur et à sa technique de synthèse, ensuite. C’est un travail qui requiert un effort intellectuel approfondi, comportant l’étude exhaustive du problème posé ou d’une situation donnée en rassemblant des informations nombreuses et variées.
a) Ce que n’est pas la note de synthèse
La note de synthèse n’est pas une contraction de texte, une réduction en un nombre limité de mots d’un ensemble cohérent, qui, elle, est une épreuve exigeant des qualités de jugement du rédacteur dans le choix des idées pour ne pas trahir la pensée de l’auteur du texte.
Elle n’est pas, non plus, un commentaire de texte, ni une note critique dans laquelle le rédacteur prend position, donne un avis personnel ou un avis qui ne figure pas dans le dossier étudié.
b) Ce qu’est la note de synthèse
La note de synthèse exige plutôt un effort certain d’analyse, de classement et de jonction de documents qui, à première vue, n’ont de point commun que le sujet. Elle est une sorte de note de lecture rédigée à partir de différents éléments d’un ensemble de documents, d’un dossier qui tournent autour d’un même sujet. Il peut s’agir d’articles de doctrine, de lois, de décrets, d’articles de presse, de circulaires, de décisions de justice, etc. représentant un certain nombre de pages (20 à 40, environ).
Le nombre de documents est variable et il serait peut-être utile de faire, ici, une petite distinction.
Pour des concours externes visant des universitaires, le travail de synthèse peut ne s’effectuer que sur un seul document; il s’agira alors de la synthèse d’un texte unique qui consiste à contrôler l’esprit de synthèse des candidats.
Pour les concours internes de l’administration ou dans la réalité administrative, le nombre de documents n’est jamais inférieur à deux (02).
Dans tous les cas, le rédacteur d’une note de synthèse doit produire un document froid et impersonnel faisant le point sur une question afin que le destinataire prenne connaissance de façon claire et précise, de l’essentiel du dossier ou puisse prendre, éventuellement, toute décision utile.
Il faut remarquer que la note de synthèse correspond à une réalité professionnelle. En effet, dans l’Administration, l’aptitude à synthétiser un flot d’informations délivrées en vrac est une qualité essentielle.
Tout en épargnant au destinataire la contraignante lecture de l’ensemble d’un dossier, la note de synthèse lui permet de se faire une idée, une opinion et, à partir du moment où l’information est clarifiée, de préparer une ou plusieurs décisions, une intervention ou une communication sur un sujet donné.
La rédaction d’une note de synthèse est d’abord une épreuve générale caractérisée par son objectivité, parce qu’elle ne fait appel, en principe, à aucune connaissance spécialisée, mais uniquement aux matériaux mis à la disposition du rédacteur. Elle est aussi une épreuve administrative parce qu’elle correspond à l’exercice que les fonctionnaires et autres agents de l’Etat sont amenés à faire, tous les jours, à savoir la réécriture de textes longs ou obscurs, pour des supérieurs hiérarchiques, notamment.
c) La méthodologie d’élaboration
La règle première de la rédaction d’une note de synthèse est que le rédacteur doit s’en tenir aux informations contenues dans les documents qui composent le dossier, sans apports extérieurs. Le regard du rédacteur doit donc rester neutre.
La deuxième règle est que le rédacteur doit produire un document froid et impersonnel faisant le point du dossier afin que le destinataire puisse prendre connaissance, de façon claire et précise, de la quintessence, de l’essentiel dudit dossier.
La technique de rédaction se décline en quatre points : l’approche du dossier, l’exploitation des documents, l’élaboration du plan et la rédaction proprement dite.
L’approche du dossier : C’est la compréhension du sujet. Cette approche permet la connaissance des différents éléments d’information contenus dans le dossier dont le volume ne doit pas impressionner, car, l’essentiel du problème se trouve dans les quelques lignes du sujet.
Il faut donc lire attentivement le sujet, le cerner correctement, souligner soigneusement les termes essentiels qui donnent l’orientation générale de la note.
C’est l’occasion d’utiliser les trois degrés de toute lecture active.
1. Le survol qui consiste à dégager en quelques secondes la structure des textes qui composent le dossier.
2.L’analyse qui se fait paragraphe par paragraphe (le paragraphe étant ici, l’unité de raisonnement) :
souligner les mots clés constituant la « cible » à laquelle conduit la phrase ;
entourer les mots charnières traduisant une nuance, une opposition, une émotion ;
dégager le plan du paragraphe, éventuellement ;
résumer l’idée générale du paragraphe.
3.La synthèse qui est la relecture des annotations en vue d’en faire un tout qui se tient, en s’appuyant sur des repères pertinents.
L’exploitation des documents : C’est la recherche d’une idée générale, la réflexion, l’investigation, le dépouillement, toutes choses qui permettent de distinguer l’essentiel de l’accessoire, le principal du secondaire. C’est la phase au cours de laquelle on fait la séparation, le partage entre les éléments directement utiles à la rédaction de la note et ceux qui le sont moins, en essayant de retrouver à travers les différents documents, les passages intéressants.
Pour les textes de doctrine, il faut procéder à l’analyse paragraphe par paragraphe, car, les mots charnières peuvent accélérer la compréhension.
Pour les textes juridiques, il faut commencer l’analyse par les textes ou les décisions les plus récentes en tenant compte de la hiérarchie des normes. Certains textes s’abrogent les uns les autres.
Pour les autres textes, il faut lire attentivement les titres, sous-titres, particulièrement pour les textes comprenant un chapeau introductif dans lequel l’auteur résume lui-même l’idée principale qu’il va développer
Complément :
Il est important de consigner, par écrit, l’essentiel des matériaux ou éléments afin d’éviter les oublis éventuels.
L’élaboration du plan : C’est le classement des informations tirées des documents fournis en vue de bâtir une ligne directrice. En effet, l’analyse du dossier, en fonction de la consigne du sujet, a permis de dégager un certain nombre d’éléments utiles qui vont constituer les parties du développement.
Il faut ensuite veiller à ce que les éléments soient reliés entre eux par une démarche synthétique qui ne doit pas être une simple convention de style, ni un artifice de présentation, un cadre dans lequel on ferait entrer ‘’de force’’ les matériaux et idées rassemblés au cours de l’exploitation des documents.
La recherche du plan est une phase souvent difficile; mais il arrive que le plan soit suggéré explicitement dans l’énoncé du sujet ou implicitement dans l’agencement ou le contenu des documents.
Un plan de note de synthèse doit comporter, outre le corps proprement dit ou développement, une introduction et une conclusion.
La rédaction proprement dite : C’est la phase finale, la plus délicate. Généralement rédigée à partir d’un dossier, la note de synthèse constitue, dans un processus de décision, un instrument très important. Elle fournit à l’autorité à laquelle elle est destinée, les éléments qui doivent, selon le cas, lui permettre de faire le point d’une question, d’orienter son action ou de prendre une décision.
Cette phase consiste donc à dégager du dossier, en fonction des indications contenues dans le sujet, les éléments essentiels et à les mettre sous une forme plus utilisable.
Il peut arriver que la rédaction d’une note, à partir des éléments du dossier, fasse appel aux connaissances générales, à la culture, à l’expérience du rédacteur pour interpréter les informations qui lui sont fournies. En effet, le dossier étudié peut ne pas renfermer toutes les données indispensables, pour dégager la ou les solutions correctes du ou des problèmes posés.
La rédaction de la note de synthèse est habituellement structurée selon le schéma: introduction – développement – conclusion.
Introduction : Elle est nécessaire pour présenter et pour situer le sujet, elle ne nécessite pas de longs développements et doit servir à rappeler au destinataire les données du problème qu’il connaît déjà ou qu’il ne maîtrise pas du tout, peut être. Il est nécessaire que l’introduction comprenne trois parties distinctes.
La phase d’attaque : qui sert de contact et de préambule à la note. C’est dans cette phase que le sujet est annoncé pour susciter l’intérêt du lecteur. Elle doit être percutante pour créer une impression favorable dès le début.
La phase d’orientation : qui sert à poser le sujet, à l’expliquer dans une masse théorique pour mieux le cerner. Elle reste brève mais doit éclairer le lecteur sur ce qui sera développé.
La phase d’annonce du plan : qui divise le sujet en indiquant la démarche à suivre dans la démonstration. C’est la structuration du sujet qui constitue, en quelque sorte, une réponse précise à la question posée par le libellé du sujet.
Il est plus élégant de faire une annonce de plan littéraire (rédiger une phrase qui indique discrètement les parties à développer).
Développement : En général, les données du problème déterminent le nombre de parties, sinon, il convient d’ordonner les idées autour de deux ou trois parties, de préférence équilibrées, en évitant les redites et l’absence de transition. Le plan doit donc résulter d’une véritable réflexion sur le sujet et s’adapter à celui-ci. La note est généralement bâtie autour de deux axes : les données du problème, la recherche de solutions.
Le développement doit être aéré dans sa présentation avec une distinction des paragraphes et des alinéas.
Il faut identifier les points forts et les fixer pour en constituer des points d’ancrage qui retiennent l’attention du lecteur. Ces points peuvent être des dates, des noms propres, des références, des organismes etc. (ne pas en abuser).
Il faut éviter de souligner les phrases ou les mots importants pour argumenter. Il faut rythmer l’exposé par des transitions à la fin de chaque paragraphe, ce qui rend clair l’enchaînement des idées pour éviter les brusques changements de thèmes.
Pour rédiger correctement le développement il faut :
commencer la rédaction après seulement adoption définitive du plan détaillé de la synthèse
rédiger de façon réfléchie en concevant la phase d’abord avant d’en écrire le début ;
éviter les phrases interrogatives car la synthèse consiste à apporter des solutions et non à poser des questions ;
éviter de recopier des extraits entiers des documents, (couper - coller ou couper - recopier). La synthèse c’est la réécriture de textes ou de documents longs ou volumineux. Il faut préférer les allusions aux citations ;
éviter le hors sujet et le hors dossier.
Le développement est donc une construction logique de l’esprit du rédacteur qui s’est interrogé sur la question posée et qui l’examine selon un cheminement continu et progressif de l’argumentation depuis l’introduction jusqu’à la conclusion. Conclusion : Elle constitue le point d’aboutissement de la réflexion ou de l’analyse. Elle n’est pas nécessaire pour toutes les notes, notamment celles qui fournissent des éléments de réponse à des questions précises. Elle s’impose, au contraire, pour des notes qui constituent une synthèse à partir des éléments épars d’un dossier. La conclusion d’une note n’est .pas un acte de prophétie mais constitue plutôt une phase d’apaisement, l’ultime partie du travail qui laisse la dernière impression au lecteur. C’est la fin de la démonstration. Elle doit être brève et concise. Sa rédaction doit être soignée et se faire au brouillon au début de la phase de montage de la note. En pratique, la conclusion est légèrement décrochée à la fin du développement et comprend deux temps : - Elle énonce d’abord le résultat le plus significatif, le plus marquant de la confrontation entre les éléments du dossier et le sujet. Elle clôt le raisonnement en délivrant l’idée fondamentale. - Elle ne ferme pas le dossier, en principe, mais élargit la question dans une perspective optimiste d’avenir. Elle éclaire donc le débat sous un autre angle ou l’ouvre sur une autre réflexion. La note de synthèse, on le voit, est un document qui fait le point d’une réflexion ou d’une analyse portant sur un sujet précis. Sa rédaction est un exercice particulièrement difficile qui requiert un esprit de synthèse et un souci de précision
VI. LES DOCUMENTS D’INFORMATION, D’ETUDE ET DE TEMOIGNAGE⚓
Les documents d’information interne, d’étude et de témoignage sont des documents qui véhiculent une information à l'intérieur du service. Ils relatent, décrivent, exposent, rapportent des faits, des évènements, des situations vécus, constatés, vus ou entendus.
Ils sont de quatre (04) sortes : le compte rendu, le rapport, le procès-verbal et le mémoire.
1. Le compte rendu⚓
A. Définition⚓
Le compte rendu est l’exposé précis et le plus détaillé possible, de faits divers, ayant occupé une place variable dans l’espace et dans le temps, dont le rédacteur a été le témoin direct ou dont il a pu prendre connaissance. Il est donc un document descriptif et non interprétatif, car, il ne fait que relater purement et simplement ce qui s’est dit ou ce qui s’est fait d’essentiel dans une circonstance déterminée. On le voit, le compte rendu sert à rendre compte de faits ou d’évènements constatés ou d’activités accomplies ou auxquelles on a été mêlé.
Dans un compte rendu, les faits sont rapportés objectivement, sans parti pris, sans interprétation et sans formulation de conclusion personnelle (27) . Compte rendu s’écrit sans trait d’union. Le pluriel donne comptes rendus.
B. Différents types de comptes rendus⚓
Il y a une multitude de variétés de comptes rendus, allant de la description de faits dont le rédacteur a pu être témoin jusqu’à la relation de ceux dont il n’a pu matériellement être le témoin. C’est pourquoi il est difficile de donner pour la rédaction de chaque compte rendu des conseils précis. Il faut simplement retenir que la rédaction d’un compte rendu doit toujours être adaptée au sujet traité.
Si le sujet est limité, il sera possible de fournir de multiples détails, de rapporter même tout ce qui a été vu ou entendu.
Si, au contraire, le sujet est très vaste, il faudra alors s’en tenir à l’essentiel, en dégageant les grandes lignes ou les principaux traits des faits à relater.
Mais, dans tous les cas, il importe d’être précis, c’est-à-dire de donner au lecteur une idée exacte de ce qui s’est passé, sans l’amener à de fausses conclusions. Le style, le fond, la présentation doivent s’adapter à chaque cas particulier étant entendu que certaines qualités se retrouvent dans tous les bons comptes rendus : la sobriété, la précision, la mesure, l’objectivité, l’exactitude.
Le compte rendu est un résumé intelligent et synthétique. Suivant leur forme et leur destination, les comptes rendus peuvent être classés en deux grands groupes : les comptes rendus hiérarchiques et les comptes rendus de réunions
1. Le compte rendu hiérarchique⚓
Il est établi de la propre initiative du subordonné ou sur ordre du supérieur pour relater de manière précise un évènement ou une situation. Tout en rendant compte à un supérieur, ce type de compte rendu permet de conserver une trace écrite.
Le compte rendu hiérarchique n’est soumis à aucune règle particulière de forme. Il comporte, néanmoins, les principales mentions d’identification du document administratif. En plus du titre « Compte rendu », on y retrouve le timbre, la date, la signature. Dans la catégorie des comptes rendus hiérarchiques on retrouve, entre autres, le compte rendu d’activité, le compte rendu de mission et le compte rendu d’accident.
Le compte rendu d’activité : c’est un compte rendu détaillé et chronologique de l’activité d’un agent ou d’un service établi pendant une période donnée : un mois, un trimestre, un semestre, un an. Il permet à un chef de service de s’informer sur le fonctionnement de son service et à un agent de justifier ses activités.
Le compte rendu de mission : Il est comme le compte rendu d’activité (détaillé et chronologique) et rend compte d’une mission particulière confiée à un agent. Cela peut être une mission d’inspection, une tournée d’information ou de prise de contact, une visite de travaux, etc.
Le compte rendu d’accident : Il est obligatoire en cas d’accident de personnes, de véhicules ou de machines, parce qu’il aide à situer les responsabilités, à faire ressortir les liens ou l’absence de liens entre l’accident et le service.
Pour ce type de compte rendu, la précision et l’exactitude sont de rigueur et y occupent une place particulièrement importante. C’est pourquoi le texte de ce compte rendu devra obligatoirement comporter les indications suivantes :
1.Lorsqu’il s’agit d’un accident de personnes :
identité complète de la ou des victimes (âge et profession) ;
circonstances de l’accident (date, heure, lieu) ;
conséquences de l’accident (blessures, soins, morts) ;
identité et adresse des témoins, éventuellement.
2.Lorsqu’il s’agit d’un accident de véhicules :
circonstances de l’accident (date, heure, lieu) ;
identification des véhicules et de leurs documents de circulation ;
identification des conducteurs et des propriétaires
conséquences de l’accident (dégâts, blessure, morts
relation de l’accident avec croquis de la position des véhicules ;
identité et adresse des témoins éventuels ;
mention du constat de police, s’il y a lieu.
Lorsqu’il s’agit d’un accident de machines :
identification de la machine ;
circonstances et relation de l’accident
identité du ou des utilisateurs au moment de l’accident
nature, étendue des détériorations ainsi que la durée prévisible de l’immobilisation
mesures prises pour la réparation ou le remplacement.
Nota Bene :
Le compte rendu d’accident de véhicules doit être signé, en plus du rédacteur, par les parties en cause, si possible
2. Le compte rendu de réunion⚓
Il n’a pas de règle de présentation précise, mais doit cependant comprendre certaines mentions particulières en rapport avec son objet. Ainsi, en plus du timbre du service, le compte rendu de réunion comporte le titre « COMPTE RENDU », suivi des mentions utiles à l’identification de la réunion :
le lieu, la date et l’heure de début de la séance ;
l’objet ou l’ordre du jour ;
l’identité et la qualité du président de séance ;
l’identité et la qualité du secrétaire de séance ;
les présents et les absents ;
les personnes excusées ou représentées ;
l’heure de suspension ou de levée de la séance.
On peut distinguer deux types de comptes rendus de réunions : le compte rendu intégral et le compte rendu analytique :
Le compte rendu intégral : C’est un compte rendu qui reprend en style direct (mot à mot) les débats, c’est-à-dire rapporte « in extenso » le déroulement de la réunion, les différentes interventions, en faisant directement parler les participants. Ce type de comptes rendus exige une prise de notes rapide (sténographie) ou un enregistrement au magnétophone. C’est pourquoi ils sont rarement utilisés dans l’Administration. On ne les retrouve que pour la transcription des débats d’une assemblée politique ou d’un organisme institutionnel dont les réunions revêtent une certaine solennité (Assemblée nationale, etc.).
Le compte rendu analytique : Il ne retient de la réunion que les éléments essentiels. Il est sélectif et ne rend compte que des informations les plus importantes à retenir. Ce type de compte rendu reste objectif et sépare l’essentiel de l’accessoire, en ne conservant des débats que ce qui est nécessaire à leur compréhension et à celle des questions étudiées et des solutions retenues. Le style utilisé est indirect, c’est-à-dire qu’on ne fait pas directement parler les participants. On les cite, plutôt, en les nommant, en ne retenant de leurs propos que l’esprit et en veillant à en faire une relation fidèle.
Nota Bene :
Il ne faut pas faire dire aux autres ce qu’ils n’ont pas dit. Le présent de l’indicatif est utilisé dans la relation de la réunion parce que c’est le temps qui conserve aux faits rapportés toute leur actualité.
Toutefois, les mentions introductives définissant la réunion et précisant les cadres sont présentées au passé (simple ou composé).
C. La rédaction du compte rendu⚓
Le compte rendu est rédigé selon le style de la narration, avec simplicité, objectivité, précision, sans tomber dans la sécheresse du style du procès-verbal. Il n’est pas interdit au rédacteur de faire part de ses impressions personnelles : c’est un moyen d’éviter la monotonie du style qui est utilisé dans les comptes rendus de visites, mais moins dans les comptes rendus d’assemblées.
Tout dépend, bien entendu, de l’importance des sujets débattus, car, il est évident qu’on ne rend pas compte de la même façon, sur le même ton, d’une réunion artistique et d’une réunion syndicale. C’est donc le sujet même qui impose le style au réacteur, mais le texte sera à la fois clair, concis et précis.
On s’efforcera d’adopter un plan.
La rédaction du compte rendu obéit à une démarche qui comporte trois étapes : l’introduction, le développement, la conclusion.
c1. L’introduction :
Le compte rendu n’est pas toujours rédigé pour un destinataire déterminé, mais, le plus souvent, il est destiné à tous ceux que le sujet traité peut intéresser.
On l’annoncera par un titre précis :
Compte rendu sur…
Compte rendu de….
Etc.
On retrouvera souvent l’objet dans le titre, ce qui est préférable à l’emploi de cette rubrique, de manière distincte, comme dans la lettre, la note ou le rapport. Dans une formule appropriée, le rédacteur précise les circonstances qui ont motivé la rédaction du compte rendu, sans omettre, s’il s’agit d’une réunion, les indications de date, heure et lieu qui ont, ici, leur importance, de même que l’ordre du jour.
Par exemple
« Les membres de l’Association ‘’ LES AMIS DE LA NATURE ’’ se sont réunis en assemblée générale, le samedi 10 mai 2025, à 10 heures, dans la salle des délibérations de l’Hôtel de Ville de Randoulène pour examiner l’ordre du jour suivant :
Rapport moral du Président
Rapport financier du Trésorier
Renouvellement du bureau
Programme d’activités de l’année prochaine »
S’il s’agit plutôt d’une vaste étude, le rédacteur entrera, alors, de plain-pied dans le vif du sujet sans répéter ce que le titre annonce, déjà, de façon suffisamment explicite.
Par exemple
«La campagne de commercialisation arachidière au Sénégal, pour l’année 2024, vient juste d’être close ; toutes les données ne sont pas encore réunies mais d’ores et déjà, les informations disponibles permettent de se faire une idée sur les résultats obtenus »
c2. Le développement
La rédaction de cette partie peut se faire de deux manières : chronologique ou analytique.
Le développement chronologique :
La démarche est simple. Il suffit d’adopter un ordre chronologique et d’exposer les faits tels qu’ils se sont déroulés dans le temps. Ici, le rédacteur se contente de rapporter, dans l’ordre de leur déroulement, les faits auxquels il a assisté ou dont il a été informé. Il s’efforce de le faire aussi objectivement que possible et ne manquera pas d’indiquer, le cas échéant, la source des informations qu’il donne lorsqu’il ne s’agit pas d’informations directement recueillies, de faits directement observés.
La difficulté dans cette manière de rédiger un compte rendu est de résumer les interventions, les condenser sans rien omettre d’essentiel, sans trahir aussi la pensée de l’orateur. Seule une attention soutenue peut permettre ce tour de force, d’autant plus qu’il est indispensable, en même temps, de noter l’effet des interventions sur l’auditoire et d’observer les réactions suscitées.
Le développement analytique :
Cette manière de rédiger un compte rendu est un peu plus contraignante, car, ici, la recherche d’un plan s’impose. Ce plan peut être apparent par l’emploi de sous-titres. Si le compte rendu est long, ce type de plan est recommandé.
Au cours de la réunion, lorsqu’une discussion est engagée entre plusieurs personnes, il sera inutile d’en reprendre tous les détails, ce qui n’est d’ailleurs pas possible dans le feu de la discussion. En effet, la réunion ayant naturellement un thème précis, il faudra éviter de rapporter les digressions et les répétitions. C’est ce type de comptes rendus qui est généralement utilisé pour les réunions qui se tiennent à différents échelons des services administratifs.
Le développement analytique s’écarte du « mot à mot » du style direct en ne retenant des débats que juste ce qu’il faut pour les rendre compréhensibles.
Par exemple :
«Après avoir constaté la présence de la majorité des membres de l’association, le président déclare la séance ouverte et donne la parole à Monsieur FALL qui tient la plume, pour procéder à la lecture de l’ordre du jour »
Ou bien : « Une discussion s’engage entre MM. DIOP et SAMAKE au sujet du fonctionnement défectueux du service d’accueil. M.SIDIBE intervient pour proposer de reporter l’étude de cette question à la prochaine réunion. Ce que l’assemblée a accepté ».
On le voit, dans un développement analytique on s’attachera à résumer brièvement les interventions en signalant leurs auteurs.
Avant de terminer la relation, il est important de mettre en relief les résultats obtenus au cours de la réunion.
Propositions
Avis exprimés
Solutions suggérées
Calendrier de travail futur
Prochain ordre du jour
Etc.
Si un vote intervient, il ne faut pas oublier d’indiquer sa nature (vote secret, à main levée, assis-debout, les voix pour, les voix contre, les abstentions).
c3. La conclusion
Dans la conclusion, le rédacteur se bornera à résumer brièvement les points essentiels et à exprimer, en quelques lignes, l’impression générale qui se dégage des faits relatés. Il n’y a pas de formulation type pour cette partie du compte rendu de réunion, mais le rédacteur s’imposera seulement un maximum d’objectivité, même s’il opère des sélections.
Dans tous les cas, le compte rendu se termine par une formule finale qui constate l’épuisement de l’ordre du jour et l’heure de levée de séance.
Par exemple
« L’ordre du jour étant épuisé, le président lève la séance à 17H15 ».
La signature du rédacteur sanctionne et authentifie le compte rendu. Celle-ci est précédée de sa qualité, éventuellement. Si la date n’est pas portée au début du compte rendu, elle précèdera la qualité. Ces mentions sont portées en bas et à droite.
2. Le rapport⚓
A. Définition⚓
Le rapport est un document traitant d’une question importante et par lequel un subordonné rend compte à un supérieur hiérarchique ou provoque des instructions. Le mot contient une idée de récit, de narration, de témoignage, mais ne se limite pas à cette seule idée, car, du point de vue pratique, le rapport relate des faits précis et fournit des conclusions.
C’est ce qui le distingue du simple compte rendu. En effet, alors que dans le compte rendu le rédacteur se borne à décrire sans conclure, dans le rapport, il est tenu d’aller au-delà d’une simple relation des faits, pour entreprendre un commentaire, porter des appréciations, dégager des conclusions et formuler des propositions
Le rapport a donc une portée plus générale et sa rédaction est plus difficile parce que les faits et les idées rapportés doivent s’enchaîner dans un ordre logique. Cette rédaction n’obéit à aucune règle particulière mais la prudence impose l’utilisation du conditionnel pour laisser toute liberté d’appréciation au destinataire.
C’est la raison pour laquelle le rapport se termine, généralement, par une formule par laquelle le rédacteur demande au destinataire de prendre position sur les propositions formulées.
Par exemple
« Si ces propositions vous conviennent, je vous serais reconnaissant de bien vouloir me retourner le présent rapport revêtu de votre approbation ».
Ou bien :
« Je reste attentif à vos instructions si ces propositions recueillent votre agrément ».
Il existe différents types de rapports en fonction de leur objet.
B. Les différents types de rapports⚓
Chaque problème important qui se pose dans l’Administration nécessite presque toujours la rédaction d’un ou de plusieurs rapports. Le rapport est donc un document important de l’activité administrative et il peut revêtir plusieurs formes qu’on regrouperait en trois catégories :
les rapports techniques,
les rapports d’activités,
les rapports de présentation.
b1. Le rapport technique
C’est le type de rapport établi après l’étude d’un problème ayant fait appel aux connaissances et à la compétence du rédacteur qui, pour la circonstance, a été chargé d’une mission particulière. Le rapport fait un exposé des faits constatés et une proposition de mesures à prendre pour remédier à une situation donnée.
Le rapport de stage ou le mémoire rédigé par les élèves dans certaines écoles de formation, comme l’Ecole nationale d’Administration (ENA), s’apparente au rapport technique. Le rapport technique peut se présenter sous forme de rapport d’étude et faire état de résultats d’un travail de recherche ou de réflexion sur une question précise étudiée par le rédacteur.
Cette forme de rapport est la plus courante. Un rapport d’inspection, de jury, d’évaluation pédagogique, sont des rapports techniques. Il en va ainsi, également, des rapports de mission, des rapports disciplinaires, des rapports de constatation
b2. Le rapport d’activités
Ce type de rapport est généralement prévu par une disposition réglementaire. Il est dit rapport périodique parce qu’il sert à faire, périodiquement, le bilan de l’activité d’un service.
Il peut être mensuel, trimestriel ou annuel. Mais, à la différence d’un simple compte rendu, le rapport d’activités relate les faits, les commente, les interprète pour en tirer des conclusions propres à améliorer la marche, le rendement, l’organisation d’un service.
En général, le rapport d’activités est soumis à un plan-type, à un canevas, un schéma qui fixe les points à aborder. Cela facilite les comparaisons et permet une meilleure exploitation des données présentées.
C’est ici qu’il faut noter que les rapports d’activités volumineux ne sont pas forcément des rapports efficaces, car la performance d’un service n’est pas fonction du volume du rapport de son chef. Il faut alors éviter l’excès pour rester efficace et ne pas faire du volume une nécessité.
b3. Le rapport de présentation
Il s’apparente un peu au rapport technique parce qu’il sert à présenter un projet de texte réglementaire (décret ou arrêté) en vue de son adoption par l’autorité, en l’accompagnant d’une explication qui décrit la justification des mesures envisagées. Ce type de rapport doit être bref, clair et précis en présentant une argumentation solide pour susciter l’adoption du texte qu’il accompagne.
Selon certains auteurs, le rapport de présentation doit contenir :
des références légales et règlementaires qui servent de cadre juridique au texte proposé
des éléments circonstanciels qui justifient le projet
les principaux aspects, notamment ceux qui sont nouveaux ou originaux par rapport aux textes antérieurs
les modalités d’application des mesures envisagées et d’interprétation pour expliquer les motifs et les orientations du projet.
Les projets de décrets soumis à la signature du Président de la République sont précédés de rapports de présentation du Ministre compétent, pour éclairer l’autorité sur la portée et les justifications des dispositions proposées.
C. La rédaction du rapport⚓
La construction d’un rapport nécessite un travail préparatoire important, une réflexion claire et rigoureuse débouchant sur des conclusions nettes s’appuyant sur un raisonnement solide.
L’élaboration d’un rapport consiste à rechercher et à analyser des faits et des idées, à les classer, à les ordonner en fonction de leur importance en suivant un plan logique, bien structuré et comprenant une introduction, un développement et une conclusion.
c1. L’introduction
Elle contient le plus souvent la référence aux faits ou aux instructions qui sont à l’origine du document.
En outre, elle situe le rapport dans ses motifs, ses circonstances, son objet et sa destination. Bref, elle prépare, prévient et met au fait le lecteur de ce qui va suivre en piquant sa curiosité et en suscitant son intérêt.
Dans un rapport, l’introduction prend le nom d’exposé et un bon exposé doit être bref, précis et complet sans anticiper sur la conclusion.
c2. Le développement
Il doit être logique et ordonné. Sa division en plusieurs parties est fonction de la nature du rapport. Néanmoins, dans la majorité des cas, on pourra adopter la division suivante :
1re partie : les faits
2e partie : les conséquences
3e partie : les solutions
L’exposé des faits
C’est la partie descriptive. Elle est objective et repose sur des faits bien établis, irréfutables, vérifiables. Ici, le rédacteur précise qu’il a vu, entendu, découvert, observé, constaté…
Les conséquences
C’est la partie du raisonnement du rapport, la plus délicate à rédiger. Le rédacteur s’attachera, ici, à argumenter, à commenter les faits exposés afin de découvrir les conséquences possibles qui en découlent. L’opinion personnelle du rédacteur joue un grand rôle dans cette partie qui exige une faculté d’analyse et de synthèse, une rigueur de la pensée.
Les solutions proposées
C’est la partie constructive du rapport qui doit, après l’exposé et l’analyse des faits, présenter non seulement la où les solutions envisageables, mais aussi et surtout, leurs modalités d’application. Le rédacteur fera, ici, des propositions ou des suggestions clairement énoncées, avec toute la réserve qui s’impose.
c3. La conclusion
C’est la récapitulation des principaux aspects du rapport et des propositions de solutions sans aucune tentative supplémentaire de leur justification. Elle peut comporter, s’il y a lieu, une demande d’approbation ou d’instructions, selon ce que le rédacteur propose.
3. Le procès-verbal⚓
A. Définition⚓
Originellement le procès-verbal était une relation orale. Maintenant il est un acte écrit, ce qui ne correspond plus, évidemment, à sa dénomination. Au sens normal du terme, il se définit comme étant la relation par un agent de l’autorité de ce qu’il a vu, fait ou entendu dans l’exercice de ses fonctions.
Vu sous cet angle, le procès-verbal apparaît comme un compte rendu très particulier destiné à faire foi jusqu’à « l’administration de la preuve contraire » et même, parfois, jusqu’à « inscription de faux ». Il est un témoignage clair, objectif, complet et doit reproduire intégralement, in extenso, les faits ou les paroles et se limiter à cela. Il ne comporte donc ni jugement ni point de vue du rédacteur.
Dans certains cas, l’Administration a besoin de donner au procès-verbal un sens extensif pour désigner une catégorie de documents qui ne sont que des comptes rendus ordinaires, sans valeur juridique spéciale, mais auxquels elle a voulu conférer une signification particulière. C'est pourquoi ce genre de document est revêtu non pas seulement de la signature du rédacteur, mais aussi de celle des autres parties
B. Les différentes catégories de procès-verbaux⚓
Compte tenu de cette pratique extensive, il peut être examiné, à côté du procès-verbal proprement dit, le procès-verbal administratif et le procès-verbal de réunion.
b1. Le procès-verbal proprement dit
Autrement appelé procès-verbal judiciaire, il correspond à la définition donnée cidessus, c’est-à-dire qu’il est un acte authentique par lequel un agent spécialement habilité à cet effet enregistre un fait, un événement ou des propos dont la trace doit être conservée pour servir de preuve que nul ne doit pouvoir contester ultérieurement. Le témoignage qu’il fait doit être exact, sincère et indiscutable, ce qui lui donne une force juridique exceptionnelle.
Le procès-verbal proprement dit est caractérisé par les conditions de solennité dans lesquelles il est réalisé. Rédigé pour déclencher une procédure administrative ou judiciaire, il ne peut alors être établi que par un agent assermenté ou commissionné, de sa propre initiative ou agissant à la demande d’autorités judiciaires ou administratives chargées de veiller au respect d’une législation ou d’une réglementation particulière, spécialisée.
b2. Le procès-verbal administratif
Il est établi par l’Administration, en général sans procédure particulière ni personnel spécialisé, dans des circonstances inhérentes au fonctionnement normal et à la vie régulière des institutions et services publics. Il se justifie chaque fois qu’il apparaît nécessaire de disposer d’un témoignage strict, solennel et indiscutable pour prévenir toutes les contestations ultérieures et s’il en découle des conséquences juridiques, financières ou autres.
Certains procès-verbaux administratifs sont généralement le fait d’agents des services des Domaines, du Travail et de la Sécurité sociale, des Finances, des Eaux et Forêts, de l’Hygiène publique, du Contrôle des Prix, etc., dûment habilités à cet effet, pour rendre compte de l’exécution d’une mission accomplie selon des règles précises et mettant en cause des particuliers : procès-verbaux de saisie, de vente, de destruction, de réception, de réforme, d’inspection
D’autres sont établis dans le cadre du fonctionnement interne des services pour constater des droits ou des infractions à des règles administratives ou contradictoirement et de manière plus solennelle, pour un partage de responsabilités entre deux agents publics ou encore pour assurer la continuité du service : procès-verbaux de mutation de comptables, de passation de service, etc.
Dans tous ces cas, l’établissement d’un procès-verbal est indispensable, notamment pour la passation de service où le document est signé conjointement par les agents qui se succèdent et contresigné par le supérieur hiérarchique ou le superviseur de la passation. Ainsi, la date de signature du procès-verbal marque le début des responsabilités de l’agent entrant tout en fixant la fin de celles de l’agent sortant.
b3. Le procès-verbal de réunion
Comme le compte rendu simple, le procès-verbal de réunion ne fait que relater les débats d’une séance de travail d’un groupe et ne constitue pas, de ce fait, un acte authentique. Cependant, la volonté de faire une relation officielle d’une réunion et de garder une trace de ce qui s’y est dit pour servir de référence en tant que besoin, peut alors justifier l’appellation « PROCES-VERBAL DE REUNION », surtout lorsque cette réunion est assortie de conditions de forme et de procédure particulières.
Le procès-verbal de réunion s’impose lorsque des décisions importantes sont prises au cours de la rencontre et que l’on souhaite leur donner une forme définitive. Il en va ainsi des réunions de travail comportant des débats contradictoires et débouchant sur des prises de positions tranchées ou des décisions communes.
C’est le cas, notamment, des réunions tenues par certaines assemblées et commissions institutionnalisées ou par certains organes administratifs : Assemblée nationale, conseils d’administration, conseils départementaux ou municipaux, jurys d’examen ou de concours, etc. Pour ces réunions qui ont un caractère statutaire ou devant revêtir une forme plus solennelle, il faut toujours dresser un procès-verbal et non un simple compte rendu pour marquer l’importance des décisions prises.
C. La rédaction du procès- verbal⚓
c1. Pour le procès-verbal proprement dit
Ce type de procès-verbal est rédigé sur papier libre ou sur formulaire imprimé. Le témoignage consistera à :
décrire fidèlement une situation ;
raconter exactement le déroulement de l’incident ;
reproduire intégralement les paroles de la personne interrogée.
Ce procès-verbal est structuré en trois parties : le préambule, le corps et la finale. Il doit comporter toutes les mentions d’identification utiles et le titre PROCES-VERBAL, suivi de sa qualification.
Le préambule
Il contient les indications indispensables de date, heure, lieu, identité des personnes concernées.
Exemple : « L’an deux mille vingt cinq et le trente mai, à seize heures, nous, Alioune FALL, gendarme à la Brigade de la Foire, agissant sur réquisition de Monsieur le Sous-préfet des Parcelles assainies, nous nous sommes rendu à la Cité Patte d’oie Builder’s pour y entendre Monsieur Bakary DIENG, gérant du Multiservice Khandalou, lequel nous a déclaré ce qui suit ».
On voit dans cet exemple que l’agent verbalisateur énonce d’abord ses prénoms, nom et qualité avant d’indiquer de quelle autorité émane son pouvoir. Il précise aussi le lieu où il a accompli sa mission.
Le corps
C’est l’énoncé des faits qui se sont déroulés en présence du rédacteur, des constatations qu’il a faites, des propos et des témoignages qu’il a recueillis et des opérations accomplies. Ici, il ne faut rien omettre d’essentiel et s’interdire toute interprétation personnelle (avis ou opinions). La relation sera donc précise et objective avec mention de l’identité et de l’adresse des personnes mises en cause ou entendues et des témoins cités.
La finale
C’est la formule destinée à indiquer que le procès-verbal est terminé.
Exemples :
« Fait et clos à Dakar aux jour, mois et an que dessus ».
Ou bien…
« De tout ce qui est décrit ci-dessus il a été dressé le présent procès-verbal pour servir et valoir ce que de droit ».
Ou bien encore « En foi de quoi nous avons établi le présent procès-verbal et signé avec les témoins, après leur en avoir donné lecture ».
c2. Pour le procès-verbal administratif
Ce procès-verbal n’a pas besoin d’être soumis à la même rigidité et au même formalisme de présentation que le procès-verbal judiciaire ou authentique. Si le rédacteur agit seul, il écrira à la première personne du singulier (Je soussigné….). Il évitera la première personne du pluriel, que ce pluriel soit de modestie ou de majesté. Si le procès-verbal est contradictoire entre deux agents, le style sera impersonnel. Comme pour le procès-verbal authentique, le procès-verbal administratif s’astreint aussi à la rigueur, l’exactitude et la précision dans l’exposé des faits sans commentaires personnels. Qu’il soit établi sur formulaire imprimé ou sur papier libre, ce procès-verbal comporte toutes les mentions d’identification utiles, sans oublier le titre auquel on intègre l’objet
(Exemple : PROCES-VERBAL DE RECEPTION)
La formule finale est souvent la même et les signatures sont précédées de la qualité des signataires.
Exemples :
« En foi de quoi le présent procès-verbal a été établi pour… »
Ou bien « Fait à…, le…, pour servir et valoir ce que de droit ».
c3. Pour le procès-verbal de réunion
Il est rédigé comme le compte rendu et comme lui, il peut être intégral ou analytique. En plus du titre (procès-verbal) et de l’objet, le document comporte les mentions d’identification utiles et les indications suivantes :
la date de la réunion, l’heure et le lieu ;
l’identité et la qualité du président et du secrétaire de séance ;
l’ordre du jour détaillé de même que la mention du quorum requis ;
la liste des participants (présents et absents)
la mention de l’ouverture, de la suspension et de la clôture de la séance avec indication de l’heure ;
la mention des votes et des décisions prises, avec la répartition des voix ;
la mention de toutes les interventions et de tous les incidents ;
la mention du caractère du scrutin.
A la différence du compte rendu qui n’est signé que par son rédacteur, le procès-verbal de réunion est signé obligatoirement par le président de séance aussi. Parfois la signature de tous les participants est exigée ou tout au moins celle des plus importants (vice-président, trésorier, etc.), s’il s’agit d’une association.
4. Le mémoire⚓
En matière administrative, selon Jacques Gandouin : "Le mémoire est une étude portant non plus sur des événements particuliers et occasionnels, mais sur l'enchaînement d'un ensemble de faits reliés les uns aux autres et dont l'étude complète est susceptible d'orienter l'action des pouvoirs publics dans un domaine précis : les arts, les sciences, le commerce, l'industrie, etc."
A la différence du rapport, le mémoire est souvent l'œuvre de personnes étrangères à l'Administration. Il a un caractère plus intellectuel, plus scientifique. On le voit, le mémoire dont il est question ici est un écrit de fond, une étude portant sur une question plus large qui nécessite une réflexion beaucoup plus profonde. Sa préparation est plus longue et minutieuse.
Pour la présentation d'un bon mémoire, il convient de noter que les éléments suivants sont indispensables : page de garde avec titre, plan, table des matières, subdivision en parties, documents annexes, logique de construction, introduction, conclusion
Toutefois, le mot "MEMOIRE" peut recouvrir plusieurs significations :
Il peut être un exposé des faits et des moyens relatifs à un procès : le mémoire introductif d'instance présenté par un justiciable devant une juridiction.
Il peut aussi être le mémoire que soutient l'étudiant devant un jury pour faire la preuve de ses aptitudes à la recherche.
Il peut également être une dissertation scientifique ou littéraire : lire un mémoire à l'Académie.
Au pluriel, le mémoire est un recueil des travaux d'une société savante : les mémoires de l'Académie des Sciences.
Il peut être, encore, les souvenirs écrits par une personne sur sa vie publique ou privée : les Mémoires d'un préfet sénégalais. (en ce sens, il prend une majuscule).
Par ailleurs, on pourrait faire remarquer, ici, quelque tendance à vouloir confondre ou assimiler le mémoire à deux (02) autres documents courants : le mémento et le mémorandum.
Le mémento : C’est un agenda où l'on inscrit ce dont on veut se souvenir. C'est un document où sont résumées les parties essentielles d'une question, d'une science.
Le mémorandum : C’est une chose dont on doit se rappeler. Il peut être une Note diplomatique contenant l'exposé sommaire de l'état d'une question.
Il peut, aussi, être une feuille de papier à en-tête imprimé qui sert à un commerçant pour passer des commandes.
Il peut être, également, un simple carnet de notes
CONCLUSION⚓
On le voit, dans la rédaction administrative, celui qui tient la plume doit rester impersonnel et utiliser un langage sans fantaisie, c'est-à-dire, qui ne soit ni pittoresque ni spirituel, mais simplement correct.
En définitive, on peut constater qu'en matière de rédaction administrative, on écrit bien ou on écrit mal. Quelle que soit la position que l'on occupe dans la hiérarchie administrative, le premier devoir qu'on doit s'assigner est de s'exprimer dans un langage clair et précis, qui ne laisse planer aucune équivoque.
Les documents administratifs sont, en effet, le produit d'un travail ou constituent des instruments de travail. Ils ne doivent pas présenter une originalité quelconque ; leur élaboration et leur présentation doivent tenir compte des caractères spécifiques de l'écrit administratif qui conduisent, nécessairement, au respect des règles universellement établies.
En conclusion, il convient de noter que les fonctionnaires et agents de l'Etat ont le devoir de s'exprimer clairement et que, dans leur rôle d'élaboration ou de mise en forme des documents administratifs, ils doivent, en outre, s'imposer une certaine rigueur et une objectivité évidente.
On retiendra donc, avec Robert Catherine, que : "L'Administration, bien qu'immuable, doit reconsidérer la situation actuelle du style administratif en vue de sauvegarder ce qui mérite de l'être, de promouvoir une évolution souhaitable des habitudes rédactionnelles des bureaux et d'en éliminer, si faire se peut, les mauvaises". La rédaction administrative, on vient de le voir, se caractérise par l’emploi de certaines expressions, de certaines formules, de certaines règles de présentation.
Pour prétende être un bon rédacteur, dans l’Administration, il faut donc :
avoir une bonne connaissance de la langue dans laquelle on s’exprime, c’est-àdire, une correcte maîtrise de son orthographe et de sa syntaxe ;
avoir un bon style, c’est-à-dire, la meilleure manière d’exprimer une idée avec clarté et élégance.
Ces connaissances et techniques s’acquièrent et s’améliorent par l’exercice et la lecture. Leur approfondissement relève d’un effort personnel.
On ne s’improvise donc pas rédacteur. C’est avec le temps et la pratique que, peu à peu, l’effort sera récompensé, que la plume deviendra alerte, plus légère, que le style gagnera en fluidité et en élégance.
N’aspirons pas, alors, à la perfection qui, d’ailleurs, n’est pas de ce monde. Ce qui importe, en définitive, c’est d’être bien compris et pour l’obtenir, de bien rédiger



















